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Les critiques de Julien Brnl
La fête est finie
Réalisateur(s) : Marie Garel-Weiss
Article mis en ligne le 30 mai 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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Choisissant une mise en scène plutôt naturaliste avec une caméra majoritairement à l’épaule, et proche de ses personnages, Marie Garel-Weiss réalise ici un premier film intime, qui résonne un peu comme une revanche et un objectif de vie atteint, lui qui pourrait d’ailleurs très bien inspirer ceux qui souffrent de dépendances à aller de l’avant. - 13/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 09 mai 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • premier long-métrage de Marie Garel-Weiss, elle qui a déjà réalisé un court-métrage et scénarisé pour autrui ;
  • histoire co-écrite par Marie Garel-Weiss, inspirée par son propre combat personnel mené contre la toxicomanie.

Résumé : C’est l’histoire d’une renaissance, celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors, celui de l’abstinence et de la liberté, celui vers la vie.

La critique

Après le récent film de Cédric Kahn « La Prière », le thème de la dépendance aux substances et du long processus de guérison qui s’en suit est de nouveau le point central d’un long-métrage. Réalisé par Marie Garel-Weiss, « La Fête est Finie » traite de ce sujet sous un angle moins philosophique, mais bien plus personnel dans sa démarche, car illustrant directement ici la toxicomanie vécue, à l’époque, par sa réalisatrice, mais aussi la force et l’importance de rencontres humaines (qui en découlent ou non).

S’il évite les clichés sur la dépendance et ses causes, c’est parce que sa réalisatrice sait de quoi elle parle. Parce qu’elle est passée par là et que cette étape lui a sauvé la vie, Marie Garel-Weiss nous emmène dans un centre désintoxication APTE (Aide et Prévention des Toxico-dépendances par l’Entraide), à la rencontre de deux femmes, Céleste et Sihem, débarquant le même jour dans l’un de ces lieux. On y découvre alors les règles strictes, mais nécessaires pour se soigner, privilégiant la guérison par le dialogue, l’entraide.

Par ce filon intéressant et pertinent, la cinéaste traite du côté imprévisible des assuétudes, dont les causes ne sont pas forcément celles auxquelles on aurait tendance à penser. Mais elle illustre aussi, et surtout, l’amitié dans toute sa complexité dans une telle situation thérapeutique, où la rechute est plus que jamais à l’ordre du jour, elle qui n’en entraidera pas une, mais bien deux, si elle devait se représenter.

Zita Hanrot (« Fatima » de Philippe Faucon, « Carnivores » de frères Renier) et la révélation Clémence Boisnard portent avec un tel jeu leurs rôles qu’il est impossible de ne pas ressentir les émotions brutes de leurs personnages, plus authentiques que jamais. On se prend dès lors d’affection pour ces femmes dans le combat qu’elles mènent pour le sevrage.



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