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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Reinaldo Marcus Green
La Méthode Williams (King Richard)
Sortie du film le 02 février 2022
Article mis en ligne le 20 février 2022

par Julien Brnl

Genre : Biopic

Durée : 138’

Acteurs : Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton, Aunjanue Ellis, Jon Bernthal, Dylan McDermott, Tony Goldwyn...

Synopsis :
Focus sur la personnalité de l’entraîneur de tennis Richard Williams, père des joueuses mondiales Venus et Serena. Sachant précisément l’avenir qu’il veut bâtir pour ses filles, Richard a tout prévu pour faire de ses filles des figures de légende : grâce à ses méthodes peu orthodoxes, il réussira à les emmener des rues de Compton jusqu’aux courts de tennis des plus grands championnats internationaux.

La critique de Julien

Très friand de biopics à la gloire de leurs grandes figures, relevant notamment du fameux « rêve américain », le cinéma américain s’attaque aujourd’hui à un film sur la vie de Richard Williams, alias « King Richard », le père et entraîneur des célèbres joueuses de tennis Venus et Serena Williams, lesquelles sont ici coproductrices exécutives du film. C’est avant la naissance de ses deux filles que ce père de famille a alors rédigé un plan de 78 pages, décrivant le futur entraînement de Vénus et de Serena, qui commencèrent dès lors à jouer au tennis à l’âge de 4 ans et demi. Persuadé qu’elles deviendraient des championnes, ce dernier n’a alors jamais cessé de croire en elles, chapeautant leur début de carrière jusqu’à la moindre décision, afin de les protéger, quitte à les étouffer...

Très classique dans sa mise en scène, « La Méthode Williams » s’intéresse de près à la personnalité de cet homme, ayant grandi en Californie, tout en ayant lui-même suivi plus jeune des cours de tennis avec un homme connu sous le nom de « Old Whiskey », mais sans jamais avoir pu percer dans le milieu. C’est en ayant alors vu à la télévision jouer la championne roumaine Virginia Ruzici qu’il a décidé que ses futures filles seraient des professionnelles du tennis. Et il s’en donnera alors les moyens, les entraînant lui-même pendant de nombreuses années, avec l’aide de leur mère Oracene « Brandy » Price. Le film revient alors sur sa rencontre avec Paul Cohen, l’entraîneur professionnel de John McEnroe et Pete Sampras, lequel acceptera d’entraîner gratuitement Venus, tandis que Serena, elle, continuera de s’entraîner avec Brandy. Les jeunes filles réussiront alors très vite, tout en continuant à suivre scrupuleusement leur parcours scolaire, leur père leur enseignant également l’humilité à toute épreuve, que ça soit sur le court de tennis que dans la vie. À cet égard, « La Méthode Williams » n’est pas une ode aux sœurs Williams, lui qui se termine d’ailleurs au moment où leur carrière professionnelle s’envolera, ce qui est en soi très appréciable, lui permettant ainsi d’embrasser des thèmes universels. Très vite, dans l’entraînement et les nombreux premiers matchs gagnés, la famille fera face aux insultes raciales, étant donné la prédominance blanche de la classe supérieure dans ce sport. Et par peur d’exploitation, Williams retira ses filles du circuit junior, détruisant considérablement leurs chances d’atteindre les championnats adultes. Pourtant, l’entraîneur Rick Macci se rendra en Californie pour voir les filles jouer, avant de les inviter à déménager en Floride, pour s’entraîner dans son établissement, ce qui marquera le début d’une longue collaboration, faites de haut, et de bas.

Ce qu’on apprécie dans « La Méthode Williams », c’est d’une part son choix de centrer sa caméra sur cet homme, dévoué au succès de ses filles et à faire d’elles des femmes épanouies et respectées, tout en souffrant d’égocentrisme et de vantardise, terrifié d’échouer, préférant ainsi fuir et abandonner les choses qu’il ne maîtrise pas avant de les entreprendre. D’autre part, le film pointe du doigt sa relation avec Vénus, tout en n’écartant cependant pas ici Serena, dont il n’aura de cesse de lui dire ici qu’elle deviendra « la plus grande joueuse de l’histoire du tennis ». Cependant, le film est davantage ici une hagiographie, étant donné le peu d’informations livrées sur Richard Williams, et l’image élogieuse qu’il montre de lui. Qu’à cela ne tienne, Reinaldo Marcus Green met avant tout ici en scène un film familial, confronté à la célébrité soudaine, aux tentations éloignées des valeurs promues par ce cocon, mais également au lâcher prise nécessaire d’un parent vis-à-vis d’un enfant, au moment où ce dernier en a besoin, où il se doit de décider lui-même, malgré les dangers et incertitudes de la vie.

Dans le rôle de Richard Williams, Will Smith est remarquable de retenue et de bienveillance, son personnage avançant cependant avec des œillères, persuadé que sa méthode est la bonne, et que rien ni personne ne pourra l’ébranler, peu importe ce qu’on en dira. À tort ou non, force est de constater que celle-ci a mené ses filles là où elles sont arrivées. Aussi, Aunjanue Ellis épate dans le rôle de l’épouse patiente et de poigne de Richard, lui rappelant que les décisions lui appartiennent aussi, et qu’il n’est donc pas seul à décider pour leurs filles. Quant à Saniya Sidney, elle se révèle radieuse et déterminée dans la peau d’une jeune Vénus Williams. Ensemble, le casting porte un film très sage, et plutôt prévisible dans sa construction, mais aidé par une écriture qui prend parti, nous révélant ainsi ce que l’on ne savait pas encore des sœurs Williams, avant le véritable succès.



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