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CINECURE
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Ludovic et Zoran Boukherma
L’année du Requin
Sortie du film le 03 août 2022
Article mis en ligne le 10 août 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie, horreur

Durée : 87’

Acteurs : Marina Foïs, Kad Merad, Jean-Pascal Zadi, Christine Gautier...

Synopsis :
Maja, gendarme maritime dans les Landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry, son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie et Blaise, elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission...

La critique de Julien

Tout aussi « ovniesque » et situé à la croisée des genres que leur précédent film « Teddy » sorti l’année dernière, et dans lequel ils s’attaquaient à la figure du loup-garou, les frères Boukherma ont décidé de porter à l’écran un autre type de monstre fantasmé au cinéma, à savoir le requin, tout en essayant de ne pas tomber dans la caricature... Sobrement intitulé « L’année du Requin », et porté par Marina Foïs, cette comédie sociale est en effet un drôle de film de squale, à la fois surprenant, et déconcertant. Un film atypique par un duo de réalisateurs qui ne font décidément pas les choses comme les autres !

À la Pointe, au Cap Ferret, dans le Sud-Ouest de la France, il n’y a pas d’écrivain, ni de footballeur, et encore moins de joueur de baseball connu. Mis à part Maja (Marina Foïs), 49 ans, gendarme maritime et maréchal des logis, qui travaille sans relâche bien que dans une semaine à la retraite (malgré elle), tout le monde aime y poser ses fesses dans le sable, et regarder les vagues. Mais un homme faisant du paddle en solitaire se fera dévorer par un requin, que seule Maja verra après avoir aidé deux touristes en mer. Incapable de décrocher, et par orgueil, cette dernière voudra alors sa dernière mission, souhaitant elle-même capturer « les dents de la mer », contre l’avis de son mari (Kad Merad, en amoureux quasi transi) qui, l’ayant toujours encouragée, n’attendait que son départ pour lever le pied, et enfin profiter à deux. Aidée par deux jeunes collègues (allumés), Maja se retrouvera rapidement détestée par ceux qui vivent de la mer à la Pointe (c’est-à-dire tout le monde), étant donné que ses plages seront fermées le temps que le soi-disant requin soit attrapé...

Après la Covid-19 l’année dernière, qu’est-ce qu’il pourrait bien y avoir cette année-ci ? Et bien un requin ! Les frères Boukherma surfent donc une fois de plus sur le film de genre pour nous présenter une histoire bien plus profonde qu’elle en a l’air, laquelle est racontée par l’acteur non-professionnel Ludovic Torrent, à l’élocution particulière (lui qui joue d’ailleurs ici un petit rôle, après l’avoir croisé dans le précédent film des frères).

Centré autour de son personnage principal joué par Marina Foïs (décidément partout), « L’année du Requin », avec ses élans écologiques, nous parle évidemment de protection animale, mais surtout des gens de notre société, qui cherchent toujours un responsable, ou à accuser quelqu’un dès que quelque chose ne tourne pas rond, avant de s’interroger sur eux-mêmes. Ainsi, Maja, en souhaitant faire le bien, se retrouvera en très mauvaise posture, à la suite de la tournure imprévisible des événements, victime alors du regard de tous les habitants de la Pointe, la pression médiatique des réseaux sociaux en plus, elle qui devra ainsi « payer sa lâcheté » (d’après certains), ou plutôt laver son honneur. Bref, la bêtise humaine dans toute sa splendeur...

Avec leur film, les cinéastes tentent tant bien que mal de faire côtoyer humour et personnages gentiment absurdes, réalisme des comportements sociétaux, ainsi que tension horrifique, avec à cet égard un final réussi, filmé de nuit, et servi par la musique efficace d’Amaury Chabauty (déjà derrière celle de « Teddy »), le tout malgré de faibles moyens de production...

« L’année du Requin » est ainsi un étrange film, qui brouille les pistes. Malheureusement, on ne sait pas sur quel pied le prendre, lui qui se la joue sérieux un instant, puis celui d’après comédie franchouillarde désabusée et parodique. Quelques faiblesses de rythme (malgré sa courte durée) viennent également ralentir l’ensemble, assez mou, lequel manque certainement de folie, sans compter sur ses clins d’œil, qui tombent vite à l’eau. Qu’à cela ne tienne, on salue l’effort de Ludovic et Zoran Boukherma de jouer plusieurs cartes à la fois, relevant le niveau de la comédie française de genre, sans maîtriser encore toutes les nuances des règles du jeu. À moins qu’ils en écrivent eux-mêmes de nouvelles...



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