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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Bill Condon
L’Art du Mensonge / The Good Liar
Sortie du film le 20 novembre 2019
Article mis en ligne le 23 novembre 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • adapté du roman « The Good Liar » (2015) de Nicholas Searle.

Résumé : Escroc professionnel, Roy Courtnay a déjà en vue sa prochaine cible : Betty McLeish, récemment devenue veuve, dont la fortune s’élève à des millions de dollars. Dès la première rencontre entre Roy et Betty, l’arnaqueur commence par faire son numéro bien rodé de manipulateur et la veuve, visiblement séduite, semble facile à duper. Mais cette fois, ce qui avait l’air d’une simple arnaque prend l’allure d’un jeu du chat et de la souris aux enjeux de grande ampleur. Tandis que Roy et Betty découvrent des supercheries bien plus insidieuses, les voilà qui plongent dans un monde de dangers, de complots et de trahisons…

La critique de Julien

Il y a de ces films que l’on n’attendait pas spécialement, et qui créent finalement la surprise. « L’Art du Mensonge » en fait partie, et pas qu’un peu ! Arnaque et faux-semblants sont au menu de ce film à la croisée des genres, lequel manipule intelligemment le spectateur au sein d’un tour de force assez réjouissant, et imprévisible.

Adapté du roman éponyme de Nicholas Sierle, fervent admirateur revendiqué de John Le Carré et de Graham Greene, « The Good Liar » suit Roy Courtnay (Ian McKellen), un octogénaire fils de vicaire, ancien héros de guerre, et désormais devenu praticien de l’escroquerie financière, lequel s’adonne ainsi à cette pratique frauduleuse avec son partenaire de longue date en affaires Vincent (Jim Carter), lesquels manipulent les gens pour lui donner accès à leurs finances, et cela à travers une série de tromperies et de fausses identités. Sa dernière victime en date ? C’est Betty McLeish (Helen Mirren), une ancienne professeur d’histoire à Oxford, veuve depuis un an, et dont les économies dépassent deux millions de livres... Rencontrée sur un site de rencontre, Roy, feignant d’un mal de genou, essaiera de tromper Betty afin de lui permettre de rester chez elle, et de l’encourager à ouvrir un compte d’investissement offshore commun avec lui. Mais cette rapide confiance, installée entre les pairs, ne laissera par de marbre le petit-fils de Betty, Steven (Russell Tovey, vu cette année-ci dans l’excellente série « Years and Years »), lequel soupçonnera quelque chose de louche...

Nous sommes ici en 2009, et pourtant, cet excellent divertissement nous propulsera à travers le temps, entre l’époque contemporaine et le passé (1963, 1946, 1938), au sein de cette histoire qui en cache une autre. Bill Condon signe là une mise en scène soignée, épurée, intrigante, ficelée, lui à qui l’on doit notamment « La Belle et la Bête » (2017), « Mr. Holmes » (2015), et dans une moindre mesure les deux derniers épisodes de la série de films « Twilight » (2011 et 2012)
Mais le cinéaste à plus d’un tour dans son sac. Avec ce scénario adapté entre ces mains, il parvient à alterner, avec grande maîtrise, les époques, et surtout les genres.

Car « L’Art du Mensonge » est à la fois un film d’amour, d’espionnage, historique ou encore un thriller. Le suspense et la tension sont ainsi au rendez-vous, et cela à mesure que l’étau se resserre. Mais le plus fabuleux ici, c’est sans doute l’enchaînement insoupçonné de retournements de situations, lesquels offrent justement une nouvelle lecture à ce film, tout en gardant toujours en ligne de mire son sujet principal, à savoir l’art du mensonge, en toute circonstance. Aussi, Bill Condon prend soin, aidé par un montage sournois, de glisser ici et là des indices qui pourraient aider le spectateur à y voir plus clair dans ce jeu de dupes. Mais l’ensemble est bien trop succinct, et ce n’est qu’une fois le dénouement dévoilé que l’on applaudit encore plus la supercherie, qui est d’autant plus étonnante qu’elle résonne particulièrement bien dans l’actualité. Et ça, on ne s’y attendait pas ! C’est donc ce qu’on appelle se prendre une claque, et avec classe !

En effet, Ian McKellen (80 ans) et Helen Mirren (74 ans) sont tout simplement grandioses dans leurs rôles, lesquels réservent des surprises, le film jouant beaucoup sur les fausses identités, et cela dès le début, où ils s’avouent mutuellement avoir inventé de faux noms pour leur première rencontre, après leur discussion virtuelle. Lui est alors un impitoyable marionnettiste, avide d’argent, tandis qu’elle est une femme forte, même si physiquement fragile, et influençable, mais surtout traumatisée, prête alors à tout pour prendre sa revanche sur la vie, et son passé, via cette rencontre, qu’elle n’espérait plus, avant d’en être la première victime. Ensemble, le duo d’acteurs apporte une prestance « so british » supplémentaire à cette orchestration en bonne et due forme, de plus en plus haletante, laquelle surprend, et attise notre curiosité, notre empathie, et cela loin de toute complaisance, mais par force d’écriture. Et qu’est-ce que cela fait toujours du bien de découvrir des scénarios à tiroirs comme celui-ci, surtout lorsqu’ils sont situés entre la petite et la grande histoire !

Pour ses acteurs et ses personnages, son évolution narrative inattendue à travers le temps, ou encore ses mensonges machiavéliques qui soulèvent des questions de morale et de justice, « L’Art du Mensonge » est une vraie belle surprise, un coup de cœur, et donc un plaisir à recommander de toute urgence !



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