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Les critiques de Julien Brnl
Kursk
Réalisateur(s) : Thomas Vinterberg
Article mis en ligne le 13 novembre 2018

par Julien Brnl
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« Kursk » est donc une amère déception, à la fois honnête et trop classique. Mais pour celui qui est venu chercher ici une petite dose d’adrénaline, ainsi qu’un récit où prônent l’entraide et le refus de lâcher prise, alors il devrait en avoir pour son argent. 12/20

➡ Vu en VF - au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 07 novembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • basé sur le livre d’investigation « A Time to Die : The Untold Story of the Kursk Tragedy » du journaliste Robert Moore, qui dissèque les différentes expertises scientifiques ainsi que les derniers instants des sous-mariniers condamnés ;
  • le capitaine David Russell, qui a conduit la mission de sauvetage du Koursk pour la Royal Navy, a contribué aux recherches de Robert Moore. Russell est devenu consultant sur le film, lui qui en est d’ailleurs l’un des personnages principaux sous les traits de Colin Firth.
  • le personnage de Vladimir Poutine devait à l’origine apparaître dans cinq scènes, mais le rôle ne fut finalement jamais casté, lui qui venait de prendre ses fonctions de président, et se reposait dans sa demeure au bord de la Mer Noire. Son absence de réactivité avait alors suscité les plus vives critiques à travers le monde ;
  • pour une question d’interprétation, le film est tourné au format 1,66:1, puis passe au format Scope quand le Koursk prend le large, avant de reprendre l’initial, lorsque tout est perdu.

Résumé : KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

La critique de Julien

Projet européen de longue date en co-production entre la France, la Belgique et le Luxembourg, « Kursk » retrace la tragédie du naufrage du sous-marin russe K-141 Koursk en mer de Barents le 12 août 2000. Une catastrophe sans précédent qui, durant les jours qui ont suivi, a mis en émoi le monde entier, tandis que les opérations de sauvetage échouaient, et que l’aide internationale avait été volontairement écartée par le Kremlin (avant de l’accepter, quelques jours, mais bien trop tard), ce qui avait choqué l’opinion publique bien au-delà des frontières de la Russie.

C’est le réalisateur danois qui s’est attablé à la réalisation de ce film au budget conséquent, davantage centré sur le naufrage en question que sur les tensions diplomatiques qui planaient autour du refus catégorique de la Marine russe d’accepter l’aide internationale. Que ça soit par amertume post-Guerre Froide, peur de frustration, ou par fierté, c’est seulement le 17 août 2000, cinq jours après l’accident, que le président Poutine a finit par accepter les offres d’aide des gouvernements britanniques et norvégiens... C’est-à-dire honteusement bien trop tard. Et si ce n’est via quelques discrets dialogues, cette reconstitution romancée de la catastrophe n’en dit malheureusement pas assez sur le climat politique qui se jouait au moment des faits. Dommage.

« Kursk » est dans ses grandes lignes ni plus ni moins qu’un divertissement adapté d’une histoire vraie, rendant hommage aux septante-et-un enfants laissés derrière ces mariniers, morts pour un exercice naval à grande échelle, et premier depuis la chute de l’Union soviétique. Mais multipliant les allers-retours entre la surface (où d’un côté les décisions tardent à se faire, et de l’autre où les familles attendent des nouvelles) et le cloisonnement d’hommes espérant qu’on vienne les secourir, la mise en scène de Vinterberg peine à installer une tension à la hauteur de l’horreur qu’ont dû vivre ces hommes, et donc à émouvoir. On a même droit à quelques moments de flottement, malgré les cent-six mètres de profondeur qui séparent le sous-marin de la surface. On frissonne, certes, par moments, mais cela reste bien trop balisée dans le style, et surtout purement fictif dans les faits et gestes de ces hommes (bien que l’enquête a confirmé certains d’entre eux). Mais on n’entrera pas ici dans les détails pour ne rien révéler de l’intrigue et de sa tournure, heures après heures.

Malgré de gros moyens mis en œuvre pour recréer une certaine immersion visuelle, force est de constater tout d’abord que les extérieurs et plans larges ne sont pas toujours très nets, et piquent légèrement aux yeux. Pour ce qui est du huit clos en lui-même, Thomas Vinterberg réussi, avec les moyens du bord, à reconstituer l’intérieur d’un sous-marin, et la claustrophobie qui peut en naître. Mais cette dernière est distillée par le montage, qui interchange les différents lieux d’(in)action. Le casting, lui, multi-européen, reflète la volonté de faire de ce film un drame européen, ce qui est en soi est une bonne chose, et privilégie « nos » acteurs. Mais le doublage français des acteurs, interprétant des personnages russes, est totalement irritant. Et on n’ose pas imaginer la version-originale, où les personnages doivent s’essayer à un anglais de base avec un accent russe ! Dès lors, cela gâche la portée dramatique de leurs rôles, déjà pas forcément authentiques (celui de Léa Seydoux en tête).

« Kursk » est donc une amère déception, à la fois honnête et trop classique. Mais pour celui qui est venu chercher ici une petite dose d’adrénaline, ainsi qu’un récit où prônent l’entraide et le refus de lâcher prise, alors il devrait en avoir pour son argent. Mais on regrette énormément le manque de prise de risque du récit concernant l’illustration de la bêtise humaine qu’est celle ici d’avoir, à l’époque, minimisé l’extrême urgence d’une telle situation pour des raisons d’égocentrisme, et sans doute d’autres, pires encore...

Diaporama

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