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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Jordan Vogt-Roberts
Kong Skull Island
Sortie le 8 mars 2017
Article mis en ligne le 6 mars 2017
dernière modification le 13 mars 2017

par Charles De Clercq
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Un film d’aventures en mode bande-dessinée. Un Kong très « humain » !
Certains « humains » ne le sont pas : ils détruisent l’inconnu au nom de la culture. 70/100

Synopsis : Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… (Un prequel à « King Kong », qui raconte comment le gorille est devenu le roi de Skull Island).

Acteurs : Tom Hiddleston, Brie Larson, Samuel L. Jackson, Corey Hawkins, Toby Kebbell, John Goodman, John C. Reilly.

 En mettre plein la vue !

Fallait-il faire une énième version de King Kong ? Probablement pas et l’on conviendra que celle-ci est probablement avant tout « commerciale », deuxième volet d’une trilogie commencée avec Godzilla et la suite annoncée qui réunira les deux créatures. Si cela n’apporte rien à la saga et au cinéma, le film se laisse voir sans déplaisir, car il (se) joue des codes du genre tout en les assumant (NB : la vision en Imax 3D est un plus !).

Nous sommes dans un film d’aventure, version bande dessinée, qui mêle des univers à la Tintin et d’autres à la Bob Morane. On pensera aussi à Jurassik Park et ses suites puisque l’île que le spectateur découvrira permet de découvrir bien d’autres créatures que Kong, toutes en version XXL.

Kong Skull Island lorgne même du côté « politique » (mais ne soyons pas dupes, ce sera analogue à la philosophie de comptoir) en insérant au début du film des images d’archives en lien avec la montée en puissance de l’armée US et du pouvoir de destruction et une critique de la guerre du Vietnam. Celle-ci vient à peine de se terminer quand les protagonistes du récit vont se mettre en route pour partir à la découverte d’une ile mystérieuse (l’action se situe juste après le retrait des troupes américaines au Vietnam, en 1973).

 Des références assumées

Il faut noter aussi de nombreuses allusions et références à Apocalypse Now (sans le comparer à celui-ci qui est d’un tout autre niveau). Autant donc partir à la conquête de ce film sans lui demander plus que ce qu’il ne peut donner. Ce sera la meilleure façon d’en profiter au maximum. Et maxi, c’est vraiment le cas de l’écrire, car toutes les créatures, tous les monstres (mais le sont-ils tous ?) sont de taille gigantesque. Et l’on doit ici à la magie des effets spéciaux d’avoir intégré ces créatures dans de nombreux décors « réels » puisqu’une partie importante du tournage s’est déroulée au Vietnam ! Bien plus, ces « animaux fantastiques » volent carrément la vedette à la belle brochette d’acteurs qui incarnent leurs personnages sans exagération, trouvant le ton et la pose justes pour être qui le bon, qui le méchant, qui la bonne face à la brute (certes parfois en mode sur-jeu/BD mais jamais caricatural) ! Néanmoins, serait-ce spoiler que d’annoncer que les « personnages » les plus « humains » ne sont pas ceux que l’on croit ?

 Pour aller plus loin... (risque de spoilers !)

Cliquez sur les liens pour déplier et lire (source : dossier presse)

La vision de Kong par des acteurs et producteurs

Tom Hiddleston suggère que « King Kong incarne le conflit intérieur entre les êtres civilisés que nous sommes et cette part de nous-mêmes qui nous dépasse. Comment concilier le fait que cette créature gigantesque soit à la fois une force de la nature terrifiante mais aussi un être sensible à l’intelligence différente de la nôtre mais tout aussi prodigieuse ? »

Samuel L. Jackson, qui incarne le lieutenant-colonel Preston Packard, le mâle dominant parmi les personnages humains du film, raconte avec enthousiasme : « Ce qu’on veut, c’est voir Kong dans un environnement grandiose et spectaculaire à sa hauteur. On sait qu’il vit dans la jungle, mais qu’est-ce qu’on y trouve d’autre ? Qu’est-ce qui lui permet d’y subsister ? Est-ce qu’il y en a d’autres comme lui, ou est-il le seul de son espèce ? On apprend en fait qu’il faisait d’abord partie d’une communauté avant qu’elle soit anéantie par une autre créature présente sur l’île. C’est maintenant lui qui règne sur l’île et qui maintient l’ordre ».

Thomas Tull, un des producteurs raconte : « On voulait mettre au point une expérience complètement inédite pour le public (...) En tant que fans du personnage, on tenait beaucoup à respecter les ingrédients essentiels qui ont touché tant de gens partout dans le monde. Le résultat est une aventure grandiose, divertissante, monumentale, qui offre du grand spectacle et des scènes d’action trépidantes (...) L’un des éléments les plus intéressants de l’univers de King Kong, c’est Skull Island, qui regorge de créatures toutes plus exotiques et dangereuses les unes que les autres, et sur lesquelles King Kong règne en maître. C’est cet aspect de son univers que nous voulions dévoiler dans le film. Nos personnages ne chasseront pas King Kong de l’île. C’est à eux de survivre sur son territoire ».

Le producteur Alex Garcia raconte : « L’essentiel de notre histoire autour de Godzilla, c’est l’idée que les essais nucléaires de 1954 n’étaient pas vraiment des essais, mais que le gouvernement essayait en réalité d’exterminer une créature. Jordan nous a suggéré l’idée de situer le film dans les années 1970, et ça a tout de suite titillé notre imagination. Non seulement la période collait bien avec l’univers MonsterVerse, mais c’est aussi une époque très riche à explorer sur un plan thématique, ce qui nous a permis d’introduire à la fois des scènes de guerre hyper réalistes et des monstres géants dans un seul et même film ».

Le point de vue du réalisateur

Avec Kong : Skull Island, et Godzilla avant lui, l’équipe de production jette les bases d’un vaste univers peuplé de monstres, situé dans notre monde, mais postulant l’existence de MUTOs (Massive Unidentified Terrestrial Organisms, ou Organismes Terrestres Géants Non identifiés, selon la terminologie de l’univers MonsterVerse). Mais pour lui rendre justice, il fallait non seulement organiser la rencontre de deux univers cinématographiques anciens mais aussi faire fusionner deux chronologies différentes.

La solution est venue d’une idée de génie de Vogt-Roberts, jeune réalisateur qui n’avait qu’un seul film à son actif, The Kings of Summer, grand succès du cinéma indépendant.

Pour Vogt-Roberts, King Kong marque l’origine de son obsession pour le cinéma. «  King Kong fait incontestablement partie de l’histoire du cinéma, et lorsque j’ai découvert le film de 1933, j’ai été stupéfait par les possibilités cinématographiques infinies qu’il offrait (...) C’était le premier film à transporter le public dans un monde inexploré et sauvage. Bien qu’il se trouve sur notre planète, on s’y retrouvait confronté à des phénomènes dont on ne soupçonnait pas l’existence  ».

 Les interdits culturels en pleine nature !

Enfin, le king... « Kong » de trente mètres de haut en jette en matière de puissance et de virilité... même si les normes de pudeur made in US en feront un être asexué dont on se demande même si ce qui apparaît alors comme un très gros nounours pour bébé a même les moyens d’évacuer la nourriture ! On suppose qu’il était impossible de le doter d’attributs [comme ce fut le cas en animation pour Tarzoon (la honte de la jungle)] ou de lui donner un pagne !!! Le point est relevé ici alors que c’est complètement inutile, mais qui peut interpeller s’agissant d’un film qui compte une aventure qui se passe en pleine nature, en principe totalement vierge d’humains... comme si la culture venait ici peser de tout son poids... Curieux que l’on puisse cacher « cela » à l’écran et montrer des scènes d’une extrême violence (même si l’aspect BD peut les atténuer un peu). C’est en quelque sort la même norme pudibonderie que celle qui régit Facebook et consorts !

Un dernier conseil : restez jusque la fin. Nous sommes en mode Marvel... il y a une scène après le générique, avec même un dialogue qui peut être entendu à un double niveau et notamment donc à celui qui est resté dans le noir !

 Diaporama

 Bande-annonce


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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