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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
Jurassic World 2 : Fallen Kingdom
Réalisateur(s) : Juan Antonio Bayona
Article mis en ligne le 17 juin 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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Malgré un matériel de départ peu réjouissant, et une écriture toujours aussi frustrante, Juan Antonio Bayona offre à ce « Fallen Kingdom » ses sensibilités de cinéaste, influencées par le cinéma de son mentor Steven Spielberg, qui n’est autre que l’un des producteurs du film. Spectaculaire, tout en proposant une véritable identité visuelle et un supplément d’âme sur la nature humaine et la cause animale, cette suite est sans aucun doute supérieure au précédent volet. - 13/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 06 juin 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • cinquième volet de la série cinématographique « Jurassic Park », et suite du succès planétaire de « Jurassic World » sorti en 2015, réalisé par Colin Trevorrow, lui qui officialise ici non pas en tant que réalisateur mais bien comme co-scénariste et co-producteur ;
  • Jeff Goldblum reprend ici son rôle d’Ian Malcolm, le célèbre mathématicien et spécialiste de la théorie du chaos, vu dans « Jurassic Park » et « Le Monde Perdu » ;
  • cet épisode voit le retour des dinosaures en animatronique (mais pas que) pour une question de réalisme.

Résumé : Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l’île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire...

La critique

Attendu par d’innombrables fans de la saga, et faisant suite au mitigé mais jouissif « Jurassic World », « Fallen Kingdom » marque le retour des dinosaures génétiquement modifiés d’Isla Nublar. Réalisé par le catalan Juan Antonia Bayona, cet épisode promettait davantage de sueurs froides au public venu en masse voir son prédécesseur, et d’autant plus lorsque l’on connaît le talent de son réalisateur pour mettre en images des drames fantastiques et/ou horrifiques. Alors, l’honneur « spielbergien » est-il sauf ?

Cette suite reprend quelques mois après les mésaventures du park « Jurassic World », là où l’on avait laissé les dinosaures, tandis qu’elle voit aussi le retour du duo formé par Chris Pratt et Bryce Dallas Howard (sans oublier ses célèbres talons). Alors que les hauts représentants des nations unies ne sont pas prêts à sauver ces espèces à l’aube d’une nouvelle extinction suite au volcan détruisant l’île sur laquelle elles se trouvent, Owen et Claire s’associent à Benjamin Lockwood (un vieil ami et ancien collègue fortuné de John Hammond) afin de se rendre sur les lieux, et cela pour sauver du dinosaure, en vue de les placer dans un sanctuaire spécialement créé pour les protéger, loin des humains. Évidemment, tout ne se passera pas comme le couple l’avait imaginé, et espéré...

Co-écrit par Colin Trevorrow et Derek Connolly, le script de cet épisode avait la lourde tâche de faire oublier le manque de créativité de son prédécesseur. Malheureusement, quatre mains et vingt doigts n’auront pas suffi à éviter de nombreux copier-coller de segments narratifs vus dans « Jurassic World », à la différence notable qu’à l’issue de cette suite, la redite sera forcément évitée... Mais tandis que l’écriture globale laisse ici apparaître de grosses faiblesses de cohérences (et cela dès l’ouverture), ainsi que de rythme en seconde partie, on peine à envisager la probabilité des événements suscités lors du final, tant le tout est écrit avec de gros traits, et exempt de toute finesse. Pourtant, l’aventure était plutôt bien partie, en débutant par une mission sauvetage haletante sur Isla Nublar.

Le metteur en scène des très réussis « L’Orphelinat » (2007) et « Quelques Minutes Après Minuit » (2016) fait ainsi ce qu’il peut avec le matériel qu’on lui a légué. Fort heureusement, on reconnaît très vite sa patte au niveau de la mise en scène, et cela pour notre plus grand plaisir. En effet, celle-ci se veut davantage inspirée que d’accoutumée, que ça soit en termes d’images, d’ambiance, ou encore de mise en place, alors qu’elle renvoie au cinéma fantastique baigné de ténèbre et d’enfance qu’apprécie tant Bayona. En filmant ainsi un immense manoir de style gothique ou encore une chambre d’enfant en proie au danger, le cinéma du réalisateur titille nos peurs enfantines les plus profondes. Aussi, les différentes apparitions des dinosaures sont efficaces et impressionnantes, tandis que l’action est soutenue, et jamais vaine. D’ailleurs, on ne peut que s’agenouiller devant le travail numérique réalisé pour (re)donner vie aux dinosaures, ainsi qu’au niveau des décors dans lesquels ils survivent. Par-ci par-là, le réalisateur pimente le scénario avec sa vision de cinéaste au sein d’une saga de divertissement, plutôt que de cinéma d’auteur. Pourtant, on reconnaît dans cet épisode de transition un sous-texte écologique fort, et plutôt inattendu. À cet égard, Bayona réussit à filmer des scènes assez émouvantes, où il est question de la mainmise de l’humain sur la cause animale, et de ses erreurs non-assumées. Ainsi, notre cœur peut s’emballer pour un pauvre diplodocus, alors pris au piège par la stupidité et la lâcheté humaine... À côté de cela, l’écriture des nouveaux et anciens personnages est totalement stéréotypée, et reste en surface, empêchant dès lors toute empathie. Reste peut-être la venue d’Isabella Sermon, interprétant la petite-fille de Benjamin Lockwood, arborant peut-être ici le rôle le plus prometteur pour la suite...



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