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Les critiques de Julien Brnl
Jumanji : Bienvenue dans la Jungle
Réalisateur : Jake Kasdan
Article mis en ligne le 25 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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Malgré une idée habile, moderne de nous replonger dans le monde de « Jumanji », et des acteurs qui s’amusent avec ce qu’on leur donne, cette aventure est bien trop carrée dans son genre pour perdurer au-delà du générique de fin. C’est malheureusement galvaudé. Mais que pouviez-nous sincèrement en espérer ? Reste donc un moment de cinéma divertissant, mais assez laid. - 11/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 31 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • suite indirecte du film culte de 1996 « Jumanji » (avec Robin Williams), dans lequel la jungle envahissait le monde au travers d’un jeu ;
  • film tourné dans les décors naturels de l’île d’Oahu à Hawaï, ainsi qu’à Atlanta en Géorgie pour les scènes se déroulant dans la petite ville fictive de Brantford ;
  • lors de la confirmation du projet en août 2015, certains internautes l’ont critiqué sous prétexte qu’il survenait bien trop tôt après la mort de Robin Williams, acteur principal du premier film, décédé un an auparavant.

Résumé  : Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji…

La critique

On ne va pas se cacher que l’on s’attendait au pire à l’idée de découvrir cette espèce de film sorti tout droit de l’univers du génial « Jumanji » (1996) de Joe Johnston (lui-même adapté du livre pour enfants de Chris Van Allsburg, publié en 1981), d’autant plus que les producteurs sont toujours restés assez vagues sur l’identité de ce nouveau projet.

Finalement, « Jumanji : Bienvenue dans la Jungle » n’est pas la purge attendue, mais bien une modernisation sans prétention et audace de cette histoire de jeu de société, devenue, pour l’occasion, un jeu vidéo (fallait y penser) !

Mais autant vous dire dès le départ qu’il ne reste ici plus grand chose du film culte qui a bercé notre enfance, si ce n’est cette idée de jeu, et quelques allusions au personnage d’Alan Parrish (merveilleux Robin Williams).

Contraire à son modèle (dans lequel certains d’entre nous découvrions, émerveillés, le monde sauvage en action pour l’une des premières fois au cinéma), « Jumanji : Bienvenue dans la Jungle » n’est pas un conte fantastique, ludique et aventurier comme l’était « Jumanji ».

S’il n’en avait (de toute manière) pas l’intention, « Bienvenue dans la Jungle » se contente de n’être qu’une remise au goût du jour d’un univers connu de tous, s’étant fait une réputation au fil des années, et donc particulièrement enrichissant pour ses producteurs. D’ailleurs, ceux-ci ne s’attendaient sans doute pas à un tel succès pour cette version actualisée, étant donné que le film frôlera le milliard de dollars de recette dans le monde en fin d’exploitation (si pas un peu plus). Une suite est d’ores et déjà en chantier, sans perdre de temps, et prendre le temps... On reconnaît ainsi la manœuvre opérée par les producteurs envers ce film (et donc franchise en devenir), qui n’est autre qu’un produit marketing de plus, assez vide de tout. Heureusement, l’hommage est bien là, et l’esprit originel est encore dans les mémoires, et se fait ressentir.

« Jumanji : Bienvenue dans la Jungle » freine à toute allure face à son modèle, et ce en tout point. Outre la bonne idée que celle de plonger une bande de lycéens en colle dans un jeu vidéo, et qui plus est dans la peau d’avatars qui ne leur correspondent physiquement pas, ce récit est dépourvu d’originalité. Certes, on ne s’ennuie pas avec un produit formaté comme celui-là, mais l’action n’est ni trépidante, ni menaçante. Jamais il nous vient ainsi à retenir notre souffle, et jamais il ne nous viendrait à rêver du spectacle offert. D’ailleurs, on préfère largement les effets spéciaux d’antan, en analogie, mais s’ils pourraient paraître dérisoires pour la nouvelle génération, sans parler du fait que le bestiaire est ici assez pauvre. Mais ce qu’il manque par-dessus tout à ce film, c’est bien une identité, ce qu’on avait d’ailleurs du mal à percevoir dès la mise en chantier du projet.

Pour autant, ce dernier ne manque pas de distractions, que nous devons en très grande partie à son quatuor de personnages principaux.

Certes, avec Dwayne « biscoteaux » Johnson (maintenant à associer avec la définition-même du blockbuster américain - on le retrouvera cette année-ci encore dans « Rampage » et « Skyscraper »), Kevin « petit rigolo » Hart ou Jack Black, il y avait de quoi à s’attendre à du lourd (les deux premiers nous avait déjà servi la soupe dans « Agents Très Spéciaux » il y a bientôt deux ans). Pourtant, force est de constater qu’avec l’aide de la jolie présence de Karen Gillian au générique, ce quatuor est franchement sympathique à suivre, tant les personnages se renvoient sans cesse l’appareil, l’humour partant du principe du « body swap », soit ce procédé qui permet de créer un décalage comique lorsque des personnages se retrouvent piégés dans des corps qui ne sont pas les leurs. C’est véritablement là que cette aventure marque des points, sans pour autant forcer le trait sur le lourdingue de situation. Force est de constater aussi que le film n’est jamais vulgaire, et qu’il se regarde facilement en famille. Et puis, s’il faut prendre pour argent comptant la petite leçon identitaire que dévoile le script, et bien c’est déjà ça de pris.



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