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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Chad Stahelski
John Wick - Belgium 3 : Parabellum
Sortie le 22 mai 2019
Article mis en ligne le 10 juin 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • troisième opus de la franchise « John Wick », mise en boîte par le réalisateur, cascadeur et coordinateur de cascades Chad Stahelski ;
  • « Parabellum fait (en partie) référence à la célèbre locution latine »Si vis pacem, para bellum« , qui signifie »Si tu veux la paix, prépare la guerre".

Résumé : John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. « Excommunié », tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.

La critique de Julien

Et de trois ! Qui aurait pu imaginer une seule seconde que « John Wick » (2014), premier du nom, allait engendrer une série de films de plus en plus rentables, aussi bien commercialement que qualitativement ? Avec 89 millions de dollars de recette mondiale, puis 172 pour sa suite, et déjà plus de 175 pour ce nouvel épisode quelques jours seulement après sa sortie, pas étonnant en effet d’apprendre qu’un quatrième film verra le jour en mai 2021, pour notre plus grand plaisir coupable. De plus, grâce au succès colossal du personnage, c’est bien Keanu Reeves qui est en train de se refaire une santé au cinéma, du haut de ses cinquante-quatre ans, lequel effectue près de nonante-huit pourcents des cascades de cet ancien tueur à gages, sorti de sa retraite afin de venger de la mort de son chien, tué par une bande de dealers russes, lequel lui avait été offert à titre de cadeau posthume par sa femme, décédée. Alors, place maintenant à la question tant attendue : la machine « John Wick » est-elle toujours aussi bien huilée, ou est-elle en train de s’user ?

Après avoir fait face à un seigneur du crime italien, qu’il a d’ailleurs tué à l’intérieur de l’Hôtel Continental malgré la règle fondamentale interdisant de tuer en ce lieu, John Wick se retrouve maintenant dans le collimateur de quiconque, étant donné une prime de quatorze millions de dollars mise sur sa tête. Heureusement, Winston, le gérant du Continental, lui laissera une heure avec d’être « excommunié », et donc banni. Comment va-t-il donc pouvoir s’en sortir ? Alors qu’il se déroule directement après les faits du précédent film, « John Wick 3 » reste entièrement fidèle à l’esprit de ses aînés, et va même encore plus loin dans le délire. Membres de la Grande Table, serment de sang, confréries d’assassins, on est bien dans la bonne salle !

L’intrigue du film est donc claire et nette, puisqu’on y suit en temps réel John Wick dans sa fuite, sans jamais le quitter. Dès lors, autant vous dire qu’en termes d’action, on est servi ! D’ailleurs, si les deux premiers volets opposaient Wick à un seul adversaire et ses hommes, ici, la menace est beaucoup plus grande, voire ininterrompue, étant donné que n’importe qui se met à le chasser, en vue de s’offrir la somme pariée sur sa tête. C’est donc de cette situation compliquée pour le personnage que « Parabellum » nous offre un spectacle affolant, et absolument jouissif ! Et on ne mâche pas nos mots ! Car dans son genre, le film de Chad Stahelski est une claque. Tandis que les acrobaties sont réalisées sans trucages, et les combats tournés majoritairement sans raccord de montage, le film enchaîne des idées de mise en scène de combats euphorisants. On ne peut ainsi oublier la scène de la bibliothèque, où Wick fait littéralement manger un livre à son premier adversaire, comme celles des couteaux, où il se retrouve confronté à une armada de tueurs, sans oublier celle de l’écurie (il fallait oser !), ou encore la course-poursuite à moto. Mais c’est bien au cœur du récit que « John Wick 3 » surprend encore plus son monde, dans les rues de Casablanca, alors que John y retrouve Sofia, le personnage incarné par Halle Berry, et ses deux Malinois, pris alors en étaux par les hommes du redoutable Berrada, un membre italien de la Grande Table. Pour mettre en boîte cette scène de folie, cinq Malinois ont été entraînés par le dresseur d’animaux Andrew Simpson, pour un résultat qui a du chien, et surtout de la gueule ! On peut véritablement parler ici d’un assaut qui ne laissera aucune chance à ces hommes face à l’intelligence et l’agilité des bêtes, tandis que John et Sofia fusillent à tout va ! Cette scène est techniquement parfaite, et chorégraphiée à l’extrême. On ne peut dès que prendre son pied ! Toujours plus vif et violent, le film met donc le curseur sur davantage d’action que dans les précédents films, sans pour autant perdre en efficacité et en inventivité.

Tandis qu’ils oscillent entre différents types d’arts martiaux (kung-fu, wushu, silat indonésien, etc.), les combats profitent également d’une caméra fluide et de plans aussi larges que serrés, permettant au spectateur d’assister à chaque détail pensé pour briller. On apprécie également les décors et le soin apporté à l’image et ses couleurs, comme au travail phénoménal du son. C’est que le mixage sonore réalisé en post-production abuse des bruits de bras cassés et de calibres qui dégainent. Autant vous prévenir. Heureusement, une certaine dose d’humour vient contre balancer un certain trop-plein d’effets sanglants, en témoigne une dernière partie exécutée aux sabres, et pas forcément la meilleure…

Évidemment, étant donné la situation de John Wick, il fallait bien lui trouver une issue. Si l’on se laisse ainsi convaincre par la tournure des événements - sans broncher, il est vrai, grâce au caractère réjouissant du spectacle, force est de constater que la franchise en a toujours dans le tiroir, bien qu’elle commence à tirer sur la corde, laissant au passage quelques incohérences, et jouant sur des ficelles scénaristiques ou des personnages sortis de nulle part. À cet égard, on remarque que malgré le grand nombre d’adversaires auxquels doit faire face John Wick, ce dernier ne se retrouve jamais face à plus d’un à la fois, comme s’ils se donnaient le mot d’y passer chacun à leur tour… Et puis, l’histoire fait en sorte que le personnage retombe sur ses genoux (ou autre chose), et finisse ainsi par surmonter tous les obstacles… Mais bon, on ne lui en vaudra pas, car il faut bien que John reste en vie, sinon, ce ne serait pas marrant...

Les fans seront donc ravis. Et c’est bien là le principal. « John Wick 3 : Parabellum » est un pur moment de divertissement à l’action millimétrée, misant sur un réalisme violent assez époustouflant. Qu’à cela ne tienne, les faiblesses de cet univers commencent à se faire ressentir, bien qu’elles ne gâchent en rien le plaisir que le film nous offre. Bref, on rempile déjà pour la suite, et on est d’ores et déjà impatient de voir ce qu’ils vont nous concocter d’encore mieux…



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