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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Philippe Van Leeuw
Insyriated (Une famille syrienne)
Sortie le 11 octobre 2017
Article mis en ligne le 17 septembre 2017
dernière modification le 16 octobre 2017

par Charles De Clercq
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24h00 chrono de la vie ordinaire d’une famille syrienne sous les bombes !
Huis clos étouffant, miroir d’une situation de guerre impossible à fuir ! 91/100

Synopsis : Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

Acteurs : Hiam Abbass, Diamand Bou Abboud, Juliette Navis, Mohsen Abbas.

Insyriated est le deuxième long-métrage de fiction de Philippe Van Leeuw, après Le Jour où Dieu est parti en voyage en 2009. Il s’agissait de traiter de ce qui se passait à Kigali au début du génocide. Fiction pour des faits réels donc, terriblement réels. Il en est de même ici, mais le réalisateur change de pays et de théâtre d’opérations. Nous serons en Syrie, dans le huis clos d’un appartement et non plus en forêt congolaise. Insyriated est un film de guerre, terriblement angoissant sans cependant montrer la guerre autrement que par les yeux d’une famille, d’amis et voisins enfermés dans leur logement, subissant les tirs des snipers et le choc des bombardements. Les prix obtenus à Berlin sont amplement mérités (Prix du Public de la section Panorama et Label Europa Cinemas) de même qu’au Festival du film francophone d’Angoulême 2017 : (Valois de la mise en scène, du public et de la meilleure actrice pour Hiam Abbass).

C’est que cette histoire très banale résonne plus que jamais en cette époque où nous voyons arriver à nos frontières ceux qui fuient la situation là-bas, en Syrie. Le film débute sur un échange entre un couple prêt - semble-t-il - pour le départ ou la fuite, possiblement vers un ailleurs (qui est un chez nous, ici, en Europe). Il faudra s’arranger pour les papiers, passeports, passeurs... lui, elle, leur enfant. Il quitte l’appartement... la caméra quitte elle cette famille pour une autre, qui héberge ce couple et leur enfant. Nous découvrons ainsi Oum Yazan, son beau-père, ses quatre enfants, une domestique. Celle-ci voit par la fenêtre un homme partir (ce serait le mari vu quelques instants auparavant)... et être aussitôt abattu par un sniper ! Le réalisateur nous propose un récit qui répond aux trois unités de temps, de lieu et d’action. Ce sont vingt-quatre heures, éprouvantes, d’une famille syrienne qui nous sont comptées. Hormis la sortie du mari au début du film, vue de l’intérieur, il n’y aura qu’une brève sortie de deux personnes au deuxième tiers du film qu’on vous laisse découvrir. Le champ de la caméra est circonscrit à ce lieu clos, à des vues sur le parking, sur le couloir, parfois par l’oeilleton de la porte ! Entretemps, ce seront trois individus qui tenteront de forcer l’appartement. Deux y entreront... pour le malheur de la jeune mère (alors que les autres se sont enfermés dans la cuisine) dont ils abuseront (scène sordide, effrayante, où l’on découvre l’impuissance radicale de cette femme face à l’horreur sans nom : pouvoir du mâle, pouvoir et abus de la guerre).

De l’extérieur, seuls parviendront les bruits des tirs dans la rue, mais aussi d’une bombe lâchée sur un bâtiment voisin... A l’intérieur, une vie où l’eau est comptée, mesurée... car celle-ci n’est pas toujours courante... alors même que... le courant, lui n’est établi qu’à de rares moments. Chronique terrifiante de la vie ordinaire, de gens ordinaires, dans un pays, une ville, une maison, un appartement dévastés par une guerre terrifiante, sans pitié... Aucun répit ne sera accordé aux protagonistes ni durant la journée ni à la fin de celle-ci qui ne laisse place à aucun espoir, aucun happy end ! Aucun répit pour le spectateur non plus... mais qui lui en sortira sain et sauf, mais amené à regarder autrement ceux qui arrivent ici pour fuir l’horrible de là-bas. Un film tout à la fois humain et terriblement inhumain qui invite à penser.

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Bande-annonce :


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