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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Ken Loach
I, Daniel Blake (Moi, Daniel Blake)
Sortie le 26 octobre 2016
Article mis en ligne le 28 septembre 2016
dernière modification le 31 octobre 2016

par Charles De Clercq
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Ken Loach critique un modèle social de façon classique mais trop manichéenne. 71/100

Synopsis : Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

Acteurs : Hayley Squires, Dave Johns, Natalie Ann Jamieson, Micky McGregor.

On ne peut qu’adhérer au dernier film de Ken Loach tout en se posant des questions sur le choix du jury de Cannes 2016 de lui accorder la Palme d’or. Spontanément, nous sommes sensibles aux questions sociales soulevées par Ken Loach. Comme nous l’écrivions dans notre critique de Pride. Loach aime prendre le parti des petits contre les puissants et nous avons d’ailleurs consacré une de nos émissions à son livre « Défier le récit des puissants ».

Nous terminions notre critique de Jimmy’s Hall cette façon : « Un film à recommander aux fans de Ken Loach, à ceux qui se passionnent pour les combats humains pour plus de justice et à nous chrétiens qui sommes invités à regarder en face le passé parfois trouble de l’Eglise dont nous faisons partie. »

Ce préambule pour exprime combien nous sommes en consonance personnelle et « professionnelle » avec les positions de Ken Loach en matière éthique et sociale. Et nous ne pouvons qu’adhérer à ce réalisateur quand il met en exergue le modèle social ou plutôt antisocial britannique. Le héros de son histoire se débat ici dans un monde kafkaïen. On se dit qu’il doit y avoir du « vécu » dans l’histoire de Daniel Blake.

C’est sur le plan purement cinématographique que l’on peut réagir. S’agit-il du chef-d’œuvre de l’année, digne d’être distingué par une Palme d’or ? Comme plusieurs confrères, nous avons l’impression que cet honneur devait échoir à d’autres films. C’est qu’ici la facture du film est très, voire trop classique. Presque documentaire, à la façon de nos anciennes émissions télévisées Strip-tease, le dernier Ken Loach apparaît très manichéen. Un vrai documentaire lui, Bureau de chômage, traitait de questions analogues, mais de façon plus nuancée. On se doute qu’outre-Manche, la situation l’est beaucoup moins, mais ici nous tombons vraiment de Charybde à Scylla, tant, à chaque instant la situation se dégrade. Admettons encore, mais notre Daniel Blake semble si parfait, si clean, si héros dramatique que cela en paraît too much. S’agissant d’un autre réalisateur, on dirait qu’il en fait trop. L’on peut comprendre l’engouement du jury cannois à cause du thème abordé à une époque cruciale au plan sociétal, notamment l’accueil des migrants et la mort de beaucoup d’entre eux. C’est donc un beau combat de Ken Loach, un beau film, bon certes, mais très conventionnel qui mérite cependant d’être vu, pas comme film primé, mais comme dénonciation d’abus de bien sociaux par ceux qui sont censés les dispenser !

En complément de ce regard, vous pouvez lire celui de Nicolas Gilson, un critique de de nos amis qui a été également déçu lors de la vision cannoise. Et comme toujours, nous voulons mettre en exergue un regard plus positif, celui d’Olivier Bachelard, sur le site Abus de ciné.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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