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CINECURE
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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Sylvie Ohayon
Haute Couture
Date de sortie : 17/11/2021
Article mis en ligne le 9 novembre 2021

par Charles De Clercq

Synopsis : Première d’atelier au sein de la Maison Dior, Esther participe à sa dernière collection de Haute Couture avant de prendre sa retraite. Un jour, elle se fait voler son sac dans le métro par Jade, 20 ans. Mais celle-ci, prise de remords, décide de lui restituer son bien. Séduite malgré elle par l’audace de la jeune fille et convaincue qu’elle a un don, Esther lui offre la chance d’intégrer les ateliers de la Maison Dior comme apprentie. L’occasion de transmettre à Jade un métier exercé depuis toujours pour la beauté du geste...

Acteurs : Nathalie Baye, Lyna Khoudri, Pascale Arbillot, Clotilde Courau, Claude Perron, Soumayé Bocoum, Romain Brau.

L’écrivaine d’origine juive tunisienne et kabyle, Sylvie Ohayon, sait de quoi elle parle lorsqu’elle nous offre son deuxième long métrage, après Papa Was Not a Rolling Stone en 2014, adaptation de son roman homonyme de 2011. Dans ce film, elle traitait de l’histoire de Stéphanie qui avait grandit dans les années 80 à la Courneuve, le quartier où elle a passé son enfance jusque 1996. Elle reconnait que ce deuxième film a une dimension autobiographique : « Je suis remariée depuis quatorze ans avec un homme qui avait une petite fille, dont je me suis occupée comme si c’était mon propre enfant. Ce qui a sans doute eu un impact sur ma fille biologique qui m’en a certainement voulu et qui, à 13 ans et demi, est partie vivre chez son père. Cette expérience de mère s’est conjuguée à autre chose chez moi : mon grand patriotisme. Cet amour de la France – que j’ai raconté dans mon premier film – puise dans mes racines et mon éducation. » Elle a fait écho au milieu de la haute couture à partir d’une anecdote. Une de ses amies, grande bourgeoise était à la recherche d’une robe de mariée. « Petit » problème, elle est enceinte... avant le mariage. Sylvie emmène son amie dans une maison de Haute couture et a été étonnée par le contraste entre les ouvrières aux doigts de fées qu’elle voyait et leur « langage de charretier ». Elle tenait là une idée de scénario qui rendrait hommages à ces femmes-là, oserait-on, à ces « petites mains » !

Cela nous offre ce film haute couture qui a le mérite de montrer Esther, une personne en fin de carrière (Nathalie Baye) et une autre, Jade (Lyna Khoudri), qui telle un diamant brut, pourrait être taillé pour briller de mille feux d’un potentiel jusque là non exploité. la reconstitution de l’univers de Dior semble réussie (nous manquons de compétence en ce domaine, mais l’univers présenté semble crédible). Si l’on ne présente plus Nathalie Baye qui excelle dans ce personnage à la fois aigri mais capable de discerner le potentiel de Jade (et de lui pardonner son vol tout en lui donnant une chance de s’accomplir) il faut surtout remarquer le rôle de Lyna Khoudri, que l’on avait déjà découverte dans Papicha, Hors normes, Gagarine, The French Dispatch ! Il y a ensuite les seconds rôles qui sont tous au service du récit. Nous avions remarqué celui de Romain Brau (qui réside en Belgique) et que l’on a pu voir en Fred dans Les crevettes pailletées ! L’acteur, androgyne, joue ici le rôle d’un travesti. Et pour qui veut en savoir un peu plus, quelques recherches sur Internet et sur Youtube feront découvrir l’étonnante palette de l’acteur qui sait jouer de son corps pour montrer d’une certaine façon, une facette fluide de sa personnalité. La réalisatrice l’a choisi après l’avoir vu justement dans Les crevettes... Elle le trouvait beau, élégant, et (paradoxalement ?) « très viril », « dégageant une puissance érotique très forte », le tout avec justesse et intelligence.

A l’arrivée, nous avons un « feel good movie ». Bien sûr il apparaitra « cousu de fil blanc » si l’on nous permet ce jeux de mots sur la couture ! C’est que le film donne à voir une histoire de rédemption et de confrontation d’univers dissemblables comme si l’on avait mixé Pretty Woman, Le diable s’habille en Prada,et Finding Forester ! C’est donc un film convenu, sans surprise mais qui devrait plaire à ceux et celles qui aiment les contes qui se terminent bien. Le film offre une belle palette d’expression à ses acteurs et actrices au service de leurs personnages, avec suffisamment de rebondissements, comme autant de pierres d’achoppement dans un intrigue où finalement tout finira bien et où chacun aura grandi, évolué et fait valoir son meileur potentiel, malgré, voire grâce à l’adversité.



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