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CINECURE
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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

Les critiques de Julien Brnl
Halloween
Réalisateur(s) : David Gordon Green
Article mis en ligne le 31 octobre 2018

par Julien Brnl
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La confrontation entre Laurie et Michael Myers est respectueuse, et réjouira les fans de la première heure, tandis qu’elle permettra aux autres s’assister à la (re)naissance d’un classique du cinéma de genre, remise au goût du jour avec une belle dose de nostalgie. On a évité le massacre, et c’est déjà pas mal. 13/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 24 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • onzième film de la saga initiée par John Carpenter en 1978 avec « Halloween » premier du nom, dans lequel « le mal incarné » Michael Myers, jusqu’alors enfermé dans un hôpital psychiatrique pour avoir poignardé il y a quinze ans de cela (à l’âge de six ans) sa sœur, parvenait à s’échapper lors de son transfert pour être jugé. Bien décidé à répandre la terreur, Michael se rendait alors dans sa ville natale d’Haddonfield, avant de s’en prendre à la lycéenne Laurie Strode, tandis que son psychiatre, le docteur Loomis, se lançait à sa poursuite...
  • suite du film original, faisant donc abstraction des autres films, considérant ainsi que Michael Myers a été arrêté à la fin du premier film, et que Laurie n’est donc pas sa sœur ;
  • John Carpenter, âgé maintenant de septante ans, revient ici en tant que conseiller artistique, producteur délégué et compositeur (bien aidé par son fils Cody, et son filleul Daniel Davies) ;
  • le producteur Malek Akkad, dont la société familiale Trancas International Films a produit la saga « Halloween » depuis sa création, soit onze films sur quatre décennies, s’est ici associé à Jason Blum, le producteur prolifique à qui l’on doit les sagas « American Nightmare », « Insidious », ou encore « Split », « Get Out », et même « BlackKklansman » ;
  • première fois que le réalisateur David Gordon Green se lance dans le registre de l’horreur, et davantage du thriller, lui à qui l’on doit des comédies telles que « Délire Express » (2008), « Votre Majesté » (2011) ou encore des films indépendants comme « Joe » (2014) ou « Stronger » (2017) ;
  • tandis que l’actrice Jamie Lee Curtis retrouve son rôle culte de Laurie Strode (l’ayant révélé) pour la cinquième fois, Nick Castle (qui est l’interprète original de Michael Myers) est revenu superviser en coulisse l’acteur et cascadeur James Jude Courtney, qui se cache aujourd’hui derrière le masque, bien qu’il y fasse une apparition toute spéciale...

Résumé : Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween, 40 ans plus tôt.

La critique de Julien

Si on vous disait que l’acteur Jake Gyllenhaal (pourtant non-crédité au générique) est (en partie) à l’origine de cette suite, vous y croiriez ? En effet, filleul de Paul Newman et de l’actrice Jamie Lee Curtis, Jake aurait influencer sa marraine à reprendre le rôle de Laurie Strode suite à son expérience passée aux côtés du réalisateur David Gordon Green sur le tournage du film « Stronger » (sorti chez nous en début d’année), dans lequel il interprétait le sprinter Jeff Bauman qui, lors de l’attentat du marathon de Boston en avril 2013, y a perdu ses deux jambes... Fort et conquis par leur collaboration, ce dernier a alors pousser Jamie Lee Curtis à reprendre son célèbre rôle, elle qui a de plus été séduite par l’approche scénaristique de cette suite au premier film, sorti il y a quarante ans, jour pour jour ! Faites donc un trait sur les épisodes ayant suivi l’original, ainsi que sur le reboot de Rob Zombie en 2007, et laissez place aux retrouvailles en bonne et due forme de Michael Myers et Laurie Strode !

D’emblée, « Halloween » a la volonté de plaire aux aficionados, ainsi qu’aux néophytes, c’est-à-dire la nouvelle génération. Et les uns comme les autres devraient être conquis par ce règlement de comptes, dans lequel un monstre en appel un autre. C’est qu’aujourd’hui, Laurie Strode vit recluse, armée jusqu’au dents afin de se préparer à un éventuel retour de Michael. D’ailleurs, cette dernière n’a pas rendu la vie facile à sa fille, qui à l’âge de douze ans savait déjà se servir d’une arme à feu... En résulte une relation actuellement très tendue entre mère et fille, elle qui refuse que cette dernière voit sa petite-fille, préférant la laisser loin derrière la folie de celle qui est encore traumatisée par l’attaque de la soirée d’Halloween 1978... Et on comprend pourquoi, même si Laurie n’a jamais souhaité se faire soigner, et ainsi vivre une vie normale, entourée de sa famille... Mais finalement, la survivante aura bien eu raison d’avoir rendu la vie dure à sa fille, tout comme d’avoir créé une forteresse barricadée, étant donné que Michael ne mettre pas longtemps à venir frapper à sa porte, ainsi qu’à celles de ses proches, afin de la retrouver...
Aux côtés de Jamie Lee Curtis, une brochette de nouvelles têtes viennent rafraîchir la saga, et cela afin de parler à un jeune public, et d’en préparer évidemment la suite ! Car on se doute bien que tenir un couteau en main risque de donner de folles idées à certain(e)s...

Respectant la trame narrative du premier film, cette suite lui rend un bel hommage, elle qui enchaîne les clins d’œil, sans en faire des copiés-collés faciles. C’est d’ailleurs ce qu’on appréciera le plus dans ce thriller en mode « slasher ». De plus, cet épisode se permet une auto-dérision bienvenue, et quelques répliques très malignes (notamment vis-à-vis des suites et du lien familial effacé), donnant un certain cachet d’efficacité à ces retrouvailles, que les deux personnages principaux attendaient depuis de nombreuses années (et nous aussi).

Mis en scène à l’ancienne avec ses parties de cache-cache meurtrières durant la parade d’Halloween des plus petits dans les rues d’Haddonfield, cette suite ne tarde pas à nous rejouer sa bande-originale ultra attendue, et s’apprécie donc pour le cachet global d’antan qu’on lui retrouve, et qu’on lui a soigneuse posé.

Mais comme de bonnes nouvelles n’arrivent jamais sans de mauvaises, l’écriture de cette suite n’est pas franchement poussée, elle qui s’appuie tout d’abord sur les conséquences à long terme que peuvent avoir des épisodes de terreur sur un tiers (et sa famille), en la personne donc de Laurie Strode. Le problème ici, c’est que les nouveaux personnages ne sont pas assez fouillés pour permettre de s’y attacher et d’approfondir l’impact dévastateur d’une telle rencontre avec le mal. Ainsi, la fille et la belle-fille de Laurie font encore plus pâle figure face au masque de Myers, tandis que les deux enquêteurs chargés d’essayer d’interroger Michael se font zigouiller en moins qu’il n’en faut pour réussir à se souvenir d’eux à la fin du film... Heureusement, Jamie Lee Curtis est en forme, même si on l’a connue moins franchouillarde par le passé...

Après l’introduction, place à la revanche sanglante ! Or, certaines ficelles viennent (trop) faciliter les motivations de Michael Myers, lui qui semble être porté par une puissance surhumaine. On y croit donc moyennement, ainsi qu’à sa vitesse d’exécution pour déplacer les corps. Enfin, ses différents meurtres sont déguisés, et peu impressionnants. À vrai dire, on voit plus de morts après son passage qu’il n’en tue en plein acte. Autant vous dire aussi que le frisson n’est jamais au rendez-vous, tout comme l’imagination... Car finalement, comme le cite l’un des personnages, on a déjà vu pire de nos jours qu’un tueur masqué avec un couteau...



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