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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Stephen Gaghan
Gold
Sortie le 5 avril 2017
Article mis en ligne le 11 mars 2017
dernière modification le 10 avril 2017

par Charles De Clercq
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Gold adapte très librement une histoire vraie. Jusqu’où peut-on aller pour l’or ?
Le film très voire trop classique doit beaucoup à la performance des acteurs.

Synopsis :

1. Kenny Wells (Matthew McConaughey) est un explorateur des temps modernes, magouilleur et rêveur, attendant désespérément que la roue tourne. Dos au mur, Wells fait équipe avec un géologue tout aussi malchanceux pour tenter un dernier coup de poker : trouver de l’or au fin fond de la forêt vierge indonésienne.

2. Kenny Wells est un homme d’affaires pressé de renouer avec le succès. Flanqué de l’aventurier Michael Acosta, il part chercher de l’or dans la jungle indonésienne. Après des mois de déboires, les deux chercheurs d’or contemporains tombent sur ce que personne n’aurait cru possible : le plus grand gisement d’or au monde. Du jour au lendemain, Wells et Acosta deviennent les superstars de Wall Street et le monde les regarde jongler avec les milliards, les femmes et les fêtes. Cette success-story miraculeuse suscite rapidement la méfiance et la jalousie des huiles de Wall Street qui ne rêvent que de se débarrasser de Wells.

Acteurs : Matthew McConaughey, Edgar Ramírez, Bryce Dallas Howard

 Histoire vraie...

Gold est une histoire vraie ou plutôt l’adaptation libre et romancée du scandale de la Mine d’or de Bre-X Busang qui touchait à des manœuvres spéculatives boursières (à Vancouver, dépendant de Toronto au Canada) de la fin des années 1980 et jusqu’aux années 1990. A part ceux qui connaissent cette « affaire » mieux vaut ne pas vous renseigner sur celle-ci pour garder un peu de suspens - rien n’empêche, après avoir vu le film, de prendre connaissance des informations en fin d’articles consacrées aux origines du projet ! C’est en effet le principal attrait du film à la facture très classique. Ce n’est d’ailleurs pas tant celle-ci dont les spectateurs se souviendront que du jeu de certains protagonistes, dont Edgar Ramírez (Michael Acosta) et Matthew McConaughey (Kenny Wells) qui écrasent presque la place et le rôle de Kay, jouée par Bryce Dallas Howard !

 Sans cheveux, avec du bide et du talent

Toutefois c’est Matthew McConaughey qui excelle de plus en plus dans ses rôles en y ajoutant un véritable travail sur le corps. On se souviendra de sa perte de poids spectaculaire pour Dallas Buyers Club... alors qu’ici il a pris une vingtaine de kilos en plus de son poids de forme habituel et essentiellement « dans le bide ». C’est sans compter une calvitie et une dentition propre (!) à effrayer un dentiste. Paradoxalement, l’acteur donne une humanité véritable à cet homme que l’on découvre négligé, braillard, obèse, fumeur et buveur invétéré qui fait fi des conventions sociales, ne prend pas de gants et dit ce qu’il pense. Mais malgré cela, il « y croit », il croit ce qui lui arrive et s’y engage à fond, envers et contre tout et tous, au nom aussi de sa conception de l’amitié tout particulièrement avec Mike Acosta (le Vénézuélien Edgar Ramírez déjà découvert dans Carlos !). L’acteur commente ainsi cette amitié : « Ils deviennent grands amis, même s’ils sont extrêmement différents. Leurs parcours sont profondément dissemblables, mais ils ont tous les deux été mis en cause et rejetés. C’est là-dessus qu’ils se trouvent des points communs. Ils ont les mêmes blessures. Ils ont des origines différentes, mais ils sont très proches l’un de l’autre. Tout est dans le non-dit et relève davantage de l’intuition. Leur complicité grandit à mesure qu’ils se battent, ensemble, pour trouver de l’or ».

 Le rêve américain devient cauchemar

Si, comme écrit ci-dessus, le film est assez classique et est surtout remarquable par le jeu des acteurs principaux, il éclaire la mythologie et la fascination de la quête de l’or. C’est comme si le vieux mythe des fondateurs se faisait moderne, se développant sur deux axes, le premier, celui de la recherche de l’or sur le terrain en plongeant dans les entrailles du sol ou dans les cours d’eau, le deuxième, dans les salles de Bourse, misant sur ce qui fait toujours pétiller les yeux : le jaune des pépites plus encore que le vert des billets ! Gold montre aussi l’actualisation (au sens philosophique) du rêve américain ; en ce sens, il est « typiquement » américain, à la limite de certains clichés - mais classiques et attendus. Mais il est aussi le revers de cette médaille quand le rêve vire au cauchemar ! Ainsi l’anecdote - peut-être totalement inventée - qui veut qu’un riche homme d’affaires se trouve dans un taxi. L’un et l’autre pourraient être président des USA. Mais le businessman et le chauffeur pourraient se voir un jour à la place l’un de l’autre !

 Pour en savoir plus

(extraits du dossier presse)


Aux origines du projet

La crise financière mondiale, qualifiée par beaucoup d’observateurs comme la pire depuis la Grande Dépression, ravageait l’économie. Nous étions en 2008. Des hommes et des femmes se battaient pour ne pas perdre leur emploi ou leur maison.
À Los Angeles, les scénaristes et producteurs Patrick Massett et John Zinman sont tombés sur un article sur le scandale « Bre-X » des années 90 : la société minière canadienne Bre-X Minerals avait annoncé qu’un entrepreneur et un géologue avaient découvert un gigantesque gisement d’or en Indonésie. Si au départ l’entreprise ne valait presque rien, elle fut aussitôt valorisée en Bourse pour plusieurs milliards de dollars.

Les uns et les autres n’avaient plus qu’une seule obsession : l’argent. John Zinman s’en souvient : « Il se passait énormément de choses aux États-Unis entre la crise financière et le mouvement ‘Occupy Wall Street’ qui prenait de l’ampleur en raison des disparités croissantes. Du coup, cette intrigue soulevait la plupart de ces enjeux ».

Les deux scénaristes ont transposé le fait divers dans les années 80, créant au passage le personnage fictif de Kenny Wells, prospecteur originaire de Reno, sa petite amie fidèle Kay, et un géologue intello extrêmement ambitieux du nom de Mike Acosta. « On a proposé le projet à plusieurs structures de production, mais aucune ne s’est montrée intéressée », indique Massett. « Pourtant, on y était très attachés, on y croyait et on s’est dit que le personnage de Kenny Wells était formidable, que l’univers qu’on explorait était fascinant – et qu’on ne l’avait pas vu récemment au cinéma – même si on y retrouve des éléments du TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE. Quoi qu’il en soit, le film évoque un phénomène mondial ».
Plus le temps passait, plus les deux auteurs croyaient à Kenny Wells. « On adore les personnages de losers, qui doivent se battre pour faire leurs preuves et qui ont quelque chose à prouver », souligne Massett. « Kenny est un type haut en couleur et attachant, même s’il a touché le fond ».

Kenny prenait de l’âge sans réussir sa vie. « Quand on arrive à un certain âge », analyse Zinman, « on repense aux hommes qu’on a connus plus jeunes. On repense par exemple à son père, à ses amis et à la conception qu’on a de la réussite aux États-Unis. Car ce père était un homme qui faisait vivre sa famille ».

C’est ainsi qu’en 2009 Massett et Zinman ont écrit GOLD. Le scénario a fini par susciter l’intérêt et par s’inscrire sur la célèbre Liste noire des meilleurs scripts non financés. Plutôt que de céder les droits du scénario au plus offrant, les deux auteurs ont préféré s’associer à une société de production afin de conserver leur droit de regard sur le projet. Inutile de préciser qu’ils recherchaient une structure sensible aux thèmes qui les intéressaient.

« Chacun cherche à se réaliser à un moment ou à un autre de sa vie », constate Zinman. « Le scénario parle d’ambition, de la valeur de chaque être humain et surtout d’amitié. Ces deux types – Kenny Wells et Mike Acosta – ont des désirs communs. Ils aspirent tous les deux à plus de considération. Chacun est sensible à certains traits de personnalité chez l’autre - et même s’il s’agit de duplicité ou d’esprit comploteur, l’amitié est l’enjeu transversal de cette histoire qui touche à tous les autres thèmes ».

« Kay accepte Kenny tel qu’il est, mais Kenny a de l’ambition à revendre », estime Massett. « C’est une obsession qu’on retrouve chez les hommes occidentaux et américains : nos biens matériels et notre statut social sont profondément constitutifs de notre identité ».

« En d’autres termes, le film pose la question de savoir si cela vaut la peine de gagner gros sur un plan matériel au risque d’y perdre son âme », poursuit-il.

« Cette histoire parle aussi de la place qu’on cherche à se faire », ajoute Zinman. « Kenny se dit que si ces connards lui refusent l’accès à leur club, il finira par racheter leur putain de club ! Ce besoin de reconnaissance et de statut social est moteur chez Kenny ».


 Diaporama

copyright des photos Patrick Brown et Atsushi Nishijima

 Bande-annonce


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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