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CINECURE
L’actualité du cinéma

Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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M. Night Shyamalan
Glass
Sortie le 16 janvier 2019
Article mis en ligne le 26 janvier 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • après « Incassable » (2000) et « Split’ (2017), M. Night Shyamalan boucle (enfin) sa trilogie centrée sur ses super-héros avec »Glass« , portant le nom du personnage campé par Samuel L. Jackson (Elijah Price, dit »Mr. Glass"), souffrant de la maladie des os de verre, mais possédant un cerveau en béton, lequel croît dur comme fer qu’il excite des super-héros humains, et que les comics book en étaient des préceptes ;
  • la suite du film « Incassable » devait sortir bien plus tôt, mais les résultats du film au box-office avaient freiné le studio, lequel avait alors refusé. Et puis vint le succès de « Split », où la dernière séquence révélait un lien avec « Incassable », secret qui avait été jusque-là préservé, et lançant ainsi la mise en route d’un cross-over.

Résumé : Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn - l’homme incassable - poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, Elijah Price, le « Bonhomme qui casse », en hôpital psychiatrique depuis 19 ans après avoir commis des attentats pour révéler les pouvoirs de Dunn, attend cet affrontement depuis sa cellule. Cependant, le Dr Ellie Staple veut les réunir pour les libérer de ce qu’elle considère comme un délire et que leurs capacités surhumaines ne sont qu’une illusion...

La critique de Julien

La réunion que nous attendions (tous) entre David Dunn (dit « l’homme incassable »), Kevin Wendell Crumb (dit « la Bête ») et Elijah Price (dit « l’homme qui casse ») est enfin sortie dans nos salles. Et autant dire que la genèse du film a été compliquée pour son réalisateur M. Night Shyamalan, qui grâce aux succès consécutifs de « The Visit » (2015) et « Split » (2017) peut remercier sa bonne étoile, d’autant plus qu’après le triomphe de « Sixième Sens » (1999), sa carrière cinématographique n’a jamais cessé de prendre la pente descendante, outre les grands succès commerciaux de « Signes » (2002) et du « Village » (2004), lesquels ont pourtant été majoritairement détruits par la critique. Réputé pour ses twists finaux, lui qui écrit ses scénarios, le réalisateur nous livre aujourd’hui la conclusion de sa propre trilogie d’intropsection, centrée sur ses caractères perturbés qu’il a créé, eux qui persuadés d’être de véritables super-héros des temps modernes, mais situés à mille lieues de leurs cousins de l’écurie Marvel.

On retrouve alors ici David Dunn (Bruce Willis), l’unique survivant d’un crash ferroviaire survenu vingt ans plus tôt, lequel déploie depuis une force et une résistance incroyables, lesquelles semblent s’être réveillées depuis ce moment, et ayant attiré la curiosité d’Elijah Price (Samuel L. Jackson), un misanthrope d’une intelligence extrême, frappé d’ostéogenèse imparfaite. Ayant comme seul point faible l’eau et la peur de la noyade, David est depuis devenu une sorte de justicier à cape, mais après avoir subi une véritable crise identitaire. Aidé par son fils, David est d’autant plus aujourd’hui à la rechercher de David Wendell Crumb (James McAvoy), un cinglé souffrant d’un trouble dissociatif de la personnalité, résultant d’un traumatisme d’enfance, lequel kidnappe alors de jeunes filles avant de les tuer.

Enfermé dans un hôpital psychiatrique depuis 19 ans pour avoir commis d’horribles sacrifices afin de façonner David (comme nous l’apprenait le dénouement du premier film), Elijah a depuis eu le temps de forger ses opinions, tandis que « l’homme incassable » et « la Bête » finiront par l’y retrouver, selon les volontés du Dr Ellie Staple (Sarah Paulosn), souhaitant tenter une thérapie de trois jours afin de réussir à les libérer de ce qu’elle considère comme un délire, et que leurs capacités surhumaines ne sont en fait qu’illusion. Mais c’est sans compter sur un plan machiavélique qu’Elijah mettra en place à l’arrivée dans l’établissement de ses acolytes, afin de poursuivre son œuvre...

« Glass » termine donc cette saga en poursuivant la question identitaire et en donnant une autre dimension aux codes super-héroïques, tout en tombant dans son propre piège. Même si ce chemin semblait tout tracé à la fin de « Split », M. Night Shyamalan abandonne totalement le thriller pour le fantastique, ce qui a tendance à délaisser la part humaine de ses personnages. Il n’y a qu’à y regarder aussi le nombre insignifiant de dialogues du personnage de Bruce Willis, réduit à de la figuration physique. Quant à l’écriture du personnage de Sarah Paulson, chargé de s’occuper de ces patients particuliers, elle tente de les dissuader de leurs pouvoirs en modifiant toutes leurs interprétations de leurs faits et gestes du passé, sans apporter d’autres éléments de réponse à leur cas. Certes, on comprend son processus de fonctionnement vis-à-vis de ses intentions cachées, mais cela empêche toute profondeur autour de la personnalité de ces trois individus, et pourtant loin d’être les seuls...

On apprécie toujours autant par contre le parallèle établi par M. Night Shyamalan entre l’existence des comics book et leur réalisation en la personne de ces « super-héros ». Mais une fois de plus, le film pêche par son dénouement, lequel était censé être l’apothéose de la série. À la fois frustrant par rapport à tout ce que la saga a construit par rapport à ces personnages, et incohérent concernant l’existence d’une multitude d’autres individus spéciaux rendus visibles, « Glass » laisse dubitatif. D’ailleurs, un patient comme David Wendell Crumb est loin d’être un cas à favoriser, étant donné son penchant pour la tuerie. Imaginez alors que l’on incite d’autres personnalités torturées comme la sienne à sortir de leurs cachettes, et à assumer leurs pouvoirs... Bref, l’écriture manque de subtilité. D’ailleurs, concernant cette fois-ci l’établissement spécialisé dans lequel sont enfermés les personnages, on ne comprend guère comment ces derniers ne sont pas davantage surveillés, étant donné leurs antécédents, et leur importance. De plus, on ne sera jamais par quel tour de passe Elijah Price parvient à s’échapper de sa cellule pour se promener dans les couloirs de l’institut, et ainsi trafiquer son plan, honorable ou non. Quoiqu’il en soit, c’est bien à ce niveau que le film se profite également. Même si elle n’est jamais renversante et souffre de ficelles, la manœuvre mise en place par Elijah Price pour arriver à ses fins fonctionne dans l’absolu, même s’il se verra couper les ailes en plein envol. Quoique...

Si ce n’est Bruce Willis, dont l’écriture est décevante, le reste du casting fait le job. James McAvoy est toujours aussi convaincant dans la peau de son personnage, changeant de personnalités à grande vitesse, mais encore plus lorsque « La Bête » prend possession de son corps, et que la musculature de l’acteur se révèle (on a mal pour son cou et ses épaules). La victime principale de Kevin, Casey (Anya Taylor-Joy), est également de retour, tandis que leur relation prendra une tournure toute autre, elle qui se retrouvera dans l’une des personnalités de Kevin. Elle sera alors l’âme sœur de ce personnage, laquelle le défendra. L’une des plus belles idées du film est d’avoir eu la chance de compter dans sa distribution sur la présence de Spencer Treat Clark, jouant le fils de David Dun, comme dans « Incassable », mais 18 ans plus tard, ainsi que Charlayne Woodard, dans le rôle de la mère de Elijah Price. Ensemble, les trois acteurs interprètent une sorte de testament des trois personnages principaux, dont l’optique est d’alors de perdurer leur empreinte... Quant à Sarah Paulson, c’est véritablement le vilain petit canard de l’histoire, dont le personnage viendra détruite quelque peu le mythe installé.

Avec l’aide de scènes coupées au montage du film « Incassable », force est de constater que M. Night Shyamalan réussit tout de même à recoller les morceaux entre ces films, et offrir un joli travail d’orfèvre, notamment au niveau des liens entre ses protagonistes. D’ailleurs, sa mise en scène est calculée, dans un film qui se tient dans la forme, à défaut du fond.

Bancal, parfois un peu trop bavard pour ne finalement pas aller jusqu’au bout de ses idées, « Glass » n’est pas l’ultime affrontement auquel on s’attendait. Si la réflexion identitaire et celle de notre faculté à réaliser des choses extravagantes par l’utilisation de notre esprit et de notre rapport au corps ne sont pas abouties, le film de M. Night Shyamalan reste un divertissement efficace, qui ose proposer une vision différente du super-héros, tout en reposant cependant sur des lacunes d’écriture (pardonnables), lesquelles éloignent totalement le récit de ses principales intentions.

Lien vers la critique de Cinécure

Diaporama :

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Copyright Universal Pictures / Jessica Kourkounis / The Walt Disney Company France

Bande annonce :

https://www.youtube.com/embed/siJE4oqk7Mw
Glass (2019) - Première bande-annonce (VOST) - YouTube


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