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Les critiques de Julien Brnl
GhostLand - Le Film
Réalisateur(s) : Pascal Laugier
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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Au-delà de la violence du film, le réalisateur parvient à extirper de l’horreur horrifique vécue par l’un de ses personnages, un futur qui s’y accroche directement. Une force, une destinée dont on n’avait plus vu aussi jolie évocation depuis longtemps. Maintenant, une question reste en suspens : pourquoi s’aventurer dans le malsain aussi dérangeant vis-à-vis des deux meurtriers, d’autant plus avec tout ce que l’on voit aujourd’hui ? - 15/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 04 avril 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • seconde fois que le réalisateur Pascal Laugier et la chanteuse Mylène Farmer travaillent ensemble, puisqu’il avait déjà réalisé le clip de son single « City of Love », extrait de l’album « Interstellaires » (2015) ;
  • l’actrice Taylor Hickson (incarnant ici l’une des deux filles de Mylène Farmer) a été victime d’un accident (au visage) sur le tournage du film, pour lequel elle a porté plainte contre la production ;
  • le film rend hommage à l’écrivain H.P. Lovecraft, connu pour ses récits de science-fiction, fantastiques et horrifiques ;
  • Prix du public, Prix du jury Syfy et Grand Prix du Festival international du film fantastique de Gérardmer en 2018.

Résumé : Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.
Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des événements étranges vont alors commencer à se produire…

La critique

Décidément, le cinéma français de genre est en train de vivre de belles heures, après « Grave » (de Julie Ducourneau, 2016), « Revenge » (Coralie Fargeat, toujours en salles) ou encore « La Nuit a Dévoré le Monde » (de Dominique Rocher, tristement inédit chez nous). On sent que l’Hexagone s’ouvre tout doucement à ce style, même si c’est encore loin d’être gagné. Quoi qu’il en soit, c’est avec la qualité de ces derniers, et le talent de ses jeunes réalisateurs, que ce cinéma sera enfin reconnu de tous.

C’est plutôt un habitué dans le genre que l’on retrouve ici aux commandes de ce thriller horrifique, soit le réalisateur français Pascal Laugier, expatrié en Amérique du Nord après avoir été malmené dans son propre pays lors de la sortie du polémique « Martyrs », il y a dix ans, passé à un poil près de l’interdiction au moins de dix-huit ans...

Pour son quatrième film, Laugier dirige la chanteuse Mylène Farmer, qui n’avait plus tourné au cinéma depuis « Giorgino » de Laurent Boutonnat, en 1994.

D’après son propre scénario, Pascal Laugier reste fidèle à ses thèmes de prédilection. En débutant son film par une attaque un peu trop classique où l’on voit une mère et ses deux filles se faire violemment agresser dans leur nouvelle maison (héritée) par deux dégénérés, on ne peut se douter une seule seconde de ce qui va suivre, et d’autant moins du dénouement final, tant l’écriture joue ici sur les faux-semblants, que sur le réel et l’imaginaire. Ainsi, le scénariste nous invite à démêler le vrai du faux, au travers d’une mise en scène savamment réfléchie, où l’on suit les personnages quelques années après les faits, lorsque des événements étranges se produisent lors du retour de l’une des filles dans la maison en question, où vivent toujours sa mère, et sa sœur...

« Ghostland » nous réserve ainsi son lot de surprises scénaristiques, tandis qu’il possède une véritable empreinte visuelle propre à son réalisateur, que l’on retrouve ici partout dans la maison, au niveau des décorations, pour le coup étranges, voire franchement flippantes. On se demande même qui pourrait réussir à dormir dans cette maison, si ce n’est cette famille... En tout cas, si vous avez peur des poupées, passez votre chemin !

Même si le niveau de violence est graduellement en bas de l’échelle par rapport à celui de son « Martyrs », le traitement physique réservé aux trois personnages principaux reste éprouvant, tout comme leur souffrance psychologique se fait ressentir par leur jeu d’interprétation, et un maquillage étonnant. D’ailleurs, par les bonds dans le temps au niveau du scénario, les deux filles Keller ont nécessité la participation de quatre actrices différentes, tandis Mylène Farmer joue la mère (Pauline) durant tout le film. Globalement, le job est bien fait, et l’empathie se fait ressentir.

« Ghostland » n’est donc pas qu’un simple film de genre où l’on s’amuse à faire peur et détruire la vie de pauvres âmes innocentes. Non, loin de là. C’est un genre à part entière, mis au service d’une histoire et mise en abîme ficelée, qui mérite une attention toute particulière lors de sa vision (paroles, images, détails, etc.), étant donné que son créateur balade, avec suspense, le spectateur dans le doute et les apparences, lui a qui revient l’exercice du puzzle.



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