Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Rupert Sanders
Ghost in the Shell
Sortie le 29 mars 2017
Article mis en ligne le 26 mars 2017

par Charles De Clercq
Imprimer logo imprimer

Le film divisera (ou pas ?!?) les fans du manga et du film (anime) de Mamoru Oshii en 1995.
D’autres seront séduits par l’univers, les effets spéciaux, le son et les images, les acteurs...

Synopsis : Dans un futur proche, Le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, Le Major est la seule à pouvoir la combattre.

Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on lui a volé. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Basé sur le Manga japonais de renommée internationale, « The Ghost in the Shell », le film raconte les aventures d’un cyborg féminin qui dirige, avec Daisuke Aramaki, l’unité d’élite de la Section 9 dont le rôle est de protéger le monde des plus grandes menaces technologiques. Ils sont confrontés à un puissant ennemi qui a pour but l’élimination des avancées en cyber technologie de la société Hanka Robotic.

Acteurs : Scarlett Johansson, Michael Pitt, Takeshi Kitano, Michael Wincott, Juliette Binoche, Pilou Asbæk, Kaori Momoi.

NB : Ghost in the Shell a été projeté en avant-première officielle à Paris le mardi 21 mars au Grand Rex, en présence de l’équipe du film, dont Scarlett Johansson, Juliette Binoche, Pilou Asbaek et Michael Pitt et devant un public enthousiaste selon les échos (notamment) de Première.

 Le regard d’un ’newbie’ ?

Que voilà un film qui a suscité de nombreuses attentes et soulevé énormément de polémiques sur les réseaux sociaux notamment. La publication récente de cinq minutes du film sur la Toile (cf. lien dépliable ci-après) a relancé de nombreux débats, posé des questions... auxquelles je ne répondrai pas ici. Dès lors, cette critique sera plutôt celle d’un newbie, un retour d’expérience pour les auditeurs de mon émission et pour les lecteurs de mes critiques. Ni eux - pour la plupart - et, en tout cas, ni moi, ne sommes des « spécialistes » de ce type de cinéma. Ceux qui le souhaitent trouveront aisément matière à débats passionnés sur les sites dédiés après la sortie du film [ainsi sur le site REDDIT (anglais) où les fans trouveront un forum de discussion et un guide de l’univers du manga et de ses adaptations]. Gageons qu’ils y trouveront, le cas échéant, un ring pour débattre voir combattre à la mesure de leurs arguments.

Vidéo : 5 minutes du film en VOST postées sur Youtube pour patienter

https://www.youtube.com/embed/-ET7W_c-fhc
GHOST IN THE SHELL - 5 minutes exclusives du film VOST [au cinéma le 29 Mars 2017] - YouTube

Il me faut préciser que je n’ai jamais lu le manga original. En revanche, j’ai vu, en son temps, l’anime de 1995 (Kôkaku kidôtai) [1], celui de 2004 (Ghost in the shell 2 (innocence) et la série Kôkaku kidôtai : Stand Alone Complex (saison I,II) mais pas Arise. Je n’ai rien revu avant l’adaptation de Rupert Sanders que j’ai découverte dans d’excellentes conditions, en version originale (sous-tirée en français) dans une salle IMAX et en 3D active... en me plaçant dans les premiers rangs, en immersion totale. Et je dois reconnaître (alors même que je suis très rebelle à la 3D) que le film est bluffant et en jette, tant dans les images et le son pour faire entrer le spectateur dans cet univers cyberpunk. J’éviterai d’en exprimer plus sur les personnages et le déploiement de l’intrigue si ce n’est pour préciser le film se déroulait plus ou moins de la même façon que l’anime de 1995 (tout en ayant une chronologie plus linéaire et moins complexe et empruntant également des éléments du 2e volet, Innoncence, comme les Gheisas) qui gardait toutefois un petit plus (en tout cas tel qu’il restait dans mes souvenirs). C’est qu’il y avait surtout ce problème d’un film très blanc ! On parle de white washing ! Un film censé se passer au Japon (même si ce n’est pas clairement indiqué dans le film) avec une actrice principale blanche, Scarlett Johansson, jouant le rôle du Major Motoko Kusanagi (nom que l’on n’apprendra que déjà avancé dans l’intrigue). Le film est donc « parlant anglais »... sauf pour Takeshi Kitano qui interprète Daisuke Aramaki (pour la petite histoire, il y a même 6 secondes de français dans le film !). Kitano n’est pas le seul « non blanc » ! Il y a aussi Yutaka Izumihara dans le rôle de Saito et Lasarus Ratuere dans celui de Ishikawa. ce n’est pas à proprement parler du white washing, mais plutôt une internationalisation (il y a aussi Juliette Binoche, dans le rôle du Dr. Ouelet) pour dépasser le cadre (ou le marché) d’origine. Par ailleurs, au vu de la dernière scène, le film reste ouvert à (ou n’est pas fermé à la possibilité d’) une suite !

Il y aura là matière à de nombreux débats passionnés entre geeks et fans de l’œuvre d’origine et de ses adaptations. Il y aura néanmoins des spectateurs pour qui c’est peu important et d’autres qui découvriront cet univers pour la première fois au cinéma. Et là, pour peu qu’ils aiment ce genre de film, mêlant images de synthèses, effets spéciaux et acteurs en live, ils en auront pour son argent. C’est que Scarlett Johansson habite son corps et qu’il y a quelque chose under the skin si l’on me permet. S’agissant de l’actrice, je poursuis avec les acteurs : si Michael Pitt (Kuze) est quasi méconnaissable, ce sont surtout Pilou Asbæk (Batou) et Takeshi Kitano que l’on remarque dans ce film qui donne l’impression de mixer les aspects et l’univers Matrix (1999) (essentiellement) et un peu du monde des machines de Terminator.

Ghost in the Shell reprend l’univers et l’intrigue du premier anime du nom (1995) avec plusieurs plans et scènes quasi identiques sans être totalement un remake. En effet certains éléments sont différents et que l’on laissera découvrir à ceux qui aimeront comparer les deux films - pour encenser et louer ou faire un (terrible) procès le cas échéant. Cela pourrait inciter l’un ou l’autre à (acquérir les films pour re) visionner le premier film de 1995 (NB : Ghost in the Shell 2 : Innocence n’est pas une suite à strictement parler, mais se situe dans le même univers).

 Anime vs live !

Le soir même de la vision de presse et faisant suite à quelques échanges sur Facebook avec des « spécialistes » des animes, il ne me restait qu’à revoir Ghost in the Shell, réalisé par Mamoru Oshii en 1995. La comparaison était intéressante et pas si cruelle que cela, en tout cas pas dans le sens que je craignais. Premiers constats, déjà signalés : il y a de nombreux plans et scènes quasi à l’identique et ils sont biens réalisés. La comparaison avec Matrix (1999, deux ans plus tard) peut déjà être faite dans l’anime (notamment les chiffres qui défilent à l’écran). Toutefois si l’anime est séduisant et novateur, tant par le fait qu’il soit destiné à un public adulte que par les questions « philosophiques » soulevées, il m’a déçu au plan technique car la version DVD que je possède ne rend pas bien sur un très grand écran en vidéoprojection ! Alors que la version Imax 3D du remake live était plus que bluffante, sidérante, décoiffante. Pour la vision de l’anime, j’ai testé les versions originale et anglaise et même française (et qui permet de constater que la traduction était assez fidèle) pour revenir à la VO. Il me faudrait voir ce que cela donne en Blu-Ray, car, en l’état, riche de l’expérience cinématographique du matin et malgré la qualité de fond du film original, ce dernier paraissait plus pauvre par rapport au nouveau...

Mise à jour : Un ami a mis à ma disposition, pour tester sur mon installation, le BR de l’anime de 1995, sorti il y a quelques jours en version remastérisée HD [2]. Pour cette version en haute définition toutes les réserves émises ci-devant sont éliminées. L’anime tient la dragée haute au film qui, toutefois, est loin de démériter (essentiellement pour ceux qui sont novices et tout particulièrement en IMAX 3D). On joue cependant dans des univers totalement différents et si je devais coter l’anime selon les critères du site cinécure, nous sommes à 85/100, alors que celle de 75 pour ce « remake » concerne la version IMAX 3D [3] !

 A l’origine :

 Diaporama

 Bande-annonce

Notes :

[1Synopsis de l’époque : ’In a world where the human mind can be programmed like a computer, at what point does the human soul end / and the cybernetic machinery begin ?’ Une combinaison à ne pas manquer : un des mangas les plus inventifs des années ’90 dans le décor moderniste du quartier Nord, Ghost in the Shell. L’action se déroule en l’an 2029 dans un Hong-Kong futuriste. La frontière entre la réalité virtuelle et le monde réel sont complètement flous. L’intelligence artificielle est très développée, une multitude d’hommes et de femmes ont fait implanter des interfaces dans leur cerveaux leur permettant d’interagir avec le paysage informatique. ’Ghost in the Shell’ mêle l’animation de Patlabor (Mamoru Oshii) au scénario ingénieux de Masamune Shirow. Les images combinent le multimédia et l’animation avec une force impressionnante. Le résultat prouve que le dessin animé ne doit pas forcément être la copie d’un film ’traditionnel’ pour émettre un constat fort. La sublime bande originale de Kenji Kawai rend ’Ghost in th Shell’ encore plus prenant. Une histoire affreusement réelle et non moins aliénante. Hong-Kong a donné un leçon de cinéma aux réalisateurs de ’Matrix’, qui ont d’ailleurs été de bons élèves !

[2(disponible depuis le 15/3 chez Amazon, notamment)

[3Il est donc possible qu’une projection classique, sans ces enrichissements techniques incontestables, amène une cote aux alentours de 65


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

Mots-clés associés

Au hasard...

0 | 10 | 20 | 30

Live by Night (Ils vivent la nuit)
le 14 janvier 2017
Il a déjà tes yeux
le 3 octobre 2016
National Gallery
le 10 décembre 2014
Ballerina
le 30 novembre 2016
Seuls
le 28 janvier 2017
A Cure for Wellness (A Cure for Life)
le 12 février 2017
Kimi no na wa (Your Name)
le 2 mars 2017
Corporate
le 6 mai 2017
Bully
le 1er septembre 2014
Le septième fils (Seventh Soon)
le 6 février 2015


pucePlan du site puceEspace rédacteurs puce

RSS

2014-2017 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.2