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CINECURE
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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

David Yates
Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald
Sortie le 14 novembre 2018
Article mis en ligne le 10 novembre 2018
dernière modification le 21 novembre 2018

par Charles De Clercq
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’Il n’y a pas de créatures étranges, il n’y a que des gens bornés !’
Pour peu que l’on joue le jeu, croie en cet univers et qu’on se laisse émerveiller afin de (re)trouver une âme d’enfant, le film, enchanté par ses interprètes, devient enchanteur grâce à la magie des effets spéciaux. 85/100

Synopsis : 1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L’aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais.

Acteurs : Eddie Redmayne, Johnny Depp, Ezra Miller, Zoë Kravitz, Jude Law, Katherine Waterston, Ólafur Darri Ólafsson, Kevin Guthrie, Dan Fogler, Callum Turner.

Autant préciser de suite que nous ne faisons pas partie du fan club d’Harry Potter et de l’univers de ce « sorcier ». Non que nous n’aimions pas mais que nous sortons de notre zone de compétence. Dès lors, il se trouvera des fans (geek ou pas) qui analyseront ce nouvel univers, ou se bestiaire, pour juger, jauger, comparer, dénigrer éventuellement par rapport aux « sources ».

Notre propos n’est pas là, du tout. De suite, il faut quand même bien admettre qu’il s’agit d’un univers de fiction auquel la conceptrice a donné vie, en livres et à l’écran. C’est donc de la pure création et peu nous chaut que les règles de ce monde de sorciers soient respectées ou pas. Que l’on apporte de nouveaux personnages, qu’il y ait des incohérences. Nous ne sommes pas dupes. Pour certains voire une majorité des intervenants de cette chaine qui conduit de l’idée à la concrétisation, il y a d’abord une question d’argent et de rentabilité. Et donc oui, faire une saga de cinq films sur une donnée assez mineure de l’univers d’origine, à savoir broder et broder encore sur un bestiaire fantastique, c’est avant tout une question de pognon, de rentabilité et de faire casquer les spectateurs et/ou fans ! A part cela, est-ce « utile » ? Est-ce que cela va améliorer le monde ? Est-ce que cela va apporter quelque chose de neuf au cinéma ? Non. Voilà, c’est écrit. Mais, il faut, dans la foulée, écrire tout aussi vite que le film nous a plu et que nous avons joué le jeu. A fond ! Complètement. Tout comme ce fut le cas pour Fantastic Beasts and Where to Find Them (Les animaux fantastiques).

C’est que laissant tomber la rationalité (mais peut-on revendiquer la rationalité, s’agissant d’un univers où les règles sont celles de la sorcellerie ?), le spectateur peut se laisser séduire par un monde magique et s’en prendre plein les mirettes. A part peut-être les premières images, confuses et sombre, nous découvrons une amplification du monde « animal » du premier volet pour découvrir de nouveaux « animaux fantastiques » tout en déplaçant l’action à Londres et Paris et en proposant de découvrir Poudlard... soixante-cinq ans avant Harry Potter ! Acceptant alors les règles du jeu, le spectateur pourra (re)découvrir certains personnages de l’univers et d’autres dont on vous laisse la surprise (d’autant que cela commence à discuter ferme sur les forums, notamment - mais pas que - l’apparition d’un certain Aurelius - quesako ? Allez voir le film !).

De façon générale, les acteurs sont au service de l’intrigue arrivent à mettre leurs caractéristiques d’acting en adéquation avec les personnages qu’ils incarnent. A commencer par Eddie Redmayne (Norbert Dragonneau et dommage que l’on lise ce nom dans les sous-titres français alors que l’on entend « Newt » !) qui est, osons « fabuleux » dans ce rôle où son intériorité fait merveille. La surprise, c’est ici Jude Law qui donne corps à Albus Dumbledore, tout en laissant planer, l’air de rien, l’ambiguïté sur sa relation avec Gellert Grindelwald, laissant là aussi place aux nombreuses discussions entre fans sur l’homosexualité d’Aldus Dumbledore. C’est en tout cas situé dans une zone frontière où ceux qui y croient seront confortés (et l’inverse également). L’on peut d’ailleurs comprendre que, s’agissant d’un film « tous publics », tout comme Bohemian Rhapsody l’on n’aille pas plus loin, surtout en ces temps du « penser politiquement correct » à cause des censeurs de mouvements réactionnaires et homophobes. Quant à Gellert Grindelwald, justement, ce sera l’occasion pour Johnny Depp de déployer ses talents et, toutes proportions gardées, son attitude ambivalente, sa noirceur sous sa chevelure blonde nous ont renvoyé à Raoul Siva (Tiago Rodriguez, interprété par Javier Bardem de Sam Mendes dans Skyfall en 2012). Il ne faut pas oublier non plus l’excellent Ezra Miller (l’acteur, qui bouscule - littéralement - les genres en se revendiquant et s’identifiant queer, était transcendant dans We Need to Talk About Kevin ou The Perks of Being a Wallflower) !

Si l’on est surpris de l’apparition de Dan Fogler (Jacob Kowalski, qui avait été « oublietté » dans le premier volet) et le tour de passe passe (oui, c’est de la magie !) des scénaristes pour l’intégrer ici, on le sera beaucoup moins de la présence de Zoë Kravitz, dans le rôle de Leta Lestrange.Tout comme l’intrigue va se donner les moyens d’intégrer l’alchimiste Nicolas Flamel, joué par Brontis Jodorowsky (le fils du réalisateur Alejandro !) Autre surprise, la découverte que Norbert a un frère, Thésée (l’acteur Callum Turner que l’on avait découvert en 2014 dans Queen and Country...

Le film, ainsi enchanté par ses interprètes, devient enchanteur grâce à la... magie des effets spéciaux. Pour peu que l’on accepte de jouer le jeu, de croire en cet univers, de se laisser émerveiller, de (re)trouver une âme d’enfant, sans se laisser influencer par les ondes négatives et maléfiques de geek ou de fans déçus, vous passerez agréablement deux heures quinze dans la salle de cinéma. Le tout est d’y croire. N’est-ce pas... Croyance... qui est ici en jeu et l’enjeu de cette saga !

Lien vers la critique de Julien


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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