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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Baltasar Kormákur (2015)
Everest
Sortie le 23 septembre 2015
Article mis en ligne le 3 septembre 2015
dernière modification le 8 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Le récit d’une désastreuse tentative d’ascension de la plus haute montagne du monde. Deux expéditions distinctes sont confrontées à l’une des plus violentes tempêtes de neige de l’histoire. Luttant contre l’extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l’épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

Acteurs : Jake Gyllenhaal, Josh Brolin, Emily Watson, Michael Kelly, Jason Clarke, John Hawkes, Martin Henderson, Robin Wright, Sam Worthington, Keira Knightley.

Exceptionnellement, je décompose ma note :

  • Images : 8/10
  • Son : 7/10
  • Scénario : 3/10 (une histoire « vraie » ne fait pas nécessairement une bonne histoire)

Everest a fait l’ouverture du Festival de Venise (lien vers les photos de l’équipe) et celle du Festival du Film américain de Deauville (du 4 au 13 septembre).

 Une histoire vraie, un livre, un téléfilm...

A la base du film, un livre autobiographique Into Thin Air : A Personal Account of the Mt. Everest Disaster (Tragédie à l’Everest) écrit par Jon Krakauer et qui relate une expédition mortelle en 1996 au cours de laquelle huit personnes sont décédées le même jour. Ce livre a fait l’objet de controverses [1] et avait déjà été adapté en 1997 au cinéma ou plus exactement pour la télévision par Robert Markowitz dans Into Thin Air : Death on Everest (Mort sur le toit du monde).

 ... et un film

Presque vingt ans après les événements, Baltasar Kormákur [2] nous propose une adaptation vertigineuse en immersion totale. Nous avons vu le film en 3D active et en Laser Ultra et bien que je sois rebelle à la 3D il faut reconnaître que pour le cas présent la technique active est au service de l’image et du récit [3]. Ajoutons à cela une brochette d’acteurs de haut (!) vol dont certains ont des rôles très physiques en particulier Jake Gyllenhaal et Sam Worthington qui nous y avaient déjà habitués dans des rôles précédents : Le Choc des Titans pour le premier ou, pour le deuxième : Jarhead - la fin de l’innocence, Prince of Persia : les sables du temps (que l’on peut oublier !) et dernièrement La Rage au ventre.

 La mort en descendant du toit du monde !

Ce ne sera pas spoiler que de dire qu’il y aura des morts, beaucoup de morts ! L’histoire est connue et ce n’est pas trahir le récit que de déjà savoir que cela va très mal se terminer. En revanche, je vais laisser un peu de place au suspens en ne révélant pas qui survivra de cette expérience véritablement inhumaine où l’homme tente d’accéder aux hauteurs où ne circulent habituellement que des Boeing 747 ! Nous sommes sur le toit du monde et ceux et celles qui sont sujets au vertige seront happés, véritablement, par les images qui laissent loin derrière elles des films comme Cliffhanger (1993) ou Vertical Limit (2001).

 La critique

Pour le film en lui-même, il faut distinguer les images de montagnes, de « l’Everest » qui sont tout bonnement spectaculaires. On ne remarque pas vraiment les effets spéciaux, mais on se rend compte que quelques scènes en gros plans ont été filmées en studio et on devine donc que les quelques mètres à l’avant-plan sont tournés avec un fond vert [4] ; en revanche, d’autres scènes étaient tournées à 4870 m d’altitude, ce qui donnait aux comédiens le sentiment particulièrement réaliste des dangers qui guettent à ces hauteurs. Reste l’intrigue qui est de type « survival » et même si l’histoire est vraie, nous restons dans les sentiers battus des récits analogues. Les acteurs semblent investis dans leurs rôles et, paradoxalement, les scènes censées apporter de l’émotion, notamment les appels téléphoniques par satellite avec une épouse restée au pays, viennent casser le rythme de la narration et la densité des épreuves subies par les alpinistes. Enfin, on se rend bien compte de l’importance de l’oxygène, mais il y a certaines scènes où il faudrait avoir le masque (notamment sur le « toit du monde »)... que ne portent pas les acteurs, pour, je suppose, rendre plus visibles les émotions sur les visages au risque de perdre un peu de vraisemblance. Il n’empêche que les images sont spectaculaires et qu’elles illustrent un récit qui nous permet de découvrir l’humain conquérant... qui doit parfois reconnaître sa fragilité face à la nature, ici la montagne et les éléments. Le film nous fait découvrir l’hostilité et le caractère inhospitalier des lieux et l’on se rend compte que le tournage n’a pas dû être évident ni pour les acteurs ni pour l’équipe.

NB : Nicolas Gilson - qui a vu le film à l’ouverture de la Mostra de Venise - est plus sévère que moi. Je partage notamment son point de vue sur le fait que le film ne suscite paradoxalement aucune empathie par rapport aux différents protagonistes !

 Bande-annonce :



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