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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Pierre Godeau
Eperdument
Sortie le 16 mars 2016
Article mis en ligne le 16 février 2016
dernière modification le 23 mars 2016

par Charles De Clercq
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Une histoire vraie dont la transcription au cinéma manque de réalisme. 53/100

Synopsis : Un homme, une femme. Un directeur de prison, sa détenue. Un amour impossible.

Acteurs : Adèle Exarchopoulos, Guillaume Gallienne, Suzanne Clément, Marie Rivière.

Il s’agit de l’adaptation du roman de Florent Gonçalvez, présenté comme suit par l’éditeur : « Début 2011, Florent Gonçalves, directeur modèle de la prison de Versailles, était arrêté pour avoir entretenu une liaison avec l’une de ses détenues, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait de la jeune femme qui avait servi d’ »appât« dans l’affaire du gang des barbares. Les médias se déchaînèrent, les colonnes des journaux s’emplirent d’accusations et d’insinuations : l’homme bénéficiait d’un »système« , la fille l’avait »manipulé« . Or tout était faux : chassé de l’administration pénitentiaire, lâché par sa famille, poursuivi en justice, Florent Gonçalves avait tout perdu, y compris son honneur, pour la plus inexcusable et la plus belle des fautes : l’amour d’une femme... Aujourd’hui, Florent Gonçalves a décidé de rétablir la réalité des faits en livrant dans ce témoignage, qui paraîtra au moment où s’ouvrira son procès, sa part de vérité. »

Sur papier, tout cela était prometteur et l’on ne peut qu’adhérer au projet de transposer ce roman/histoire vraie au cinéma. C’est qu’outre le duo formé par les personnages principaux, il y avait un tiers externe, la prison, dans laquelle tous deux sont enfermés. Le hasard fait que j’avais revu quelques jours auparavant La vie d’Adèle et que je suis dit à plusieurs reprises qu’Adèle Exarchopoulos montrait quasiment son corps nu que dans le film d’Abdellatif Kechiche !

Histoire vraie donc, qui s’inscrit dans le cadre de la dramatique affaire du gang des barbares à laquelle on ne fait pas allusion dans le film qui se concentre uniquement sur la relation amoureuse entre cette détenue et le directeur de la prison.

Le réalisateur s’est documenté et a travaillé avec quelques actrices non professionnelles et des détenues : « Chaque vendredi après-midi, pendant quatre mois, on a coanimé des ateliers avec des détenues à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis. Nous réunissions une quinzaine de détenues dans une salle et leur projetions des scènes de films que nous aimions particulièrement. Nous les leur faisions ensuite rejouer entre elles ou avec Adèle. Je les filmais et, la semaine suivante, je leur montrais leur travail ».

Une partie du film a été tournée à la Santé et pour Guillaume Galienne, c’était « assez curieux parce que la lumière - qui vient du haut, dans les galeries - et les lieux sont tout le temps identiques : des cellules peu éclairées, toutes semblables, des couloirs sans fin….. Cela crée une élasticité du temps et de l’espace très particuliers qui font perdre tout repère temporaire. Le départ et le retour d’une centaine de détenus en semi-liberté, qui continuaient d’y dormir malgré les travaux, ajoutaient encore à cette sensation d’étrangeté. ».

Malheureusement, malgré cet enracinement dans le vrai, le film manquait cruellement de crédibilité. Difficile de croire à l’histoire telle qu’elle était racontée ! A moins que les prisons françaises soient totalement différentes des belges que j’ai fréquentées lorsque j’étais officier de police judiciaire, le scénario ne nous semblait pas tenir la route. Soit l’adaptation est à ce point romancée et mise sur la relation amoureuse en se détachant des contraintes liées à une prison au point de manquer au critère de vraisemblance, soit, les situations correspondent vraiment à la réalité... mais les acteurs et/ou réalisateur, scénariste ne sont pas arrivés à faire passer le message (sans compter les scènes oniriques qui ne nous ont pas convaincu).

Pour ne pas se contenter de ma critique probablement trop partiale, voici le lien vers le regard jeté par Ursula Michel sur le site Critikat - que nous rejoignons mais aussi un autre, moins négatif, celui de Frédéric Mignard sur A voir A lire.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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