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CINECURE
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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Gustave Kervern et Benoît Delépine
En Même Temps
Sortie du film le 06 avril 2022
Article mis en ligne le 7 avril 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie

Durée : 106’

Acteurs : Vincent Macaigne, Jonathan Cohen, India Hair, Jehnny Beth, Yolande Moreau, François Damiens, Thomas VDB, Laetitia Dosch...

Synopsis :
A la veille d’un vote pour entériner la construction d’un parc de loisirs à la place d’une forêt primaire, un maire de droite décomplexée essaye de corrompre son confrère écologiste. Mais ils se font piéger par un groupe de jeunes activistes féministes qui réussit à les coller ensemble. Une folle nuit commence alors pour les deux hommes, unis contre leur gré.

La critique de Julien

Avec leur précédente et irrésistible tragicomédie « Effacer l’Historique » (2020), le tandem Delépine/Kervern parvenait, avec un certain flair et beaucoup d’autodérision, à mettre en lumière le portrait drôlement enjoué de laissés-pour-compte, aussi maladroits que désabusés, face aux absurdités technologiques aberrantes de notre époque, ainsi que les dérives de l’Internet, à l’heure où l’individualisme gagne les refuges au profit de la numérisation. À la veille des élections présidentielles françaises, le duo revient aujourd’hui à point nommé avec « En Même Temps » (d’après l’expression devenue notable par l’usage qu’en a fait Emmanuel Macron), lequel devait initialement s’appeler « Union Nationale », bien que ses réalisateurs aient choisi un titre moins martial, eux qui mettent ici en scène une histoire pour le moins originale, voire un peu trop, puisque deux maires, aux idées politiques opposées, vont s’y retrouver littéralement liés...

Il y a d’abord Pascal Molitor (Vincent Macaigne), un maire de gauche écologiste pas très marrant, angoissé, ni aimé, lui qui croit tout ce qu’il dit, bien qu’il ne soit écouté par personne. Puis il y a Didier Bequet (Jonathan Cohen), prototype absolu d’un mec d’extrême droite, lui qui est un maire macho, opportuniste, homophobe, entourloupant les électeurs en allant dans leur sens, eux qui le prennent ainsi au sérieux, étant donné son air affirmé et plus autoritaire. Ce dernier tentera alors de corrompre le premier, au cours d’une soirée arrosée, afin de le faire chanter et ainsi parvenir à ses fins, soit de réussir à construire un parc de loisirs à l’endroit où se trouve une forêt primaire. Mais leur rencontre avec une activiste féministe sous couverture dans un bar à hôtesses appelé « le FMI », et issue d’un groupe appelé les « colle-girls » (joli jeu de mots), les mettra dans une situation très inconfortable, ce qui les mènera dans des situations d’autant plus improbables, le temps d’une nuit pas comme les autres...

Même si leur comédie dézingue avec amusement et à tout-va les vices du monde politique et leurs beaux discours prémâchés, tout en rendant compte, mais de manière inégale, de l’urgence de l’écologie et de la nécessité de parler du féminisme, Gustave Kervern et Benoît Delépine tournent rapidement en rond avec « En Même Temps », en plus d’enchaîner des répliques lourdingues, poussives, et sans finesse. Mais surtout, les deux personnages principaux, joués sans demi-mesure et en totale transparence par Vincent Macaigne et Jonathan Coen, sont finalement très caricaturaux dans leurs attitudes et dans leurs façons de penser. On a dès lors l’impression d’assister à une trop longue caméra cachée, qui manque de « barres » (vous comprendrez la référence si vous allez le voir). Aussi, une fois que les deux zigotos en question se retrouvent, non pas pieds et mains liés, mais bien le postérieur du premier collé au pénis du second, cette comédie s’amuse à les confronter à des rencontres aussi invraisemblables que la situation dans laquelle ils se sont fourrés. Sauf que seuls ses metteurs en scène semblent pleinement se marrer de ces péripéties, malheureusement trop grotesques pour engendrer autre chose que de la gêne. Heureusement, India Hair et ses copines (Jehnny Beth et Doully) apportent un grain de folie à cette virée nocturne, que l’on reconnaît farfelue, à défaut de vite s’épuiser, elles qui dénoncent également le patriarcat, quant à lui bien visible dans l’espace public, ce qu’elles ne manqueront pas de détourner avec beaucoup d’imagination et d’actualité, et un sens inné du « girl power ».



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