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Cédric Klapisch
En Corps
Sortie du film le 30 mars 2022
Article mis en ligne le 11 mai 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie dramatique

Durée : 120’

Acteurs : Marion Barbeau, Hofesh Shechter, Denis Podalydès, Muriel Robin, Pio Marmaï, François Civil, Souheila Yacoub, Damien Chapelle, Alexia Giordano...

Synopsis :
Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Elle se blesse pendant un spectacle et apprend qu’elle ne pourra plus danser. Dès lors sa vie va être bouleversée, Elise va devoir apprendre à se réparer... Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, Elise va se rapprocher d’une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre.

La critique de Julien

Après avoir notamment signé en 2010 le documentaire « Aurélie Dupont, l’espace d’un instant », consacré à la danseuse étoile du ballet de l’Opéra national de Paris, le cinéaste français Cédric Klapisch n’a depuis jamais cessé de s’intéresser à la danse. Ce dernier a d’ailleurs fait des captations pour l’Opéra de Paris, dont celle d’une soirée intitulée « Quatre danseurs contemporains » (2018), où il a fait la connaissance du danseur et chorégraphe israélien Hofesh Shechter, avec lequel il a vite sympathisé. De son envie de réaliser une fiction sur le sujet, de son expérience et de ses rencontres avec des danseurs de l’Opéra, pour lesquels il a même monté un film collectif de quatre minutes durant le confinement, ainsi que sous l’impulsion de son producteur Bruno Lévy, Cédric Klapisch a réalisé le film « En Corps », bien aidé dans la tâche d’écriture par son fidèle complice Santiago Amigorena. Et force est de constater que le réalisateur a bien fait de se lancer dans cette aventure, étant donné qu’elle lui a permis de renouer avec le succès public, étant donné que son film a déjà largement dépassé le million d’entrées en France, ce que le metteur en scène n’avait plus connu depuis la sortie de « Casse-tête chinois », en 2013.

Entrez donc dans la danse de cette comédie dramatique, où la première danseuse du ballet de l’Opéra de Paris (depuis novembre 2018), Marion Barbeau, interprète Élise, une talentueuse danseuse de ballet, âgée de 26 ans, laquelle a dédié sa vie à cette discipline, qu’elle a découvert très jeune par sa maman, aujourd’hui décédée. Mais à la suite d’un choc émotionnel, elle sera aussitôt victime d’une terrible chute en pleine représentation, ce qui viendra alors remettre en question tout ce qu’elle avait jusque-là construit, apprenant ainsi qu’elle ne pourra peut-être plus exercer son art. Pas d’autre choix pour elle que de se reconstruire une nouvelle vie. Mais au fil des rencontres, la demoiselle, voyageant de Paris à la Bretagne, intégrera une troupe de danse contemporaine, dirigée par Hofesh Shechter lui-même. Cerise sur le gâteau, l’artiste a également composé la musique du film, elle qui reprend en partie celle de son spectacle « Political mother : The Choregrapher’s Cut » (2011), tandis que l’une de ses chorégraphies a également été reprise pour la principale du film.

Autant dire que « En Corps » n’est pas un film très original, lui qui joue en terrain connu. Mais le film de Cédric Klapisch est sans nul doute l’un de ses plus lumineux, positifs, lequel embrasse sans cesse la vie, tout en étant porté par un casting extrêmement généreux. De la spontanéité de Marion Barbeau, aux seconds rôles composés par les désormais acteurs fétiches du réalisateur (que sont Pio Marmaï et François Civil), mais également de la révélation explosive de Souheila Yacoub (quel tempérament !), en passant par la présence de Muriel Robin, le casting de son film le promène sur les chemins d’un feel-good movie, certes parfois cliché, mais qui fait du bien au moral. « En Corps » n’en demande ainsi pas trop au spectateur, devinant d’ailleurs aisément les tenants et aboutissants de l’histoire, où il est question de résilience, d’écoute de son corps, de confiance - retrouvée - en soi, de réinvention, mais également du relationnel (relation père-fille, tumultes, papillons et passion nés de liaisons amoureuses), le tout inscrit dans un récit à la construction narrative très classique, et donc ici sans surprise. Cependant, « En Corps » possède un argument de taille, soit celui de l’authenticité et de la maîtrise de son sujet, à savoir la danse, lui qui propose d’ailleurs une époustouflante scène d’ouverture (ainsi que son générique), filmée à l’Opéra, ainsi que quelques envolées et chorégraphies de groupe, traduisant une énergie collective réparatrice, épousant alors les corps, et leurs mouvements. Bref, on serait presque amener à en redemander, encore...



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