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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Nicole Palo
Emma Peeters
Sortie le 17 avril 2019
Article mis en ligne le 3 mai 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • seconde réalisation de la cinéaste belge Nicole Palo après « Get Born » (2008) ;
  • co-production avec le Canada, faute d’avoir trouvé de financement en France - certainement à cause du sujet tabou du film, comme des attentats survenus à Paris au moment où la demande a été faite...

Résumé : Emma Peeters va avoir 35 ans. Après des années de galère à Paris à essayer de devenir actrice, elle décide de se suicider pour réussir quelque chose dans sa vie. Elle fixe la date à la semaine suivante, le jour de son anniversaire. Pour le meilleur et pour le pire, elle rencontre Alex Bodart, un employé de pompes funèbres un peu bizarre qui va proposer de l’aider...

La critique de Julien

Nicole Palo nous revient enfin avec un second film, né d’un long processus de création. Frustrée par ces dix dernières années où tout ce qu’elle entreprenait « était voué à l’échec », elle signe aujourd’hui « Emma Peeters », dans lequel il est question d’une femme de 35 ans qui décide, à force de galérer dans sa vie, de tout envoyer en l’air, et d’organiser son propre suicide. Déterminée dans sa mission, et idéaliste sur les bords, la demoiselle fera alors la rencontre d’Alex, un employé de pompes funèbres atypique, lequel l’aidera à réaliser sa « todo list » des dernières choses à faire avant de passer à l’acte...

Quel drôle de corbeau que cet « Emma Peeters » ! Pas évident en effet de traiter du thème du suicide sous forme d’une comédie, mais heureusement aussi romantique. C’est d’ailleurs le ton du film qui déstabilise le spectateur au départ, étant donné que l’on ne sait pas trop comment réagir face à la personnalité de cette femme, et ce qui lui arrive. En soi, le film est un ovni du genre, étant donné qu’on n’avait jamais vu une rencontre aussi originale au cinéma, et de plus dans une telle situation. Il est vrai qu’imaginer une idylle naissante entre femme au suicide organisé et un employé de pompes funèbres n’est pas commun ! Tandis qu’il commence par nous présenter la personnalité d’Emma et son quotidien qui va la pousser à agir de la sorte, le film s’évade ensuite vers les préparatifs de ses propres funérailles, organisées avec l’aide de son vendeur de cercueils, lesquels vont peu à peu tomber amoureux ! Se voilant cependant la face sur leurs sentiments mutuels, ils joueront au jeu du chat et de la souris, en tentant de mener à bien les volontés de la demoiselle, vendeuse du mois dans une grande chaîne d’électroménager, à défaut de réaliser son rêve d’actrice...

C’est Monia Chokri (notamment vue dans « Les Amours Imaginaires » de Xavier Dolan) qui prête ses traits à ce personnage haut en couleur, alors persuadé des bienfaits de la mort pour sa vie. Et autant dire qu’il en faut du caractère pour pouvoir camper sur de telles positions ! Malheureusement, si l’actrice parvient à véhiculer la dépression sous un angle humoristique, son côté réservé, ainsi que la tonalité entre deux chaises de l’histoire, ne permet pas d’empathie envers son personnage, tout comme on ne parvient pas à être touché par cette romance quelque peu prévisible, une fois introduite. Face à elle, on retrouve l’acteur français Fabrice Adde (notamment vu dans « Eldorado » de Bouli Lanners), dans un rôle qui lui colle également assez bien à la peau, que ça soit pour son physique élancé que pour sa personnalité maladroitement intrusive...

« Emma Peeters » n’est certainement pas un grand film. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil du côté du scénario, qui supporte assez mal cette histoire de suicide arrangé sur la durée, étant donné la place prise par les sentiments amoureux et le manque de dialogues relatifs aux non-dits entre les personnages. Aussi, la mise en scène manque sans doute de piments, malgré le parti-pris de parler du suicide au second degré. Car ça reste globalement gentillet, et poétiquement doux-amer. Qu’à cela ne tienne, le film ose, et sort des sentiers battus de la comédie au large sens du terme. Après tout, c’est du cinéma belge !



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