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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Michael Engler
Downton Abbey
Sortie du film le 25 septembre 2019
Article mis en ligne le 2 octobre 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation cinématographique de la série britannique éponyme couronnée par 3 Golden Globes, 15 Primetime Emmy Awards, ou encore d’un BAFTA, tandis que la série compte 6 saisons, diffusées entre 2011 et 2016 ;
  • réalisé par Michael Engler, qui avait dirigé plusieurs épisodes de la série, tandis que le scénario est signé par le créateur de la série, Julian Fellowes, qui co-produit également le film, lesquels sont rejoints à la production déléguée par Brian Percival, le réalisateur du pilote, et Nigel Marchant, le producteur délégué de la série originale.

Résumé : Les Crawley et leur personnel intrépide se préparent à vivre l’événement le plus important de leur vie : une visite du roi et de la reine d’Angleterre. Cette venue ne tardera pas à déclencher scandales, intrigues amoureuses et manigances qui pèseront sur l’avenir même de Downton.

La critique de Julien

Attendu par des millions de fans à travers le monde, l’adaptation de la série « Downton Abbey », ou plutôt devrait-on dire la suite cinématographique de cette série, débarque enfin dans les salles de cinéma, mettant toujours en vedette la vie des Crawley, une famille aristocratique anglaise fictive, et de leurs domestiques, dans un petit château anglais entouré d’un domaine rural, situé dans le Yorkshire, en Angleterre. Alors que l’intrigue de la première saison débutait à la date du 15 avril 1912 (correspondant au jour du naufrage du Titanic) pour s’achever après six saisons (et 52 épisodes) à la date du 1er janvier 1926, la série « Downton Abbey », après avoir planté le décor, décrivait comment l’Histoire avait impacté cette famille et leurs domestiques au fil des années, soit de la Première Guerre mondiale aux changements progressifs de la société anglaise d’après guerre, en passant par la liberté de la femme, mais aussi l’évolution de la technologie, des mœurs et codes sociaux, sans oublier la question de la durabilité et de la légitimité de la vie luxueuse menée autrefois par les demeures aristocratiques, dont celle des Crawley. Il était alors question d’une multitude d’histoires qui passaient au crible leur vie et celle de leur domaine tout entier, face aux changements sociétaux, tout en étant donc bien inscrites dans son temps. Avec un ton sérieux, tout en mettant en scène les traits d’esprits particuliers dont étaient friands les milieux aristocratiques de l’époque, cette série a su se construire une base solide de spectateurs, dont aux Etats-Unis, répondant toujours présents, et cela jusqu’au dernier épisode, soit un spécial pour la fête de Noël, inscrit dans une dimension comique, et enregistré pour l’émission caritative « Text Santa ». La question était donc de savoir si le film allait plaire aux fans, ainsi qu’aux novices en la matière… Et sans hésitation, la réponse est un oui !
Nous sommes alors en 1927. Tandis que bien des choses ont changées à Downton Abbey depuis le mariage de Lady Edith Pelham, son père, Robert Crawley, comte de Grantham, reçoit alors une lettre du palais de Buckingham, annonçant que le roi George et la reine Mary vont s’y rendre, dans le cadre d’une tournée royale à travers le pays. Une annonce en soi qui a de quoi suffire pour créer un beau remue-ménage dans la maison !

Toujours scénarisé par l’unique scénariste de la série, Julian Fellowes, « Downton Abbey », le film, ressemble sans nul doute à un épisode version extra large de la série. Tandis que l’on y retrouve une bonne vingtaine de personnages ayant passionné les foules devant leur téléviseur, la visite royale en question n’est en fait ici d’un prétexte, lequel nous permettra de prolonger le cas des Crawley et de leurs valets, entre lesquels le respect a toujours été mutuel. D’ailleurs, ces derniers n’apprécieront guère ici la venue des domestiques de la famille royale, offensés par leur arrogance et leur soif de tout contrôler. Dès lors, Anna, la femme de chambre de Lady Mary, demandera à celle-ci de refaire appel à Carson, le majordome retraité qui a sauvé tant de fois le domaine par le passé, afin de gérer la situation. Aussi, il sera particulièrement question ici d’une embrouille entre la Dame de compagnie de la reine, Lady Maud Bagshaw, et la comtesse douairière de Grantham, Violet Crawley, à propos d’un problème d’héritage...

Quelque peu idéalisé (tout comme l’était son modèle), le film nous embarque alors dans une multitude de segments narratifs qui vont naître de cette visite, et qui se valent avec plus ou moins de réussite, dans le sens où l’ensemble des personnages ont droit à leur(s) petit(s) ou grand(s) moment(s), lesquels traitent de sujets aussi divers soient-ils, mais toujours bien incrustés dans leur temps (on est à la fin des années vingt) et le contexte social aisé. Grossesse imprévue, héritage, devoirs royaux, mariage, tentative de meurtre, relation entre personnes de même sexe, succession et ou encore choix de vie pour le bien commun sont ainsi au cœur de ce film.

Si l’on a parfois l’impression de regarder un épisode des « Feux de l’Amour », il faut bien reconnaître que toutes ses histoires s’imbriquent à merveille, grâce à un montage de plus en plus fluide, et nous permet de retrouver ou de découvrir des personnages très intéressants, et par-dessus tout attachants. Ainsi, même si le spectateur qui n’a jamais vu la série sera peut-être un peu dépassé durant les premières minutes, Julian Fellowes parvient, petit à petit, à faire vivre et faire encore évoluer un peu plus ses personnages, ou suffisamment en tout cas pour nous rendre bleu d’eux. Bien sûr, il n’y a pas la même place au générique pour tout le monde, mais « Downton Abbey » réserve de bien beaux dénouement aux sous-intrigues liées à certains de ses aristocrates favoris, et à leur fidèle équipe. On est d’ailleurs parfois littéralement sous le charme de plusieurs scènes, d’une finesse et d’une élégance sans nom, qui en disent long sur les temps qui couraient, les traditions aristocratiques et l’importance du paraître en son sein. Enfin, de majestueuses envolées verbales fusent évidemment à la pelle, et le contraire nous aurait étonné.

Alors qu’il avait déjà dirigé plusieurs épisodes de la série, dont le spécial Noël en 2015, Michael Engler, en connaissance du matériel initial, nous offre ici une réalisation soignée, fidèle et dans la continuité logique de la série, même si moins incisive. Maintenant, « Downton Abbey » pèche certainement par manque d’ambition scénaristique, étant donné le caractère parfois anecdotique, où superficiel de certains thèmes abordés. Mais il fallait bien arriver à faire exister ces personnages, et le résultat est, à ce niveau-là, plutôt réussi pour être souligné.



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