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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Jean Luc Herbulot (2014)
Dealer
Sortie au BIFFF le 9 avril 2015
Article mis en ligne le 9 avril 2015
dernière modification le 1er février 2016

par Charles De Clercq
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Film : 67/10

Synopsis du BIFFF : Dans la grisaille parisienne, Dan bosse dur pour réaliser son rêve : se tailler en Australie avec sa fille et devenir pâtissier. Question farine, il a déjà un pied dans le milieu, puisqu’il est grossiste en shit et autres douceurs opiacées. Bref, du 100% non imposable et pas trop risqué tant qu’il ne se la joue pas Tony Montana. Mais, un jour, son meilleur client va lui demander un kilo de cocaïne en pleine Fashion Week, véritable festival de narines encombrées qui marque la haute saison de la poudreuse chez les dealers parigots. La somme qu’on lui propose le rapproche vraiment des kangourous, et Dan décide d’oublier ses principes le temps de la transaction. Il lui faut juste renouer le contact avec des gens vraiment pas fréquentables, qui voient le paiement par tranche comme un doigt coupé par jour de retard. Mais le coup est sûr… Il lui faut juste faire profil bas devant les flics qui lui reniflent le cul en voiture banalisée. Mais c’est juste l’histoire de quelques heures… Il doit juste garder son calme et, surtout, ne jamais perdre le paquet de vue. Sinon, l’Australie, c’est sur Google maps à Fleury-Mérogis qu’il va la voir. À condition qu’il soit encore en vie. Mais le coup est sûr…

Commentaire du BIFFF : Tourné en 12 jours avec un budget de 165.000€, Dealer est un bad trip de 24 heures, une claque visuelle dont la frénésie respire le caillou de crack trop vite fumé. Jean-Luc Herbulot signe, pour son premier film, un thriller urbain magistral qui rappelle le Pusher de Winding Refn dopé au verbe d’Audiard, mais qui s’inspire également de la vie de son interprète principal : Dan Bronchinson. Un coup d’essai et un coup de maître pour un réalisateur qui a déjà racketté Rosamund Pike pour sa prochaine galette !


Dealer a donc été tourné avec très peu de moyens et en moins de deux semaines. Nouas avons eu la chance de découvrir plusieurs membres de l’équipe dont l’acteur principal, avec le blouson rouge marqué CCCP qu’il porte durant tout le film. Celui-ci a confié la salle enthousiaste que celui-ci s’inspirait de son histoire et nous invitait à ne pas la reproduire, sauf à partir du moment où il fait du cinéma !

Normal qu’il garde son blouson auquel il réservera un sort particulier, très terre à terre à la fin de l’histoire, puisqu’il y a unité de temps : le tout se déroule en 24h. Nous sommes dans un trip speed à la cocaïne où les sept jours de Pusher (Winding Refn) seraient condensés en une journée. Tout fonctionne à toute vitesse et tous parlent également à un rythme de Kalachnikov, dont le protagoniste principal porte d’ailleurs son propre prénom, Dan. C’est d’ailleurs un des problèmes du film (à moins qu’il ne s’agisse d’une question liée à la salle ou à la diffusion ?) : beaucoup de dialogues ou monologues étaient à la limite de l’audibilité. Qu’il s’agisse de la prise de son (c’est souvent le cas avec les films français) ou de diffusion à BOZAR, il reste que l’articulation des acteurs est souvent désastreuse et probablement le mixage entre les voix et la bande son. Bien sûr, je suis conscient qu’il y a une volonté de donner un « genre » aux dialogues qui sont un peu de type « rap » mais si cela conduit à un manque de compréhension c’est regrettable. On se dira que le réalisateur veut nous placer dans une zone d’inconfort et de malaise face à ce deal qui tourne mal, très mal jusqu’à devenir très noir. Il y a même des noirs, pardon des blacks ou des basanés qui paient les pots cassés ! Sur ce point, je garde ma langue en poche et mes oreilles n’entendront pas vos demandes d’en savoir plus. En tout cas, évitez de planquer de la came n’importe où, ne laissez pas trainer les ciseaux et surtout, regardez la blonde coiffure de celle qui affirme être une pute mais pas une voleuse !

Quelques bonnes idées dans le film, par exemple, le montage simultané de deux actions. Si le procédé n’est pas nouveau, il est efficace. En gros, s’il n’y avait pas eu ces problèmes de son et surtout d’articulation de certains acteurs, ma cote aurait été proche de 7/10 et aurait reflété l’enthousiasme de la salle (à entendre ses applaudissements finaux).

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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