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Tim Miller
Deadpool
Sortie le 10 février 2016
Article mis en ligne le 9 février 2016
dernière modification le 16 février 2016

par Charles De Clercq

Synopsis : Deadpool est l’antihéros le plus atypique de l’univers Marvel. De son vrai nom Wade Wilson, cet ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire a subi une expérience hors norme qui a accéléré ses pouvoirs de guérison. Armé de nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, celui qui est désormais Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie…

Acteurs : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, T.J. Miller, Gina Carano, Ed Skrein.

Deadpool, un superhéros, quasi antihéros, à peine entrevu dans X-Men Origins : Wolverine (2009) fait désormais l’objet d’un film qui lui est entièrement dédié. C’est Tim Miller qui s’y attaque et c’est son premier long métrage, après deux courts en animation. Le scénario tient dans le synopsis ci-dessus.

Le film n’aurait jamais dû voir le jour, si ce n’est la ténacité de fans qui avaient vu quelques minutes d’un film jamais réalisé et qui avait fuité sur la Toile, et la fascination de Ryan Reynolds pour le projet. Celui-ci se concrétisera finalement et il se retrouvera des deux côtés de la caméra, comme acteur principal, mais aussi comme coproducteur. Le film faisait peur aux « bien-pensants » du cinéma américain parce que Deadpool, c’est quand même tout sauf un héros propre sur lui. Il est vulgaire, complètement déjanté, à la masse ou à l’Ouest, c’est selon, est fort branché sexe et violence, sans compter ses nombreux jeux de mots aux allusions sexuelles. Le film se fera finalement et intégrera ces dimensions inhabituelles pour un héros Marvel, à tel point qu’il est classé R - Restricted aux USA. C’est-à-dire qu’il est déconseillé aux moins de 17 ans non accompagnés d’un adulte « pour forte violence, langage non approprié, contenu sexuel et nudité explicite ».

En France et en Belgique, il est interdit aux moins de douze ans. Et on le comprend volontiers. Ainsi lorsque le « héros » dit à un mauvais qu’il vient de marquer au rouge avec un allume-cigare et puis le place dans sa bouche : « N’avale pas... » - puis en direction de la caméra : « D’habitude, je ne dis jamais cela ! ». Si l’on comprend qu’il sera difficile aux parents d’expliquer à leurs enfants le double sens de l’expression, les grands ados et les adultes à l’esprit ouvert apprécieront et, en particulier cette adresse à la caméra et/ou au spectateur. Toute la spécificité du « héros » réside là ! C’est qu’il est conscient d’être dans un comics. Ainsi il y a parfois une question « Où sommes-nous ? » et la réponse de Deadpool est du type : « A la page 17, quatrième case ! ». et cette particularité est très bien rendue à l’écran et donne toute la saveur de l’adaptation grâce à ce métalangage.

« Briser le 4e mur » au cinéma est un interdit. Le transgresser, c’est-à-dire montrer d’une manière ou d’une autre que les protagonistes du film sont « conscients » de la présence des spectateurs, est rare et rarement bien réussi. Ici, le pari est tenu. Non seulement le film intègre cette caractéristique du héros, mais en fait donc un narrateur omniscient ! Mais cela va plus loin : Deadpool joue lui-même de cela en l’intégrant dans son discours. Il parlera même de quatrième mur dans le quatrième mur ! Alors, nous qui aimons les métalangage au cinéma, nous sommes comblé. C’est une des raisons pour laquelle notre note est plus élevée que celle accordée a Hail, Caesar des frères Coen. Tout comme chez eux, le film est une autoréférence au cinéma. Plus encore ici, il est regard critique sur le monde des « héros » au cinéma, sur le manque d’argent pour produire le film (Nous n’avions pas d’argent pour ajouter des X-Men !) et même une citation par Wade Wilson de Ryan Reynolds.

Avec un budget limité, les effets spéciaux ne sont pas toujours au top, mais cela importe vraiment peu. Le film séduit par son second degré parfaitement intégré, y compris par l’acteur principal qui assume son caractère complètement déjanté avec beaucoup d’autodérision. Face à l’excellent Ryan Reynolds qui avait montré l’étendue de ses capacités dans The Voices de Marjane Satrapi c’est Ed Skrein qui joue le rôle du « méchant » Ajax. Il était Daario Naharis dans Game of Thrones et n’a pas encore beaucoup tourné. Sa « belle gueule » quasi angélique lui donne une personnalité inquiétante qui ira presque jusqu’à écraser les rôles féminins [Morena Baccarin (Vanessa, prostituée à l’origine, dont Wade est éperdument amoureux), Gina Carano (Angel Dust, la « femme de main » d’Ajax, elle a d’énormes capacités physiques) ou même la relativement peu connue Brianna Hildebrand (la mutante Neganonic Teenage Warhead, ogive nucléaire vivante)]. La (ma !) vision de ce film qui ne se prend jamais au sérieux est donc un plaisir totalement coupable et parfaitement assumé.

NB : Les génériques du film, en particulier celui d’ouverture est absolument génial et, comme souvent dans les films de superhéros, il faut rester jusqu’à la fin. Il y a une dernière capsule absolument tordante !



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