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J.J. Perry
Day Shift
Sortie du film le 12 août 2022
Article mis en ligne le 17 août 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie horrifique

Durée : 116’

Acteurs : Jamie Foxx, Dave Franco, Snoop Dogg, Natasha Liu Bordizzo, Méagan Bon, Karla Souza...

Synopsis :
À Los Angeles, un chasseur de vampires a une semaine afin de réunir l’argent nécessaire pour payer l’école et l’appareil dentaire de sa fille. Il va devoir se saigner…

La critique de Julien

Après avoir remué ciel et terre la Nouvelle-Orléans pour mettre la main sur un trafic de drogue (aux pouvoirs - aléatoires - extraordinaires ou mortels) dans « Projet Power » il y a deux ans sur Netflix, Jamie Foxx s’associe une nouvelle fois avec la plateforme de streaming pour « Day Shift », dans lequel il traque cette fois-ci des vampires, en pleine mutation, à Los Angeles, et cela afin de payer les frais de scolarité de sa fille, ainsi que ses soins... dentaires.

Mis en scène par J.J. Perry, cascadeur professionnel et réalisateur de deuxième équipe, lequel signe ici son premier film, notamment co-produit par Chad Stahelski (le réalisateur de la franchise « John Wick »), « Day Shift » n’est pas le genre de film qui met en confiance. En plus de mettre du temps à démarrer, on comprend assez rapidement que ce film ne se prendra jamais au sérieux, en plus de jouer la carte du poussif second degré. La carrière de Jamie Fox - oscar du meilleur acteur pour « Ray » en 2005 - continue ainsi à péricliter, étant donné des projets pas très folichons, dont celui-ci, dans lequel il interprète Bud Jablonski, un homme de la classe ouvrière, nettoyeur de piscine, s’adonnant à quelques massacres de vampires afin de terminer ses fins de mois, et subvenir aux besoins de sa famille, même s’il ne vit plus avec sa femme (Meagan Good). Sauf qu’il tuera le vampire de trop, appartenant à la famille d’une vilaine buveuse de sang (Karla Souza). Mais alors que le business des dents de vampire arrachées rapporte peu, Bud se rapprochera du syndicat de chasse aux vampires, d’où il avait été expulsé pour ses méthodes. Avec l’aide d’un ami (Snoop Dogg) très respecté en ces lieux, ce dernier obtiendra une chance de se racheter, mais sous certaines conditions, comme celle d’être accompagné en mission d’un représentant syndical (Dave Franco), chargé de signaler la moindre loi qu’il enfreindra...

Fun, bien barré, voire parfois parodique, « Day Shift » n’infuse malheureusement aucun sang neuf au film d’action qui tire et tranche à tout-va,, et aux scènes de combats très chorégraphiées et bourrines comme il faut. Bien que son personnage principal de tête brûlée démarre en solo, le film de J.J. Perry fonctionne rapidement sur le principe du buddy movie, étant donné la présence forcée d’un gringalet froussard à lunettes en la personne de Dave Franco, extrêmement lourdingue et caricatural. Il faut alors attendre la dernière demi-heure pour que le segment narratif de ce personnage ose quelque chose de (bien plus) fun et fantastique, en enfonçant ainsi le clou (ou le pieu) ; traitement qui nous a d’ailleurs fait penser à l’un des personnages secondaires de « La Main qui Tue » (1998) de Rodman Flender. « Day Shift » profite également de quelques séquences très sanguinolentes qui tirent leur épingle du jeu, à coups de sulfateuse et de corps désarticulés (acteurs contorsionnistes à outrance) et démembrés, ainsi que d’une bande originale plutôt entraînante. La photo, d’abord trop saturée aux couleurs orangées de la Californie, finit également par faire son petit effet, et même à réchauffer (d’autant plus).

Comme il fallait s’en douter, ce n’est pas pour son scénario que « Day Shift » se suit, lequel est un zéro pointé sur toute la ligne, et avance en terrain connu, autour d’une relation père-fille gaga-stéréotypée. Ce prétexte initial de chasse aux vampires en dit d’ailleurs long sur l’esprit décalé (ou ringard) de ce film. Or, on constate que le mythe du vampire (outre quelques clins d’œil visuels) n’est finalement ici qu’une excuse pour dégommer toute sorte de suceurs de sang (car oui, il y en aurait cinq), l’écriture ne faisant d’ailleurs que citer ici la mythologie relative à ces créatures imaginaires, sans jamais s’en servir, en plus de ne pas en expliquer ici les origines. Et on ne parlera même pas de l’antagoniste du film, qui n’en vaut pas la chandelle...

En quête d’identité, cette comédie horrifique ne procure donc jamais le frisson, et se regarde comme un (petit) plaisir coupable, avec toute la laideur qui en découle, la bêtise, et la surenchère qui va avec. Les vampires des plus ou moins récents « Daybreakers » (des frères Spierig) et « 30 Jours de Nuit » (de David Slade) sont, en tout cas, regrettés, alors que le « Dracula » (de Bram Stoker) peut dormir en paix, au contraire des films de la saga « Twilight », contre laquelle « Day Shift » semblent avoir une dent, en s’en moquant gentiment...



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