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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Roman Polanski
D’après une histoire vraie
Sortie le 1er novembre 2017
Article mis en ligne le 29 octobre 2017
dernière modification le 15 novembre 2017

par Charles De Clercq
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Demi-réussite ou demi échec pour cette histoire de deux femmes, Delphine et L.
où ’et’ peut être ’ou’ et ’L.’ est ’Elle’... dans ce mixte de Misery et The Ghost Writer ! 51/100

Synopsis : Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

Acteurs : Eva Green, Dominique Pinon, Emmanuelle Seigner, Vincent Perez, Camille Chamoux.

Il était tentant d’adapter au cinéma le huitième roman de Delphine de Vigan, couronné par le prix Renaudot et par le prix Goncourt des lycéens. Si en plus, le réalisateur Roman Polanski s’adjoint Olivier Assayas pour s’attaquer aux scénario et dialogues, on ne peut qu’espérer un grand Polanski qui risque d’être submergé par les controverses récentes qu’il suscite à cause de sa part sombre qui se révèle de plus en plus dans la presse. Difficile pour le critique alors de traiter d’un film sans paraître faire l’apologie d’un comportement qui discrédite son auteur. Beaucoup s’accordaient à dire que l’on parlerait plus des affaires Polanski que de son dernier film.

Nous ferons ici œuvre de critique pour parler du film, puisque c’est l’objet de cet article et de nos émissions. Au sortir de la salle, c’est plutôt la déception qui domine. Tout commençait pourtant bien. Par une absence tout d’abord. C’est que le générique tarde à apparaître... Ce n’est pas fréquent, mais il existe d’autres films qui sont dans ce cas... sauf qu’ici, il n’y aura jamais de générique. L’attente sera donc vaine, jamais comblée, jusqu’à la fin du film où un fondu sur un titre de roman « D’après une histoire vraie » entraîne à sa suite le seul générique initial et final du long métrage. L’on se rend compte alors qu’il s’agit d’une double mise en abîme, celle de l’histoire « vraie » racontée dans le film, celle aussi du roman mis en images.

Toutefois la déception est là, malgré le casting : Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez... ; c’est que l’on ne sait trop où le réalisateur veut en venir. Le film donne l’impression d’être plus un brouillon, un premier jet qu’une œuvre terminée, fignolée. La faute n’est peut-être pas du fait de Polanski, mais des producteurs qui « souhaitaient que D’après une histoire vraie soit prêt pour le Festival de Cannes 2017, privant le cinéaste de répétitions, les délais étant trop courts ». L’essentiel de l’intrigue tient au jeu (pervers ?) entre Delphine et Elle. Pourquoi d’ailleurs Elle et pas « L. » comme dans le roman ? (S’agit-il d’une référence à Elle de Paul Verhoeven ?) alors que ce qui préoccupait Olivier Assayas était « de ne pas s’éloigner de l’œuvre (qu’il) adapte ». Ce jeu, ce combat de femme attirait Polanski : « Je n’ai jamais fait un film où deux femmes s’opposaient. Le côté thriller, c’est la première chose qui m’attirait. Je me sentais un peu sur mon terrain. » Eva Green qui tourne ici en français précise « Ce qui m’a vraiment plu, c’est l’étrangeté du personnage. Pas lisse. On se pose constamment la question est-ce qu’elle existe, est-ce qu’elle n’existe pas ? Comment fait-on pour donner chair à ce genre de personnage ? ». Quel est donc ce jeu pervers ? Cela se passe-t-il dans la tête de Delphine ? Où s’agit-il d’une « home invasion » comme dans Mother ! le dernier film de Darren Aronofsky ? Nous laissons au spectateur la découverte de la réponse au sortir de la salle.

Celui-ci découvrira une histoire qui n’est pas sans faire songer à Misery de Rob Reiner (1991) et à The Ghost Writer de Roman Polanski (déjà, en 2010). Il lui sera cependant difficile d’entre en empathie avec Delphine dont on se demande comment elle peut se laisser envahir et déposséder de sa vie, de son histoire, ce ce qui lui empoisonne la vie. Elle ou L. est délicieusement perverse, arrive à ravir la vie de Delphine, à empoisonner son existence, à s’approprier le roman de ses tourments, l’obligeant à passer de l’angoisse de la page blanche à subir d’autres tourments... Mais tout cela sonne un peu chic et faux, voire futile. Faute d’intérêt et d’empathie pour les protagonistes, mais aussi à cause de certaines scènes invraisemblables, surtout dans le dernier tiers du film l’ennui gagnera le spectateur. L’intérêt n’est plus là et le générique lui fera fermer les pages d’un livre qui l’aura dépossédé de deux heures de sa vie...

Nous renvoyons les internautes vers la critique largement plus enthousiaste que la nôtre que fait un confrère critique de nos amis, Nicolas Gislson sur le site Un grand moment...

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Bande-annonce :

Lien vers la critique de Julien Brnl


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