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Clint Eastwood
Cry Macho
Sortie du film le 10 novembre 2021
Article mis en ligne le 15 novembre 2021

par Julien Brnl

Genre : Western, drame

Durée : 104’

Acteurs : Clint Eastwood, Eduardo Minett, Dwight Yoakam, Fernanda Urrejola...

Synopsis : :
1978. Miko est une ancienne star de rodéo, désormais éleveur de chevaux. Il est recontacté par un ancien patron. Ce dernier lui demande de se rendre au Mexique pour ramener son jeune fils qui vit là-bas avec sa mère alcoolique. Un long voyage l’attend...

La critique de Julien

« Cry Macho », c’est un projet de longue date. Déjà en 1988 le producteur Albert S. Ruddy (« Le Parrain ») avait offert à Clint Eastwood l’opportunité de jouer le rôle principal de ce film, alors adapté du roman du même nom écrit par le scénariste et dramaturge américain N. Richard Nash, et publié pour la première fois en 1975. Mais Eastwood, qui signe ici son 39ème film (et le 24ème pour lequel il officie à la fois devant et derrière la caméra), a préféré reprendre son rôle de Harry Callahan dans « La Dernière Cible » (1988), se considérant alors comme trop jeune pour le rôle. Alors que la production d’un film a débuté en 1991, avec Eastwood à la réalisation et l’acteur Roy Scheider dans le rôle principal, celle-ci n’a jamais été achevée. Puis c’est Burt Lancaster et Pierce Brosnan qui ont été approchés pour tenir ledit rôle, avant qu’Arnold Schwarzenegger en eu la possibilité, en 2003, bien que le projet fut suspendu lorsqu’il fut élu gouverneur de Californie. En 2011, il avait alors annoncé que « Cry Macho » serait son premier projet après la fin de son mandat, avec Brad Furman attaché à la réalisation. Sauf que le projet fut une fois de plus annulé peu de temps après le divorce de Schwarzenegger avec Maria Shriver, à la suite d’un scandale révélant qu’il avait conçu un enfant une décennie plus tôt avec leur femme de ménage. Bref, l’immense Clint, fin prêt à se prêter au jeu, s’est enfin lancé dans la mise en scène de « Cry Macho », lequel raconte, en 1979, l’histoire d’une ancienne star du rodéo déchue, après une grave blessure. Devenu éleveur de chevaux au Texas, ce dernier se voit alors recontacté par son ancien patron, Howard Polk, un riche propriétaire de ranchs, et cela afin de l’aider à ramener son jeune fils de treize ans, Rafael, qui vit au Mexique avec sa mère alcoolique, traînant de plus dans des affaires pas très nettes, alors que Rafael participe quant à lui à des combats de coqs, et cela avec son coq dénommé Macho. Conscient qu’il doit une fière chandelle à Polk, Mike Milo (Eastwood) acceptera alors de l’aider. Débutera pour lui un périple pour ramener le garçon aux États-Unis et, chemin faisant, remonter lentement la pente du fond du trou dans lequel il vivait depuis des années...

Tourné au Nouveau-Mexique, et retravaillé à l’écriture par Nick Schenk, avec qui Clint Eastwood avait déjà collaboré sur « Gran Torino » (2008) et « La Mule » (2018), « Cry Macho » n’est sans doute pas le film le plus indispensable de sa filmographie. En témoigne le scénario, un peu trop simplet, troué de partout - dont de ruptures de ton qui cassent le rythme - et parsemé de fausses embûches, au travers duquel il est question de transmission réciproque, de filiation, de la représentation de la virilité, ainsi que de la figure du héros vieillissant, qui va alors renouer avec lui-même, et cela en aidant un jeune garçon mal-aimée à retrouver également le droit chemin.

N’en déplaise, « Cry Macho » est une tendre et mélancolique promenade de santé aux airs de faux western, que la photographie et la bande-originale viennent embellir, lui qui surfe sur les mêmes thèmes que ceux des précédentes collaborations entre Eastwood et Schenk, mais en mode mineure. Rien ne ressort ou ne dépasse alors de ce long métrage, souffrant de plus de dialogues malheureusement téléphonés, où des répliques trop appuyées en appellent d’autres, qui le sont alors tout autant (surtout lorsqu’elles sortent de la bouche du jeune Eduardo Minett, peu convaincant). Avec ce film, c’est comme si Clint, du haut de ses 91 ans, cherchait encore à prouver quelque chose, sans qu’il n’en ait pourtant le besoin. Et même s’il en a encore sous le bras, sa dégaine oscillante fait peine à voir, tandis qu’on a bien du mal à croire aux castagnes qu’il file aux méchants mexicains (stéréotypés), ainsi qu’en ses talents de charmeur invétéré toujours intacts...



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