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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Joachim Lafosse
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Sortie le 30 janvier 2019
Article mis en ligne le 6 février 2019

par Julien Brnl
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Entre nous, on aurait aimé que ce voyage continue un peu plus... 13/20

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation dépouillée du roman du même nom (publié aux Editions de Minuit) écrit par Laurent Mauvignier ;
  • première fois que le cinéaste belge Joachim Lafosse filme de grands espaces naturels, en l’occurrence ceux du Kirghizistan et du Maroc ;
  • sélectionné à la dernière Mostra de Venise dans la catégorie Giornate degli Autori, qui est une sélection parallèle équivalent à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes ou à la section Panorama de la Berlinale.

Résumé : Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

La critique de Julien

Pour son dernier film, notre compatriote Joachim Lafosse n’a pas vu forcément les choses en long (une heure et vingt-quatre minutes), mais plutôt en large ! Dans « Continuer », il filme une mère qui tente à la fois de recoller les morceaux avec son fils dont elle ne s’est jamais occupée, étant donné la situation compliquée qu’il est en train de vivre. Mais cette dernière ne s’y prend pas n’importe comment, étant donné qu’elle entreprendra avec lui une longue traversée des étendues sauvages du Kirghizistan, à dos de cheval. Virginie Efira et Kacey Klein campent ici ce duo, rythmé d’un côté par les silences déguisés par les rancœurs des absences du passé, et de l’autre par une quête du dialogue.

C’est la première fois que le cinéaste filme de grands espaces naturels dans l’un de ses films, tout en leurs accordant ici un rôle à part entière. En effet, les décors du désert et de la steppe fertile kirghizes renforcent l’idée du gouffre sentimental dont souffre la relation entre cette maman et son fils. Au travers de leur périple en milieu hostile, et de leurs diverses rencontres avec autrui, ils vont alors (res)souder des liens fragiles, tenter de se comprendre l’un et l’autre, et de mettre des mots sur leurs erreurs.

Même si l’on ne sait que véritablement trop peu de chose sur chacun des personnages pour amener à l’empathie, et donc à s’attacher à eux, leur évolution et révélations en parallèle à leur conditionnement nous permettent de vivre cette expérience en temps réel, et de mesurer, par fragments, le poids de leur conflit intérieur, et commun.

En adaptant librement le roman du même nom de Laurent Mauvignier, Joachim Lafosse a d’ailleurs volontairement fait abstraction du passé des personnages (il a également mis le côté le rôle du père) et des causes de leur périple, afin de permettre au récit de garder sa part de mystère, et de ne pas nous immerger dans un film psychologique, mais bien photographique. Si cette démarche ne creuse jamais en profondeur, elle offre par contre une tension cinématographique permanente, étant donné qu’il nous est impossible de prévoir la réaction des personnages. Dès lors, les émotions y sont vives, parfois brutales, mais aussi incomplètes... Autant dire que l’intensité du livre, notamment autour des questionnements politiques et sociaux, n’est pas au rendez-vous. Le cinéaste préfère ainsi cibler son film sur l’affrontement entre une mère et son fils, au travers d’un voyage organique, et sans longs dialogues.

Virginie Efira, qui ne cesse de prendre (pour notre plus grand plaisir) de la place dans le paysage du cinéma francophone (elle est d’ailleurs nommée cette année pour deux reprises aux César - Meilleure actrice pour « Un Amour Impossible » et Meilleure actrice dans un second rôle pour « Le Grand Bain ») est une nouvelle fois étonnante, tandis que l’acteur suisse Kacey Mottet Klein s’affirme et s’ouvre de plus en plus devant la caméra. Ensemble, il forme donc un duo familial qui, grâce à l’environnement qui les entoure, va lâcher indirectement du lest, et commencer à cicatriser des blessures enfuies...

Contemplatif dans ses propos, et ambitieux dans sa forme, « Continuer » garde la distance avec le spectateur, tout comme il permet à Joachim Lafosse de s’en rapprocher un peu plus par les thèmes dont il traite, même si ses choix d’adaptation ne vont pas dans ce sens.

Lien vers la critique de Cinécure

Diaporama :

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Copyright Le Pacte / Copyright Kris Dewitte

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