Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Roschdy Zem
Chocolat
Sortie le 3 février 2016
Article mis en ligne le 27 décembre 2015
dernière modification le 9 février 2016

par Charles De Clercq
logo imprimer

L’histoire vraie du clown blanc et de l’Auguste noir sur fond de racisme. 72/100

Synopsis : Du cirque au théâtre, de l’anonymat à la gloire, l’incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu’il forme avec Footit va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l’argent facile, le jeu et les discriminations n’usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l’histoire de cet artiste hors du commun.

Acteurs : Omar Sy, James Thierrée, Frédéric Pierrot, Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky.

Chocolat, ce n’est pas l’histoire d’une friandise, mais celle d’un clown homonyme, d’origine cubaine qui nait en 1868 et meurt dans la misère à Bordeaux en 1917. S’il est possible qu’il soit à l’origine de l’expression « être chocolat » (Il y a d’autres explications), en revanche, c’est grâce à lui et à son duo avec le clown Footit (1864-1921) que l’on doit l’apparition au cirque du « Clown blanc et de l’Auguste noir ». Le premier faisant du second son souffre-douleur. Chocolat fut popularisé par Toulouse-Lautrec (illustration ci-contre). Le film s’inspire très librement du livre de Gérard Noiriel, Chocolat clown nègre. L’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française, publié en 2012 et dont on trouvera un écho ici (source du pdf).

Roschdy Zem nous propose donc un biopic, celui d’un couple, probablement méconnu de beaucoup même si les spectacles qu’ils ont créés sont aujourd’hui célèbres et unanimement reconnus. Le film nous fait découvrir Rafael Padilla (Omar Sy), ancien esclave, orphelin, devenu domestique au service des blancs et humilié par eux. Le réalisateur nous le montre dans un cirque de province où il est exploité. C’est là que George Footit va discerner ses talents et l’inviter à monter vers lui à Paris. Ils se produiront dans un cirque, tenu de main de maître par Oller (Olivier Gourmet).

L’ascension des deux artistes et singulièrement du clown noir sera fulgurante et Chocolat fera la Une des journaux et sera objet de conversation des salons parisiens. Le couple de clowns vivra des tensions liées notamment à leurs rôles respectifs. Chocolat subira aussi les conséquences d’une vengeance qui lui vaudront d’être emprisonné et de subir humiliations et quasi torture, mais également de rencontrer un autre prisonnier, lui aussi ancien esclave qui tentera de lui ouvrir les yeux sur la quête d’une impossible dignité. Mais impossible n’est pas français et Chocolat ira même jusqu’à fouler les planches du théâtre, délaissant son partenaire pour tutoyer Shakespeare en jouant Othello. Après avoir atteint les cimes, il finira malade et abandonné de tous.

Le film nous montre les clowns dans un dispensaire pour enfants, mais aussi la relation amoureuse de Chocolat avec son amante de province Camille (Clotilde Hesme)... mais l’amour peut-il résister aux tentations parisiennes ? Et surtout, un noir peut-il être vu (à l’époque ?) comme un être humain ou tout simplement comme un « nègre », presque animal avec certes une stature humaine, mais une couleur noire qu’il est impossible d’effacer et vous condamne au rejet ?

C’est ce que l’on sera amené à retenir du film : l’histoire méconnue de deux humains, un noir et un blanc qui aujourd’hui encore sont présents dans l’univers du cirque. Ensuite le racisme de l’époque (et encore présent parfois aujourd’hui). Ensuite les performances techniques des deux acteurs principaux et, notamment d’Omar Sy dont ce n’est pas le métier, au contraire de James Thierrée (que l’on a vu, excellent dans Mes séances de Lutte de Jacques Doillon), danseur et acrobate et qui était lui dans son univers. Il a pu aussi initier Omar Sy à l’art du cirque. En cela, le jeu que nous propose le couple de clowns est excellent. Cela compensera un élément qui déforce le film. Omar Sy est trop présent. Non pas qu’il soit trop visible à l’écran, mais que, à son corps défendant, l’acteur passe au premier plan devant Chocolat. Même si Omar fait l’impossible pour donner vie et corps à son personnage, le spectateur voit Omar, voit le personnage d’Intouchable. Oserais-je le très mauvais jeu de mots : Chocolat pourrait dire « Omar m’a tuer » ? En revanche, son partenaire, moins connu du grand public s’efface devant son personnage de Footit. Cette « présence » d’Omar Sy à l’écran ne doit certainement pas nous dissuader d’aller voir ce film. C’est une œuvre de mémoire même si l’histoire romancée dépasse l’Histoire ! Mémoire d’un racisme « ordinaire » et d’un passé où les blancs se pensaient supérieurs et agissaient comme tels. Et nous savons que ce temps-là est fini, n’est-ce pas (enfin, c’est ce que l’on dit !).

Photos sous © 2015 Mandarin Cinema - Gaumont- Photographe Julian Torres.

Diaporama

0 | 32

0 | 32

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


Mots-clés associés

Au hasard...

0 | 10 | 20 | 30

Ange et Gabrielle
le 31 octobre 2015
Mr. Peabody & Sherman
le 1er septembre 2014
Ben-Hur
le 27 août 2016
Selma
le 2 février 2015
Spartacus & Cassandra
le 15 octobre 2015
Adama
le 1er septembre 2016
Hotel Transylvania 2
le 25 septembre 2015
The End of the Tour
le 30 janvier 2016
S’enfuir
le 29 octobre 2014
Hippocrate
le 1er septembre 2014


Plan du site Espace rédacteurs puce

RSS

2014-2017 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.31