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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Nicolas Graux
Century of Smoke
Sortie le 11 septembre 2019
Article mis en ligne le 1er septembre 2019
dernière modification le 18 septembre 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Jeune père de famille, Laosan passe ses journées à fumer l’opium. Pour sa communauté, isolée au plus profond de la jungle laotienne, la culture de l’opium est le seul moyen de survie. Mais c’est aussi le poison qui endort les hommes et tue leurs désirs.

Le film a été présenté au BRIFFF en juin dernier et l’on trouvera une excellente présentation d’ Aurore Engelen sur le site Cineuropa.

Le Belge Nicolas Graux est né à Liège en 1988 et c’est ici son premier long, après plusieurs courts-métrages. C’est d’ailleurs sur le site de l’agence belge du Court-métrage que l’on trouvera une présentation de ce jeune réalisateur. « Après des études secondaires à Bruxelles, il intègre l’Institut des Arts de Diffusion (IAD) de Louvain-la-Neuve, dont il sort en 2012 avec un Master en Réalisation Cinéma Fiction. Son film de fin d’études, Garçon au Diable, est sélectionné dans plusieurs festivals européens (...) il se consacre à la réalisation de son premier long-métrage documentaire Traces d’un village, une coproduction franco-belge dont le tournage a lieu dans un village isolé de la jungle du Laos. » (source).

Finalement le titre ne sera pas traces d’un village, mais les traces d’une fumée tenace d’opium. Plus que des traces, ce qui devient à la fois nécessité et malédiction, travail et addiction, destruction de l’humain, des couples, des familles. L’on gardera le souvenir d’hommes engourdis dans Le lotus bleu où l’on découvre Tintin dans une fumerie d’opium. Ici, nous sommes au Laos et le (anti)-héros se prénomme Laosan. Le premier tiers du documentaire (puisqu’il s’agit d’une situation réelle où l’on suit sans fard des hommes et des femmes dans leur quotidien, leurs gestes, leurs paroles...) sera lent, comme si, déjà, le spectateur et le réalisateur étaient pris eux-mêmes par les vapeurs de l’opiacés. Ensuite la situation sera moins lente, plus liée à l’impossibilité de vivre et l’impossibilité de s’en sortir où tous les plans que l’on avait élaborés s’effondrent faute d’avoir la force de les concrétiser et mener à bien. Il ya des paroles dures : « je n’aime pas ma femme, mais c’est la seule que je pouvais avoir dans ma situation, une femme qui peut travailler aux camps pour récolter le pavot. (en substance) » ; mais une femme qui a peur de son mari et dire qu’elle souhaiterait lui verser un bidon d’essence et bouter le feu, par peur d’être tuée par lui et dévorée ensuite ! On a besoin de l’opium et celui-ci tue à petit feu (ou petite fumée !). Et la crainte est là que le gouvernement en interdise la production. Le film, scandé par le bruit de la pluie nous fait découvrir les impasses où ces hommes et femmes se retrouvent sans échappatoire et sans alternative !

Le film est projeté uniquement à Flagey et au Sauvenière à Liège.

https://www.youtube.com/embed/zO7-EFdiSEs
CENTURY OF SMOKE by Nicolas Graux | Trailer | GeoMovies - YouTube


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