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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Apichatpong Weerasethakul (2015)
Cemetery of Splendor (Rak ti Khon Kaen)
Sortie le 2 septembre 2015
Article mis en ligne le 18 août 2015
dernière modification le 8 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis.
Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

Acteurs : Banlop Lomnoi, Jenjira Pongpas, Jarinpattra Rueangram.

Les quelques mots ci-dessus :« Un film poétique, lent, long, beau, mais très très énigmatique ! » ne sont pas accompagnés de la note habituelle. J’ai conscience - avec d’autres amis critiques - d’avoir vu un « beau » film, mais sans en avoir les clés de lecture.

Le film - au format 1.85 - commence dans le noir avec un son que l’on va seulement identifier de nombreuses secondes plus tard lorsque nous verrons une excavatrice creuser le sol dans ce qui semble le jardin d’un bâtiment (Il s’agit d’un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée). A la fin, nous voyons des monceaux de terre que regarde une des protagonistes assise sur un banc.

A l’exact milieu du film, une scène violente (la seule de ce long métrage !) : elle se déroule en CinémaScope sur un écran de cinéma dans une salle avec quelques spectateurs et deux femmes, Jenjira et Keng, protagonistes principales du film. Impossible d’en dire plus sur le film projeté et son rapport éventuel avec la Thaïlande et les questions politiques de ce pays. Nous sortons de cette salle de cinéma grâce à un fondu enchaîné pour passer dans une autre, de repos - littéralement - qui s’éclaire progressivement de la luminescence de tubes utilisés pour pacifier le sommeil de soldats (à défaut de soigner) atteints de narcolepsie.

Dès le début, après la « présentation » du cadre externe, nous découvrons un homme alité et endormi, le jeune et beau Itt (selon les critères de Jenjira). Je n’ai pu m’empêcher de penser à Tintin et les sept boules de cristal... mais force est de constater que cela s’arrête à la narcolepsie et si les soldats alités se réveillent de temps en temps, ce n’est pas pour souffrir, mais pour retrouver temporairement une vie « normale » pour retomber souvent assez vite dans leur sommeil mystérieux. L’important n’est d’ailleurs pas de découvrir le pourquoi du comment ni même de les guérir selon notre vue et nos attentes cartésiennes et occidentales.

Non, il faut creuser, comme les engins dans le jardin, mais creuser dans les symboles ? dans la mémoire ? dans l’imaginaire ? Il faut en tout cas se déplacer ailleurs pour aller à la rencontre de déesses millénaires mortes, mais vivantes qui (nous) feront savoir que sous cet hôpital de fortune se trouve un ancien cimetière et palais où des rois ont résidé. Ce sont ces rois morts qui utilisent les vivants durant leur sommeil pour poursuivre leurs combats. Et l’on comprendra que cette mainmise ne se terminera pas ! Les déesses auront donné une « explication » qui échappe donc à notre rationalité et du côté médical et militaire, à part la toilette quasi mortuaire des corps endormis, on tentera « simplement » une douce thérapie par la lumière (qui sont aussi l’occasion d’offrir de très belles images à nos yeux) et une aide respiratoire. Tout au plus s’étonnera-t-on d’une défécation réelle filmée durant de longues minutes et d’une des femmes et du réalisateur qui (se) jouent d’une TPS [1]. Autrement dit, une des femmes joue avec la verge en érection du soldat (mais tout est caché par la couverture... ouf, la morale est sauve et ce n’est pas comme dans Love !).

Nous suivons aussi, en parallèle, la lecture (mais vu la langue et l’écriture, nous n’en comprendrons que très peu) du très énigmatique journal de Itt dont les illustrations ne nous aiderons pas beaucoup plus.

Si je crois pouvoir faire un lien entre le sol que l’on creuse (à tort ?) et les déplacements des deux femmes dans les couloirs du palais ou entre les tombes du cimetière invisible à nos yeux, mais « visibles » pour la médium en lien avec le soldat il m’est bien difficile d’aller plus loin.

Ainsi il semble bien que nous voyons à plusieurs reprises des moulins à prières au fil de l’eau... mais aussi des ventilateurs ? A plusieurs reprises une poule avec ses poussins, un protozoaire (?) dans le ciel... mais aussi près de l’eau, des hommes et des femmes assis et qui changent rapidement de place... Là il me manque des clés d’interprétations. Impossible d’aller plus loin. Cela semble beau, ce l’est probablement comme ces objets offerts au temple, mais dont ne saisissons pas la signification, c’est lent, lent et il faut l’avouer, le sommeil - pas la narcolepsie, plutôt la somnolence ! - n’est pas loin de la méditation et/ou du rêve.

Je m’abstiens donc de donner une cotation... A vous de voir : littéralement donc !

Un confrère (prêtre, religieux) et cinéphile a vu également le film qu’il a beaucoup apprécié. N’hésitez pas à lire son avis.

Le point de vue de critiques du Monde :



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0 | 10 | 20 | 30

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