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Les critiques de Julien Brnl
Casse-Noisette et les Quatre Royaumes / Disney’s The Nutcracker
Réalisateur(s) : Lasse Hallström et Joe Johnston
Article mis en ligne le 10 novembre 2018

par Julien Brnl
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Pas besoin d’approfondir davantage pour ce film, qui manque de... profondeur. 10/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 31 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du conte allemand « Casse-Noisette et le Roi des Souris » d’Ernst Theodor Amadeus Hoffman, publié à Berlin en 1816, et repris dans le recueil des « Frères de Saint-Sérapion » (1819) du même auteur ;
  • après un premier tournage et montage, le studio aux grandes oreilles a décidé de réécrire massivement certains passages du film, en confiant dès lors cette tâche à Tom McCarthy (oscarisé pour « Spotlight »). Sauf que le réalisateur Lasse Hallström (« Salmon Fishing in the Yemen », « Les Recettes du Bonheur ») n’était plus disponible pour un tournage additionnel d’une durée de 32 jours. En décembre 2017, il est annoncé que c’est le metteur en scène Joe Johnston (« Jumanji », « Jurassic Park 3 », « Wolfman »), spécialiste en effets visuels, qui a (rapidement) pris la relève et terminé le travail, sous la confiance d’Hallström, lequel a supervisé en post-production les passages tournés par Johnston, que Disney a d’ailleurs bien voulu crédité au projet en tant que second réalisateur.

Résumé : Tout ce que souhaite Clara, c’est une clé. Une clé unique en son genre, celle qui ouvrira la boîte contenant l’inestimable cadeau que sa mère lui a laissé avant de mourir. À la fête de fin d’année organisée par son parrain, Drosselmeyer, Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à cette précieuse clé… mais celle-ci disparaît aussitôt dans un monde étrange et mystérieux. C’est dans ce monde parallèle que Clara va faire la connaissance d’un soldat nommé Phillip, d’une armée de souris, et des souverains de trois Royaumes : celui des Flocons de neige, celui des Fleurs et celui des Friandises. Pour retrouver cette clé et restaurer l’harmonie du monde Clara et Phillip vont devoir affronter la tyrannique Mère Ginger qui vit dans le quatrième Royaume, le plus sinistre d’entre tous…

La critique de Julien

Alors que « Le Retour de Mary Poppins » se chargera dans un peu plus d’un mois à divertir les familles durant les fêtes de fin d’année, Disney nous livre aujourd’hui (après quelques soucis de production) son ambitieuse et super-production en live-action « Casse-Noisette et les Quatre Royaumes ». Malheureusement, cette dernière n’arrive pas à point nommé dans le calendrier saisonnier (dès lors, c’est la magie qui en pâtis), tandis que cette version (trop) enfantine peine à convaincre, de là à se justifier...

Force est de constater que Disney est remonté assez loin dans le temps et dans l’histoire de la littérature... En effet, le studio a acquis les droits sur le conte allemand « Casse-Noisette et le Roi des Souris » (1816) d’Ernst Theodor Amadeus Hoffman, lui qui a inspiré Alexandre Dumas pour une version libre intitulée « Histoire d’un Casse-Noisette » (1844), ayant à son tour inspiré le ballet-féerique de Piotr Ilitch Tchaïkovski « Casse-Noisette » (1892), et contenant certainement l’une des musiques de ballet des plus populaires jamais composées. Tout en restant fidèle à sa manœuvre mise en place depuis plusieurs années, le studio enchaîne avec grandes réussites films d’animation et (ré-)adaptations de ses propres classiques, sans compter les projets « originaux » (avec moins de succès). Le dernier en date est un mix des deux dernières catégories, étant donné que cette aventure féerique est une adaptation libre en prises de vues réelles d’une œuvre littéraire (et donc originale) n’appartenant pas à la firme. Mais voilà, la chose est faite, et le studio s’est approprié l’œuvre en question, datant de 1816 (!).

Force est de constater que ce film ne fait pas exception aux capacités du studio à pouvoir créer un monde (parallèle) imaginaire, dans lequel le spectateur peut s’évader de la réalité, et s’émerveiller. C’est l’une des qualités de ce film, lui qui est malheureusement bien trop niais et sage pour marquer les esprits, et sans doute même ceux des enfants. Aussi, la photographie du désormais indispensable Linus Sandgren (« La La Land », « First Man », « Battle of the Sexes ») est toujours aussi merveilleuse, même si plus réussie dans le monde réel (à Londres) qu’au niveau des quatre Royaumes. D’ailleurs, on est frustré de n’en voir que deux à l’écran (la Terre des Flocons de Neige, et du Divertissement)... Mais plus que cela, les effets spéciaux ne sont pas toujours réussis, surtout dans la profondeur, au niveau des décors. Et puis, certains d’entre eux sonnent « papier-carton », ce qui rend le voyage moins immersif qu’espéré.

Malgré la réécriture de certains passages en cours de chantier par le scénariste oscarisé Tom McCarthy, on n’avait plus vu un film aussi prévisible depuis bien longtemps, surtout chez Disney. C’est dommage, d’autant plus avec la richesse de l’œuvre originale, et des propos qu’elle soulève (on y parle de deuil, de courage, d’honneur ou encore de la famille). Or, ici, peu de second degré, et même une manière très convenue de traiter les messages. D’ailleurs, le bagage avec lequel Clara reviendra de ce monde étrange et mystérieux fait pâle figure compte tenu des efforts déployés pour mettre en boîte ce projet. Pire, l’émotion n’est jamais au rendez-vous, étant donné des personnages peu fouillés, voire dérisoires (pour certains - on ne vous dévoilera pas le(s)quel(s), bien que vous ne tarderez pas à le(s) trouver).

Bref, pas besoin d’approfondir davantage pour ce film, qui manque de... profondeur. « Casse-Noisette et les Quatre Royaumes » est exclusivement destiné aux plus petits, voire aux parents, qui verront peut-être leurs yeux briller d’avance à la vue de flocons de neige... C’est tout ce qu’on leur souhaite. Pour les autres, la déception risque d’être amère, à la vue de ce film assez transparent.



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