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Christophe Offenstein
Canailles
Date de sortie : 14/09/2022
Article mis en ligne le 13 septembre 2022

par Charles De Clercq

Synopsis : Suite à un casse qui a mal tourné, Antoine blessé à la jambe, débarque de force chez Elias pour se trouver une planque. Rien ne destinait le braqueur, un rien anarchiste, à croiser la route de ce prof d’histoire sans histoires. S’engage alors un étrange rapport entre les deux hommes où se mêlent emprise et complicité. Mais c’était sans compter sur Lucie, l’enquêtrice un peu spéciale, chargée de l’affaire...

Acteurs : François Cluzet, José Garcia, Doria Tillier, Louna Espinosa, Pascal Demolon, Tella Kpomahou

Christophe Offenstein est plus connu des cinéphiles comme directeur photo que comme réalisateur. Quasiment rien, à part quelques courts-métrages, une série documentaire sur Orelsan et ,justement, Comment c’est loin, qu’il avait coréalisé en 2015 avec ledit Orelsan, qui ne nous avait pas vraiment emballé. Son premier long était En solitaire, un film que nous n’avions pas vu, après avoir lu la critique de Mathieu Payan sur le site Abus de Ciné : « Un premier film malheureusement décevant… » ou celle de notre confrère et ami Eric Van Cutsem.

Autant l’avouer, rien n’incitait vraiment à se lancer dans la vision de Canailles où le réalisateur retrouve François Cluzet ! Et c’est sans compter sur l’affiche qui semble cibler la « comédie » et qui ne nous a pas paru une belle invitation à voir un film, une comédie dramatique. D’autant que l’affiche est trompeuse, car si le film repose essentiellement sur un trio d’acteurs, ceux-ci ne seront jamais réunis tous les trois et, bien plus, Cluzet n’aura aucune scène avec Doria Tillier. A l’arrivée, sans avoir un film qui transcende l’histoire du cinéma français, nous avons un film passablement intéressant qui mérite le détour.

Christophe Offenstein adapte le deuxième roman de Dog Eats Dog de l’écrivain américain Iain Levison, publié en 2005 et traduit en français sous le titre Une canaille et demie (en 2006). Il s’agit d’un roman policier dont l’intrigue se passe aux USA, en Alberta. C’est l’histoire de Dixon, un malfaiteur qui a commis un holdup dans une banque et prend en otage un professeur d’histoire, Elias, frustré et mal dans sa peau.

Il s’agit d’une très libre adaptation . Même si le réalisateur ne place pas son récit dans une ville précise, ni même un pays, nous sommes typiquement en France. Le film à la saveur et la couleur d’un film français même si peu importe la ville où l’action se situe. Car celle-ci se focalise sur trois personnages :

  • Antoine, le malfaiteur blessé après le braquage raté (quoique porteur d’un sac avec des dizaines de milliers d’euros qu’il emporte dans sa fuite), joué par François Cluzet.
  • Elias, le professeur d’histoire « sans histoire » comme écrit dans le synopsis... quoique, interprété par José Garcia.
  • Lucie, une policière, interprétée par Doria Tillier, qui va croiser la route des deux autres, et plus si affinité avec Elias.

Cluzet et Garcia sont quasiment à contre-emploi et au vu du casting nous pensions, avant la vision du film, que Cluzet serait le prof et Garcia le braqueur. Quoiqu’il en soit, l’alchimie marche et l’intrigue est assez passionnante jusqu’à sa chute finale où l’on découvrira que pour un écrivain, une machine à écrire est essentielle.

Plus que l’intrigue, ce sont les intrications entre les personnages qui sont essentielles. Dans une sorte de syndrome de Stockholm, un lien étrange va se nouer entre Antoine et Elias. L’un et l’autre vont s’influencer, bonifier, voir « malifier », car chacun n’est pas ce qu’il prétend être, ou plutôt chacun a des failles, des secrets, des choses à cacher, ou des ressources, des potentialités qui ne demandent qu’à s’exprimer. Et cela concerne aussi l’enquêtrice de police dont on vous laisse découvrir la façon dont elle va résoudre l’équation à laquelle elle est confrontée. A la fin, le destin de chacun trouvera son apogée dans une conclusion par forcément morale, mais assez jouissive.



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