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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Bénédicte Liénard et Mary Jimenez
By the Name of Tania
Sortie le 23 octobre 2019
Article mis en ligne le 20 octobre 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Basé sur des témoignages, ce film hybride raconte le destin de Tania, une adolescente forcée à se prostituer dans la région des mines d’or du Pérou. Après s’être laissé piéger par de fausses promesses de travail, Tania se remémore son enlèvement et se souvient de la perte progressive de son identité. En partageant son histoire avec un policier, elle égrène ses souvenirs et la caméra nous emmène de la jungle à la région minière, jusqu’aux bars au cœur de son exploitation sexuelle. Les paysages de l’Amazonie, la vie dans les bidonvilles immergés contrastent avec le caractère sombre de son histoire. Et bien qu’elle soit aujourd’hui en sécurité, là où brillaient autrefois sa dignité et sa jeunesse, Tania exprime une connaissance de soi plus profonde et plus amère. La ruée fébrile vers l’or combinée à la destruction de l’environnement résonne comme une allégorie de la vie sacrifiée sur l’autel du capitalisme.

By the Name of Tania est bien un film hybride que l’on pourrait cataloguer comme « docu-fiction ». Le conditionnel est de mise ici, car cette catégorie risque d’enfermer ce cinéma du réel alors qu’il échappe de toutes parts aux tentatives de l’enfermer dans un genre particulier. C’est que Bénédicte Liénard et Mary Jimenez sont ici des cinéastes du réel, d’une réalité sordide, vécue apr de nombreuses jeunes filles, parfois presque des enfants piégées pour être placées de force dans des réseaux de prostitution. Tania est « jouée » par une jeune femme qui a pu s’en sortir, non sans blessure. Elle se fait ici la voix, la porte-parole, le le corps de nombreuses autres jeunes femmes qui n’ont pu s’en sortir, ont été battues, violées, brûlées vives, tuées... Avortées de force et obligées à « coucher » de suite avec des clients. Les réalisatrices ne montrent pas cette réalité sordide. C’est en effet Tanit Lidia Coquiche Cenepo qui est la voix, multiple, de Tania pour raconter le périple sordide qui conduit ses femmes malgré elles dans le pire que l’humanité peut produire. La violence, pour hors champs qu’elle soit, est cependant présente par la narration en voix off.

By the Name of Tania montre aussi le travail de la police et d’un Policier en particulier qui entend ces femmes violentées, abusées et dont les récits alimenteront celui de Tania. Le film est occasion aussi de découvrir des chercheurs d’or qui sacrifient leur existence pour quelques rares poussières d’or, et de plus rares pépites. Dans un récit qui nous donne à voir des images de toute beauté du Pérou et du fleuve Amazone, la caméra s’arrêtera longuement sur l’un d’eux qui plonge et replonge sans cesse la tête au fond de l’eau, ad nauseum pour tenter de trouver ce métal qui déshumanise les plus humains des hommes.

Lien vers l’interview de Bénédicte Liénard, l’une des réalisatrices.



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