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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Travis Knight
Bumblebee
Sortie le 26 décembre 2018
Article mis en ligne le 3 janvier 2019
dernière modification le 6 janvier 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • sixième film de la saga « Transformers », mais qui n’est cependant pas une suite, mais un spin-off basé sur l’Autobot jaune, et se déroulant vingt ans avant les événements du premier épisode (sorti en 2007) ;
  • remarqué avec son premier long métrage d’animation « Kubo et l’Armure Magique » (2016), Travis Knight réalise ici sa première réalisation live, lui qui est également connu pour son travail de producteur et de vice-président de l’animation pour le studio Laika (« Coraline », « L’Étrange pouvoir de Norman »).

Résumé : 1987. Alors qu’il est en fuite, l’Autobot Bumblebee trouve refuge dans la décharge d’une petite ville balnéaire de Californie. Il est découvert, brisé et couvert de blessures de guerre, par Charlie, une ado qui approche de ses 18 ans et cherche sa place dans le monde. Et quand elle le met en marche, elle se rend vite compte qu’il ne s’agit pas d’une voiture jaune ordinaire.

La critique de Julien

Depuis « Transformers » (2007), la franchise « Transformers » de Michael Bay n’avait jamais cessé d’enfoncer le clou, en proposant des scénarios et spectacles de plus en plus navrants et excessifs, jusqu’au cinquième épisode, « The Last Knight », sorti en 2017, où la franchise touchait cette fois-ci le fond, et pour de bon. Merlin l’Enchanteur, le Roi Arthur, les chevaliers de Camelot, les nazis s’étaient alors tous donnés rendez-vous dans ce film indigeste, voyageant entre les époques, et résolvant par l’occasion le mythe de Stonehenge, tandis que les robots Autobots et Décepticons se livraient toujours batailles sur la Terre, elle qui n’était en fait qu’un immense « Transformer », aux cornes géantes, du nom d’Unicron (on exagère, mais on n’en est pas loin)... Avec, de plus, un échec commercial relatif à la clef (au vu de son pharaonique budget), la saga était semble-t-elle au point mort, d’où la nécessité de relancer. Pour cela, la recette est connue : on revient aux origines !

« Bumblebee » consacre ainsi son histoire à l’arrivée sur Terre en 1987 de ce célèbre Autobots prenant la forme d’un Volkswagen Coccinelle jaune (avant de se convertir en Chevrolet Camaro), au travers d’un divertissement très grand public, et donc bien plus accessible que les derniers films de la franchise. En l’occurrence, c’est une petite bouffée d’oxygène qui ne se refuse pas !

Avant que Bumblebee ne rencontre Sam Witwicky (Shia LaBeouf), il a d’abord fait la connaissance de Charlie Watson, une jeune adolescente de 18 ans en pleine crise, et ayant perdu son père d’un arrêt cardiaque. Tandis qu’elle souhaite quitter le domicile familial au plus vite (sa maman a depuis refait sa vie), Charlie va découvrir dans une décharge de la ville fictive de Brighton Falls (à quinze minutes de San Francisco, en Californie) une vieille carcasse de voiture, qu’elle va alors retaper, avant de se rendre compte qu’elle n’est pas comme les autres... Mais elle va aussi malencontreusement envoyer un signal de présence sur Terre de l’Autobots à deux ennemis Decepticons (Dropkick et Shatter), prêts à tout pour découvrir où se cache Optimus Prime (le commandant des Autobots), ce que sait Bumblebee...

Malgré une introduction assez lourde où ça bastonne sec (comme à l’époque) ainsi qu’un scénario peu cohérent, « Bumblebee » est plutôt un bon moyen pour redonner un second souffle aux Transformers. Dans l’ensemble, le film s’apprécie pour son point d’ancrage dans le temps, soit à la fin des années 1980. Dès lors, sa photographie très eighties (voire nineties), ses décors et sa bande-originale (regorgeant de tubes) sont très plaisants. La nostalgie s’installe alors, tout comme l’envie de réécouter ces tubes intemporels.

Au niveau du spectacle, le film assure, et offre des scènes de combat entre Transformers plutôt bien fichues, et bien plus lisibles que celles de « The Last Knight », par exemple. Quelques clins d’œil au premier épisode de la saga sont aussi les bienvenus, permettant ainsi quelques raccords (surtout lors du final) aux premiers événements survenus dans le film de Michael Bay sorti en 2007. Mais il n’y a pas que cela dans « Bumblebee », puisqu’il est avant tout question du deuil d’une jeune demoiselle, très mal dans sa peau (depuis la mort brutale de son père), tout comme elle se sent rejetée par sa famille, recomposée. Mais elle va alors parvenir à reprendre les devants, et redevenir qui elle était vraiment, avant le drame, grâce à son histoire d’amitié salvatrice avec l’Autobots jaune. Comme quoi, les choses n’arrivent jamais par hasard...

Le réalisateur Travis Knight, derrière le sublime « Kubo et l’Armure Magique » (2016) pour le studio Laika, fait ce qu’il peut avec le matériel d’origine, et s’en sort avec les honneurs. Tout comme Hailee Steinfield, interprétant Charlie, et révélée en 2010 dans le « True Grit » des frères Coen, pour lequel elle a reçu une nomination à la 83e cérémonie des Oscar 2011 dans la catégorie Meilleur actrice dans un second rôle (elle qui est aussi chanteuse). Aussi, son partenaire d’écran Jorde Lenderborg (dans le rôle du voisin Memo) est plutôt cocasse avec ses airs de froussards amoureux. Par contre, on fermera les yeux devant John Cena, sorte de Dwayne Johnson dernière génération. Et ça, franchement, on s’en passerait bien (et de tous les deux).



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