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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Martin Koolhoven
Brimstone
Sortie le 18 janvier 2017 en Belgique et le 22 mars en France
Article mis en ligne le 30 décembre 2016

par Charles De Clercq
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L’abus du « religieux » et des Ecritures dans toute son horreur et son abomination !
Un western « calviniste », sombre, désespéré et très violent. 84/100

Synopsis : Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…

Acteurs : Kit Harington, Dakota Fanning, Carice van Houten, Guy Pearce.

Certains cinéphiles se souviendront peut-être de Oorlogswinter (Winter in Wartime), réalisé par Martin Koolhoven, réalisateur, scénariste et acteur hollandais, qui est sorti sur les écrans en Belgique en fin 2008 (en France, ce fut un direct to DVD !). Son film - qu’il avait coscénarisé - avait obtenu le Gouden Film en 2009. Ce premier film avait été nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le jeune acteur principal Martijn Lakemeier (né Toby Finn Regbo en 1993) a lui obtenu en 2009, pour son rôle dans ce film, le Rembrandt Award du meilleur acteur néerlandais et le Gouden Kalf du meilleur acteur ! C’était son premier rôle. Martin Koolhoven réalise aujourd’hui son deuxième long-métrage dont il a écrit le scénario et qui a été sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise 2016.

Avec Brimstone, Koolhoven signe un western sous forme de thriller biblique et/ou religieux qui n’a aucun lien avec son homonyme réalisé par Joseph Kane en 1949. Ce deuxième long métrage est sombre, noir pervers, désespéré et totalement désespérant, d’une grande violence, tant physique que, surtout, psychologique. Nous sommes aux antipodes d’une violence « stylisée » comme celle de Quentin Tarantino. Le spectateur entrera dans la salle pour un « spectacle » de 2h30 sans aucun espoir de rédemption. Brimstone a des analogies dans la perversité avec The Night of the Hunter (La nuit du chasseur). Toutefois, cet unique film de Charles Laughton fait presque figure de conte pour enfants de chœur comparé à la mise en images d’une histoire éprouvante par Martin Koolhoven.
Gageons que tous n’apprécieront pas son film (il aurait pu faire l’ouverture du BIFFF) qui mérite cependant d’être vu, voire revu par des spectateurs exigeants et/ou cinéphiles au-delà d’un public qui n’y verrait qu’un film de « genre ». Film « biblique » donc, avec une voix off, celle d’une narratrice dont on découvrira l’identité à la fin du film dont la structure temporelle est particulière. C’est que, à l’intérieur d’un prologue et épilogue qui se situent dans le présent de la narration, soit donc son « aujourd’hui », celle-ci est principalement antéchronologique. Si la ligne du temps est A-B-C-D-E, le film est construit de la façon suivante :

  • E : Prologue
  • C : Apocalypse
  • B : Exodus
  • A : Genesis
  • D : Retribution
  • E : Epilogue

Cette ligne temporelle inversée permettra au spectateur de comprendre peu à peu les tenants et précédents des événements qui sont présentés et où le non-dit est permanent. Qui est donc cette femme, muette, sage-femme, mère d’une jeune fille et belle-mère du fils de son époux qu’elle adore ? Qui est surtout cet énigmatique et quasi diabolique révérend interprété de façon magistrale par Guy Pearce ? Quelle est l’origine de cette violence extrême ? Pas à pas, en remontant le cours du temps, le spectateur apprendra un peu plus sur les protagonistes, sur la mutité de Liz (Dakota Fanning) et son mariage, sur son enfant. Et le tout passera par de l’inceste, un bordel de western et surtout la Bible dans sa pire utilisation : perverse et machiste. Rarement il a été donné de voir à l’écran une lecture si littérale, si nauséabonde d’un texte sacré, puisant dans les côtés sombres et pervers d’un mauvais calvinisme. Scène après scène, nous découvrirons la genèse d’une insupportable horreur au nom de la religion. Les femmes reléguées au rang d’objet. Chaque être bon devra payer le prix à celui qui a le visage du Mal incarné. Peut-on y échapper ? Dans ce film aux antipodes des blockbusters américains et des traditionnels happy end, le spectateur, enchainé, devra plonger en eaux profondes - un baptême en quelque sorte, pour renoncer au mal - pour que puisse naître, peut-être, une vie nouvelle où l’espérance ne serait pas perdue !

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Bande-annonce :


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