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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Jaume Collet-Serra
Black Adam
Sortie du film le 19 octobre 2022
Article mis en ligne le 24 octobre 2022

par Julien Brnl

Genre : Action, fantastique

Durée : 124’

Acteurs : Dwayne Johnson, Aldis Hodge, Noah Centineo, Quintessa Swindell, Pierce Brosnan, Sarah Shahi, Marwan Kenzari, Djimon Hounsou...

Synopsis :
Près de 5000 ans après avoir été doté des pouvoirs tout-puissants des dieux égyptiens et emprisonné tout aussi rapidement, Black Adam est libéré de sa tombe terrestre, prêt à faire régner sa forme unique de justice, dans le monde moderne.

La critique de Julien

Onzième film de l’univers cinématographique DC, ce n’est pas la première fois que « Black Adam » est aperçu au cinéma. En effet, spin-off de « Shazam ! » (2019), cet anti-super-héros a été aperçu en hologramme dans le film de David F. Sandberg, et cela lorsque le dernier représentant vivant du Conseil des sorciers et gardien du Rocher d’Eternité (Djimon Hounsou) expliquait à Billy Batson/futur Shazam (Zachary Levi) qu’ils avaient jadis choisi un Champion, mais que ce dernier s’était servi, sans discernement, de son pouvoir dans un but de vengeance, et ainsi libéré les sept péchés capitaux (soit une équipe démons, dont Sabbac) sur la Terre. La ressemblance avec Dwayne « The Rock » Johnson ne faisait alors aucun doute, lui qui était déjà attaché au projet depuis 2007, alors qu’il avait été contacté pour jouer cet antagoniste, de son vrai nom Captain Marvel, mais rebaptisé pour éviter la confusion avec le personnage du MCU campé par Brie Larson. Réalisé par le catalan Jaume Collet-Serra, qui retrouve ainsi l’ancien catcheur après « Jungle Cruise » (2021)...

« Black Adam » raconte ainsi les origines de ce personnage qui, 2600 av. J.-C., aurait reçu lesdits pouvoirs (semblables à ceux de l’actuel super-héros Shazam), lui qui était alors un jeune esclave au service du tyrannique roi de Kahndaq, Ahk-Ton, lequel avait créé la Couronne de Sabbac (composée d’Eternium), et conférant à celui qui la porterait un grand pouvoir destructeur. Sauf que Teth-Adam (de son vrai nom) mis fin à son règne à l’aide de ses nouveaux pouvoirs, avant de disparaître à tout jamais. De nos jours, alors que Kahndaq est opprimé par l’Intergang, l’archéologue Adrianna Tomaz (Sarah Shahi) et ses trois acolytes tenteront de localiser la couronne. Suivie par la troupe de mercenaires que l’Intergang, exploitant les ressources locales et imposant une dictature aux habitants, Adrianna, prie en embuscade, lira alors une incantation, libérant au passage Teth-Adam de son sommeil, le Champion de Kahndaq, ce qui ne sera pas de l’avis de la Justice Society of America...

L’affiche du film annonce la couleur. Froncement de sourcil extrême pour Dwayne Johnson, bodybuildé au possible pour ce rôle qu’il prépare depuis des années. Le bonhomme, ici de tous les plans en tenue ultra moulante, fait alors tout ce qu’il sait faire de mieux, à savoir de l’anti-jeu, même si on l’a connu plus mauvais que ça, bien que son personnage n’affiche ici qu’une seule et même expression faciale. Heureusement, le fils téméraire de ladite archéologue libératrice rendra Teth-Adam plus humain qu’il ne l’était devenu, lequel rentrera d’ailleurs dans son jeu empli de sarcasme. Mais tout va beaucoup trop vite ici pour que l’on s’intéresse au moindre personnage...

Film de super-héros (très musclé), « Black Adam » nous a concocté là du Marvel bas-de-gamme, mâtiné de mythologie (bonjour « 300 », « Les Immortels » et autres « Gods of Egypt » et « Le Choc des Titans »), lequel pompe allègrement ses effets sur le cinéma schizophrène de Zack Snyder, avec ses ralentis et ses fonds verts en-veux-tu-en-voilà. La cinématographie du film de Jaume Collet-Serra nous sert aussi une photographie nauséabonde aux couleurs saturées du feu, alors que les explosions se succèdent ici à rythme effréné. Le spectacle, s’il est au rendez-vous, ne procure alors jamais de plaisir ou n’impressionne, malgré quelques trouvailles visuelles. Pas le temps donc ici de se reposer sur ses lauriers, puisque la mise en scène de Collet-Serra convoite rapidement des super-héros au secours des habitants de Kahndaq (pays fictif situé aux environs de l’Egypte), étant donné que « Black Adam » n’est pas celui qu’ils croyaient être, même s’il pourrait le devenir, en se rendant notamment à la responsable du Gouvernement Amanda Waller (Viola Davis, reprenant son rôle de responsable à la mainmise hasardeuse). Sauf qu’il décidera évidemment de camper sur ses positions, comme roi de Kahndaq, qu’il détruira cela dit sans scrupule en combattant ses amis-ennemis...

La Justice Society of America et ses représentants que sont ici Hawkman (Aldis Hodge), Doctor Fate (Pierce Brosnan), Cyclone (Quintessa Swindell) et Atom Smasher (Noah Centineo) sont dès lors ici introduits, mais tels des cheveux dans la soupe, lesquels sont pourtant intriguants et charismatiques (surtout pour les deux premiers). Mais force est de constater qu’ils arrivent cinématographiquement trop tard comparé à leurs confrères du MCU, leur comparaison étant inévitable avec certains personnages devenus emblématiques du MCU, tels que Doctor Strange ou Ant-Man, même si ces derniers ont été créé vingt ans plus tard que leurs aînés du DC. Aussi, on n’en sait trop peu sur leur propre histoire, lesquels auraient mérité un meilleur traitement que celui d’être envoyés en éclaireurs pour faire le sale boulot. Que dire également du vrai antagoniste de l’histoire, Sabbac, lequel ressemble, comme deux gouttes d’eau, à Steppenwolf, vu dans « Justice League » (2017) ? Et quid de « l’Intergang » ? Bref, c’est ce qu’on appelle du gâchis !

Une fois de plus, les scénaristes du DCU ne semblent pas savoir quoi faire de leur riche catalogue, et ceux-ci nous le prouvent avec « Black Adam », lui qui fait du surplace sur près de deux longues heures, avec une action assez répétitive, sans quasiment aucun second degré. « Black Adam » manque donc cruellement d’identité, à la fois visuelle et narrative, lui qu’on a déjà l’impression d’avoir croisé, ce qui est cependant le cas, étant donné le clin d’œil que lui a fait le film « Shazam ! », lequel connaître d’ailleurs bientôt une suite, « Shazam ! La Rage des Dieux », prévue, si tout va bien, pour mars de l’année prochaine. Reste alors ici la promesse d’un avenir qu’on espère plus radieux et moins artificiel que ce « Black Adam », tel que nous l’annonce la scène post-générique, et son combat de titans à venir, même si l’on baille déjà d’impatience...



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