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Pierre Coré
Belle et Sébastien : Nouvelle Génération
Sortie du film le 19 octobre 2022
Article mis en ligne le 19 octobre 2022

par Julien Brnl

Genre : Aventure, film familial

Durée : 96’

Acteurs : Michèle Laroque, Robinson Mensah-Rouanet, Alice David, Caroline Anglade, Syrus Shahidi, Aurélien Recoing, Lou Lambrecht...

Synopsis :
Sébastien, 10 ans, passe ses vacances à contrecœur à la montagne chez sa grand-mère et sa tante. Il doit donner un coup de main à la bergerie, rien de bien excitant pour un garçon des villes comme lui... mais c’est sans compter sur sa rencontre avec Belle, une chienne immense et maltraitée par son maître. Prêt à tout pour éviter les injustices et protéger sa nouvelle amie, Sébastien va vivre l’été le plus fou de sa vie.

La critique de Julien

Après la saga de trois films débutée en 2013 et terminée cinq ans plus tard, laquelle a vu succéder respectivement les réalisateurs Nicolas Vanier, Christian Duguay et Clovis Cornillac autour du jeune Félix Bossuet (Sébastien) et de Tchéky Karyo (César, son grand-père), il n’aura fallu que quatre ans pour que Gaumont Productions relance la poule aux œufs, que sont les aventures de « Belle et Sébastien », toujours de l’œuvre de Cécile Aubry. Rassurez-vous, l’argument n’est pas seulement ici que commercial, étant donné qu’il s’agit là d’une « nouvelle génération » (d’où le titre), étant donné que cette aventure ne se déroule pas à la suite des précédentes (dans les années 40), mais bien de nos jours. L’occasion était donc trop... belle pour relancer la franchise.

Mise en scène cette fois-ci par Pierre Coré, à qui l’on doit « L’Aventure des Marguerite » (2020), adapté quant à lui de l’ouvrage « Le Temps des Marguerite » de Vincent Cuvellier, ce nouveau film façon « reboot » nous emmène alors à la rencontre de Sébastien (Robinson Mensah-Rouane), un petit parisien passionné de skateboard, lequel devra passer à contrecœur ses vacances à la montagne, dans les Hautes-Pyrénées, chez sa grand-mère endeuillée (Michèle Laroque, plutôt dans la retenue ; ce qui la change) qu’il connaît très peu, tandis que sa tante (Alice David) vit également dans les parages. Le jeune garçon fera alors la rencontre d’une grande chienne blanche (un Patou des Pyrénées) maltraitée par son maître, qui n’est autre que le compagnon de sa tante (Syrus Shahidi), manigançant quant à lui un projet de machine à neige artificielle tirant sa source en eau dans une réserve secrète, reposant sous des terres qui ne lui appartiennent pas...

Outre la volonté de transposer cette histoire et ses grandes lignes dans l’ère contemporaine et de confronter son jeune héros au monde rural (totalement) opposé au sien, ce film nous montre une nouvelle vision de l’amitié qui est au cœur de récit, dans le sens où Belle est maintenant un animal épris d’état sauvage, que son nouvel ami ne cherchera jamais à apprivoiser, mais bien à libérer des mailles du filet de son maître. Aussi, cette « Nouvelle Génération » est l’occasion pour son metteur en scène (et le coscénariste Alexandre Coffre) d’illustrer le pastoralisme et la transhumance, étant donné que la grand-mère de Sébastien l’initiera tant bien que mal à la tâche. Il est également question ici d’écologie, par le biais notamment de la pénurie en eau, ou encore de la fonte des neiges (ici en montagne). Cependant, on peine à voir l’idée par laquelle Pierre Coré illustre ici la pression touristique exercée sur la région filmée. Sans compter que tous les thèmes ici abordés le sont en surface, l’aventure en question étant parsemée d’ellipses scénaristiques, au profit de la fiction formatée de bons sentiments, de l’action primaire, laissant alors place aux ingrédients qui ont fait (et font encore ?) le sel de « Belle et Sébastien ».

Autour d’une famille dysfonctionnelle où des zones d’ombres planes, notamment vis-à-vis des secrets de la grand-mère vis-à-vis de ses deux filles, cette nouvelle aventure codifiée de « Belle et Sébastien » reste évidemment dans les clous de la série télévisée de 1965, avec sa dimension initiatique, l’importance de la transmission des apprentissages (et cela dans les deux sens), mais également de la quête de liberté, et surtout de la relation entre l’enfant et l’animal. Au-delà de toutes ces considérations, « Belle et Sébastien : Nouvelle Génération » reste un film très accessible, aux enjeux ultra prévisibles, et bien évidemment destiné à toute la famille. Le film profite fort heureusement de la sublime photographie de Gilles Porte, tandis que le photographe animalier Vincent Munier (derrière le très chargé en émotions « La Panthère des Neiges ») a tourné tous les plans de nature. Et cela se voit à l’image, étant donné la splendeur, la luminosité de celle-ci. Et puis quels décors, l’équipe ayant passé trois mois sur le territoire des Pyrénées. Enfin, la musique de David Menke, assez symphonique et « westernienne », porte bien plus la grandeur de la nature filmée et l’émotion que l’action et la tension qui s’en dégage...



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