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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

Pernille Fischer Christensen
Becoming Astrid
Sortie le 19 décembre 2018
Article mis en ligne le 5 octobre 2018
dernière modification le 9 octobre 2018

par Charles De Clercq
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Un film classique, très humain qui nous permet de découvrir les jeunes années de l’auteure de Fifi Brindacier et de comprendre l’origine de ce personnage. 75/100

Synopsis : Un film dédié à un moment fondateur de la vie d’Astrid Lindgren, l’écrivain de Fifi Brindacier.

Acteurs : Alba August, Trine Dyrholm, Maria Bonnevie, Björn Gustafsson, Henrik Rafaelsen

Nous sommes entré en vision presse comme l’agneau qui vient de naître, innocent de tout ce qui tourne autour de ce film dont seule la mention de Fifi Brindacier réveillait des souvenirs de la bande dessinée. D’Astrid Lindgren, l’auteure suédoise de celle-ci, nous ne connaissions rien. Ajoutons que nous n’avions vu aucun film de la réalisatrice danoise Pernille Fischer Christensen.

Pour classique qu’il soit le film apporte un éclairage intéressant sur Astrid Lindgren dans ses jeunes années, à partir de ses 16 ans en 1923 jusqu’à la naissance de son premier enfant, issu d’une relation adultérine, de ses séjours au Danemark pour y voir son fils. Difficile d’en dire plus sur l’intrigue sans déflorer celle-ci et, notamment, le « moment fondateur » qui sera d’une certaine façon ce qui permettra à Astrid de créer son personnage de Fifi. En réalité ce n’est pas explicitement dit, mais évoqué.

Le récit se situe entre un prologue et un épilogue qui se situent en 1987, lors de l’anniversaire d’Astrid. Elle reçoit de très nombreux sacs postaux de courriers adressés par des enfants et des écoliers. Nous entendons leur questions à Astrid, à savoir comment elle a pu écrire des personnages qui les touchent à ce point. Ce sera pour Astrid l’occasion de se souvenir grâce à ces voix qui la questionnent. Nous la découvrirons donc depuis ses seize ans, dans un récit qui débute et se clôt dans une église presbytérienne. C’est dire qu’elle est sous un joug austère et très moralisateur dans une société suédoise machiste et repliée sur elle-même (alors même qu’au Danemark le climat est plus ouvert). Dès le début Astrid laisse place à l’humour lorsqu’il s’agit de critiquer un sermon moralisateur sur Sodome et Gomorrhe... en reprenant un des noms qui consonne en suédois comme « bonjour » (intraduisible bien entendu en français !) mais elle est aussi celle qui questionne son père sur l’égalité entre fille et garçon, homme et femme...

Nous avons découvert un beau portrait de femme, tout en nuance, réalisé par une femme qui ne condamne aucun de ses personnages, même ceux que l’on aurait envie de condamner, qu’il s’agisse de ses parents, du père de l’enfant, de Sture son patron au bureau qui, machiste au départ deviendra plus humain (l’acteur Björn Gustafsson, qui vient surtout du monde des séries télévisées, est ici « lumineux »). Si le jeu des autres acteurs est souvent tout en nuances, même dans des situations excessives, il faut relever la prestation tout en nuances et créativité du jeune acteur Marius Damslev qui interprète le jeune Lasse à l’âge de trois ans.

Ce n’est qu’après la sortie du film que l’on comprendra d’où à pu naitre la grande écrivaine pour enfants. C’es dans sa propre vie qu’elle puise dans ses douleurs, ses peines, ses combats. L’on comprend que Fifi, c’est un peu elle et vice-versa.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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