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Tate Taylor
Ava
Date de sortie : 29 juillet 2020
Article mis en ligne le 18 juillet 2020
dernière modification le 28 juillet 2020

par Charles De Clercq

Synopsis : Ava travaille en tant que tueuse à gages pour une organisation secrète. Sa spécialité : éliminer des cibles de haut rang à travers le monde. Le jour où elle reçoit des informations erronées, l’une de ses missions tourne mal. Elle est mise à l’arrêt et décide de rendre visite à sa famille dans l’espoir de recoller les morceaux de leur relation brisée. Mais sa mission échouée continue de la hanter. Pour l’organisation, toutes les traces doivent disparaître… Ava devient la cible principale et doit, en plus de se sauver elle-même, protéger sa famille.

Acteurs : Jessica Chastain, Colin Farrell, John Malkovich, Common, Geena Davis, Jess Weixler, Diana Silvers

On ne pouvait qu’avoir des a priori positifs avant d’entrer en salle pour voir le dernier film de Tate Tylor ! Après La couleur des sentiments, La fille du train ou Ma et une affiche alléchante : Jessica Chastain, Colin Farrell, John Malkovich, Common on pouvait attendre un film qui tutoyait les sommets du genre Thriller ! Euh, bémol, il s’agit aussi d’un drame ! Et possiblement, c’est cela le drame, car cet Ava tombe malheureusement à plat comme un mauvais soufflé !

C’est de fait un thriller, un film d’action que l’on découvre, mais mixé à un film dramatique et aucun genre n’est satisfaisant ! Hélas. Ce que l’on voit, c’est du « sous Besson », une mauvaise « bessonnade » ! Un énième film avec un seul prénom (féminin) où l’on met en scène non plus un héros, mais une héroïne boostée, faute de testostérone, par un passé douloureux et difficile que l’on découvrira peu à peu. C’est donc un peu Anna (mais en moins bien !). Ou Lucy, ou Nikita ou Mathilda (dans Léon !). Du déjà vu, rien ne nouveau sous le soleil ou d’un endroit du monde à l’autre, de la Normandie à Boston en débutant à Paris. Une organisation mystérieuse qui semble étendre ses tentacules dans le monde entier et se reconnaît par des numéros codés. Une tueuse à gages qui prend trop à cœur ses missions en voulant savoir pourquoi elle doit tuer et le faisant en interrogeant ses futures victimes... Des rebondissements, des traitres ou pas, un père de substitution, une soeur abandonnée, une mère tout aussi abandonnée, un ancien amant... sont censés apporté un éclairage nouveau sur le comportement d’Ava et du pourquoi elle est là et en est arrivée à cet endroit. Ah, n’oublions pas un tripot de jeu clandestin, mais qui est aussi une salle de danse ; une patronne asiatique qui a un contentieux avec Ava. A l’évidence le réalisateur vise à « humaniser » celle qui parait n’être qu’une machine à tuer.

A l’arrivée, c’est un film d’action banal, du déjà-vu à de nombreuses reprises, mais qui est terriblement pesant du fait de sa dimension dramatique, qui voudrait éclairer Ava d’une lumière bienfaisante. Il aurait fallu se concentrer sur le drame et laisser l’action loin derrière ou se focaliser sur l’action proprement dite en acceptant de mettre en avant quelques acteurs dans un genre différent ce celui où on les découvre habituellement. Cela fait une belle affiche et l’on se dit que le gros du coût du film aura servi à payer des acteurs.

L’honnêteté oblige à ajouter qu’un confrère et ami critique a été conquis par le film. Il y a vu du « sur Besson » : des combats très bien chorégraphiés, un drame qui met en valeur l’absence du père, les images du père de substitution, les relations avec un ancien amant, avec un soeur et la réconciliation avec une mère qui n’a jamais douté de sa fille, mais a fait un mauvais choix. Malgré cela notre point de vue n’a pas vraiment basculé !