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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Gary Dauberman
Annabelle : la Maison du Mal
Sortie le 03 juillet 2019
Article mis en ligne le 19 juillet 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • premier film en tant que réalisateur de Gary Dauberman, scénariste de « La Nonne », du diptyque « Ça » (le chapitre deux arrive le 18 septembre prochain) et de la saga « Annabelle », y compris de ce troisième volet ;
  • suite directe du film « Annabelle » (2014) de John R. Leonetti, lequel s’ouvre à la fois sur le prélude du film « Conjuring : les Dossiers Warren » (2013) et « Annabelle ».

Résumé : Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…

La critique de Julien

On avait laissé Annabelle avec « La Création du Mal »(2017), spin-off de David F. Sandberg, qui revenait donc, comme son titre l’indique, sur les origines de la poupée. On y apprenait qu’un démon avait répondu à l’invocation faite par Esther et Samuel Mullins après la mort accidentelle de leur fille Annabelle, priant pour pouvoir la revoir, lesquels ont alors été dupés, et on transféré l’essence du démon dans l’une des poupées en porcelaine fabriquées par Samuel... De fil en aiguille, la malédiction est arrivée jusqu’aux portes des Higgins, tandis que l’objet est arrivé dans les mains des Form, puis dans celles de Debbie, comme en témoigne la scène d’ouverture... La poupée possède ainsi le pouvoir de jouer un intermédiaire entre le démon en question et l’hôte humain qu’il cherche à posséder.

Dans « La Maison du Mal », qui est la suite directe du premier film de John R. Leonetti consacré au célèbre personnage inspiré par une affaire des Warren (mais dont l’apparence diffère totalement avec celui de la vraie, nettement moins grimée et menaçante), le couple de démonologues Ed et Lorraine Warren part enquêter le temps d’une nuitée. C’est alors à la baby-sitter Mary Ellen qu’ils confient la garde à domicile de leur fille Judy. Mary se mettra alors en tête pour l’occasion de fêter à l’avance l’anniversaire de la petite, ce qui lui permettrait de lui changer les idées, étant donné qu’elle est de plus en plus sujette à des visions (comme sa maman), alors que l’esprit d’un prêtre semble la suivre, elle qui fût déjà (souvenez-vous) embêtée par Annabelle dans « Conjuring 2 : le Cas Enfield ». Mais une amie de Mary Ellen, Daniela, s’invitera chez les Warren, le temps de la soirée en question, mais avec la fervente intention d’accéder, en cachette, à la « salle interdite », où sont stockés tous les objets récupérer par les Warren au cours de leurs enquêtes, lesquels ont été bénis, bien que l’un d’entre-eux demeure coriace, et nécessite en plus d’être enfermé dans une vitrine : Annabelle. Évidemment, la demoiselle mettre la clef sur... les clefs ouvrant la porte de la salle, et tentera de communiquer avec son défunt père, récemment mort dans un accident de voiture, alors qu’elle était conductrice du véhicule... Elle commencera alors par toucher à tous les artefacts, tout en invoquant les esprits présents dans la pièce, en espérant parler à celui de son papa. Mais sans résultat. Par contre, elle réussira à laisser la vitrine de la poupée ouverte...

Autant dire dès le départ que le scénario de « Annabelle : la Maison du Mal » repose sur un ticket de métro, et n’est ici que prétexte à introduire plusieurs spin-off possibles autour de monstres introduits dans le film, et ceux déjà rencontrés dans « Les Dossiers Warren », et que ré-exploite ainsi le film. Parmi ceux-là, il y a notamment la Boîte à Musique, le Singe Mécanique, ou encore l’Armure japonaise. Alors que les deux premiers ne font que décorer les étagères, le troisième a droit à un peu plus de contenu, ou devrait-on dire de scènes, tandis que des indices sur ses pouvoirs nous sont dévoilés. Mais rien de plus... C’est véritablement d’un musée des horreurs dont il est question ici, avec l’apparition de nouveaux démons prêts à effrayer la foule, en commençant par Judy, Mary et Daniela, étant donné l’esprit démoniaque d’Annabelle libéré.

Celui qui s’offre le plus long segment est sans doute le Ferryman (le Passeur en version française), lequel est un démon qui collecte les âmes en plaçant des pièces sur les yeux de ses victimes, lesquelles sont enterrées dans des murs. Une scène du film, où Mary écoute une cassette, lui offre ainsi une belle introduction. Il y a également la Mariée Voilée, avec sa robe ensanglantée, mais à ne pas confondre avec la Dame Blanche du même univers, laquelle était dédiée au film de Michael Chaves, sorti en avril dernier, même s’il y aurait des similitudes entre elles. Mais à quand la Veuve Attristée ? Bonjour en tout cas l’originalité... On y croise aussi le Loup-Garou des Enfers (ou le Hellhound), soit l’esprit d’un loup-garou, inspiré du folklore allemand, et bien plus encore d’un vrai cas rencontré par les Warren, alors qu’un homme était apparemment possédé un tel esprit. Il se murmure d’ailleurs que ce monstre serait au cœur de « The Conjuring 3 », qui sortira en septembre 2020. Par contre, pas encore de nouvelles du Crooked Man, rencontré dans « Le Cas Enfield ».

Affaire à suivre ! Enfin, aux rayons des objets assez spéciaux qui hantent les trois demoiselles, et qui pourraient être davantage développés dans d’autres films, on peut aussi citer un jeu de société Feeley Meeley pas très fair-play, un vieux téléviseur capable de prédire l’avenir proche en images et d’hypnotiser et perdre ses victimes, ainsi qu’une machine à écrire qui tape toute seule... Une chose est certaine, le « Conjuring-verse » a encore de beaux jours devant lui !

Alors qu’il n’est question que d’une longue nuit de frayeurs jouant sur l’effet de peur plutôt que sur la peur en elle-même, « Annabelle : la Maison du Mal » ne prend pas beaucoup de risques, et n’enchaîne qu’avec un florilège d’horreurs, venant de tous les côtés. À force d’être ainsi gourmand, le film se perd à son tour, et rien n’en ressort de bien intéressant, malgré un effort réalisé quant à la psychologie et l’empathie de ses personnages, et le retour toujours apprécié d’Ed et Lorraine Warren. Mais on en viendrait même à s’ennuyer un peu devant ce spectacle mal dosé, répétitif, grandiloquent, mais certainement riche en menaces. Les fans de fantômes et autres devraient ainsi être ravis... En tout cas, force est de constater que l’image d’une poupée rapporte gros à ses investisseurs... Alors pourquoi s’en priver ?



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