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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Luc Besson
Anna
Sortie du film le 10 juillet 2019
Article mis en ligne le 23 juillet 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • dix-huitième film de Luc Besson, lequel sort après le cuisant échec de « Valérian et la Cité des Mille Planètes » (2017), ayant coulé EuropaCorp, la société de production du réalisateur ;
  • le cinéaste retrouve le compositeur Éric Serra, lui qui a participé à tous ses films, excepté « Angel-A », « Malavita » et « Valérian et la Cité des Mille Planètes ».

Résumé : Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.

La critique de Julien

Plus rien ne va pour Luc Besson. Interrogé à l’époque par le site Screen Daily, il avait assuré qu’il n’y avait presque aucun risque de perte financière si « Valérian et la Cité des Mille Planètes » venait à se planter au box-office, lui dont le budget s’élevait à 197,47 millions d’euros de budget de production, devenant la production française la plus chère de tous les temps.

Pourtant, force est de constater que le film a accusé une perte nette de plus de 70 millions d’euros, engendrant la suppression de postes au sein de la société, ainsi que la cession des activités télé en Europe d’EuropaCorp. Et ce n’est pas tout, puisque la maison de production a été forcée de renoncer à ses activités de distribution. Ainsi, « Nous Finirons Ensemble » de Guillaume Canet a été distribué par Pathé, tout comme son nouveau film, « Anna ». Sans oublier une plainte pour viol, déposée le 19 mai dernier, contre Luc Besson, dans la foulée de l’affaire Weinstein. S’il fait ainsi la une de l’actualité, ce n’est sans pas pour les bonnes raisons, d’autant plus que l’on a appris la semaine dernière que Besson, surendetté, aurait décidé de céder sa société au groupe Vine, un fonds américain auquel il doit cent millions de dollars, lui qui aurait donc refusé l’offre de Jérôme Seydoux (Pathé), lequel distribuait pourtant les films EuropaCorp depuis décembre... Qu’a cela ne tienne, Luc Besson joue aujourd’hui cartes sur table avec la sortie de son nouveau film « Anna », lequel commentait en octobre 2017 à son propos : « Anna, quand Nikita rencontre Léon ». Et c’est sûr qu’avec ce film d’action, le cinéaste ne prend aucun risque, et recycle son catalogue de personnages féminins « badass »...

Porté par le mannequin russe Sasha Luss, aperçue dans son précédent film où elle interprétait la princesse Lihö-Minaa du peuple des Pearls, « Anna » raconté l’histoire d’une femme aux multiples facettes, telles une matriochka, et avide de liberté. Mais pour cela, il lui faudra passer par différents jobs, tel que celui d’espion pour le KGB, formé par Alexander Tchenkov (Luke Evans), sous les ordres de la très exigeante Olga (Helen Mirren). Mais c’est sans compter sur sa rencontre en cours de route avec Lenny Miller (Cillian Murphy), un agent de la CIA en quête d’une grosse affaire, et du renversement du KGB...

Pour celui qui est venu chercher ici de quoi se divertir tout en déconnectant son cerveau, celui-ci sera peut-être convaincu par « Anna », pour autant qu’il ne soit pas fatigué du cinéma de Besson, et de ses figures féminines intouchables. Car ce film, c’est un melting-pot de ce que le réalisateur fait de plus mauvais, et de facile dans son genre, lui qui enchaîne avec ses faux gimmicks à l’Américaine, et un sérieux manque de finesse.

Pourtant, le scénario tente de jouer avec le spectateur, et nous donne à changer notre point de vue de chaque situation par des flash-black plutôt efficaces, de premier abord, inversant ainsi la tendance, avant d’en abuser totalement, rendant ainsi le scénario hautement improbable. Dès lors, Besson joue sans cesse de cette astuce pour nous tenir en haleine dans cette histoire maintes fois vue au cinéma, au travers d’autres figures, et notamment celles du réalisateur, avec « Nikita » (1990) en meilleur exemple. Mais l’autre problème, c’est que son personnage ne dégage aucune tension, lui que l’on sait de toute manière intouchable. Entre nous, c’est quand même assez stupéfiant que par le nombre d’hommes qu’elle tuera (par qu’il n’y a que ça), il n’y en ait même pas deux pour l’encercler, et la tuer par balles ! Et même s’il paraît bien chorégraphié, on lui préférera largement « Red Sparrow » (2018) ou encore « Atomic Blonde » (2017), bien plus consistants.

Une autre mauvaise habitude que l’on retrouve dans ce genre de film, ce sont les méchants Russes, prêts à tout pour tuer du ricains, et doublés avec un accent pitoyable. Pitié que c’est stéréotypé, et surtout daté, d’autant plus ici que tout le monde tire dans le dos de tout le monde, et retourne sa veste... Tel un remake poussif de son film de 1990, « Anna » se révèle également assez misogyne par rapport à la position de la femme et du regard que l’homme porte sur elle, même s’il est, en fin de compte, question ici de la libération d’une femme, malgré tout ce par quoi elle devra passer, d’assez humiliant.



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