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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

François Desagnat
Adopte un veuf
Sortie le 20 avril 2016
Article mis en ligne le 15 avril 2016
dernière modification le 27 avril 2016

par Charles De Clercq
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On s’amuse beaucoup, les gags font mouche ; le film est un peu trop long.
Les acteurs et leurs personnages sont souvent « savoureux » ! 60/100

Synopsis : Lorsqu’on est veuf depuis peu, il est difficile de s’habituer à sa nouvelle vie... C’est le cas d’Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée. Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d’un logement s’invite chez lui ! D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes. Entre les errements de Paul-Gérard que sa femme a quitté et les gardes à l’hôpital de Marion la jeune infirmière un peu coincée, la vie en colocation va réserver à Hubert de nombreuses surprises…

Acteurs : André Dussollier, Arnaud Ducret, Liam Engle, Bérengère Krief.

Y’a d’la joie à regarder cette comédie française ! C’est d’ailleurs cette chanson de Charles Trenet qui inaugure le film, contrastant ainsi avec l’image d’un homme sombre et triste, seul dans son fauteuil. Il s’agit d’Hubert Jacquin (André Dussollier) veuf qui par un concours de circonstances va voir sa vie chamboulée par l’irruption d’une jeune fille enthousiaste et survoltée.

On pouvait craindre le pire, s’agissant d’un film réalisé par François Desagnat dont plusieurs garde le triste souvenir de La beuze, une daube (avec Michaël Youn dans le rôle principal) considérée par certain comme appartenant à la liste des pires films de tous les temps. Ses autres films ne rencontrèrent pas non plus le succès : Le jeu de la vérité, 2014, est boudé par le public ; Le jeu de la vérité, avec Daniel Auteuil n’avait pas séduit en 2008, pas plus que Les onze commandements en 2004 ! Autant dire que l’on pourrait comprendre les journalistes qui boudèrent la vision presse de ce nouveau film.

Et ils ont eu tort. Certes, ce n’est pas la comédie du siècle, mais elle est bien construite, les situations et dialogues font mouche même si le scénario est sans surprise. Dès le début on se doute bien du mode de fonctionnement du film qui jouera sur les oppositions entre personnes de caractères différents et la façon dont ils réagissent et interagissent. Cela fonctionne sur le même modèle que L’étudiante et Monsieur Henri (qui lui est largement supérieur) ou Le grand partage (qui lui était moins bon et dispensable même s’il était très jubilatoire).

Le dossier presse ne manque pas de signaler qu’au-delà de la comédie le film aborde des sujets graves (la difficulté de bien se loger ou même de trouver un logement et l’impuissance des soignants face à la maladie et à la mort) : « Ce qui me plait, c’est de pouvoir aborder ce genre de sujets par l’intermédiaire de la comédie. Même si j’ai du mal à assumer cette comparaison, je trouve que c’est bien là que réside la grande force des comédies anglaises, comme Full Monty. Dans les films de référence dont j’ai parlé à mes collaborateurs, il y avait Il était temps (About Time) de Richard Curtis. Il s’agit d’un film qui aborde des sujets graves – la maladie, la mort, les relations familiales – à travers une comédie fantastique. J’ai du mal avec les films »essentiels" qui veulent absolument raconter une histoire sociale ou une injustice. Je suis plus sensible aux grands sujets qui passent par le prisme des personnages, ou par un chemin narratif détourné. À mon avis, les thématiques ne doivent pas venir vampiriser le film : au contraire, elles lui donnent un appui réaliste.
De même, j’avais envie d’inscrire l’aspect médical du récit dans la réalité. Mais il me semblait que c’était plus fort de raconter un épisode qui ne se déroule pas dans l’ordre des choses. Comme le film s’intéresse au passage à l’âge adulte, il fallait que le personnage de Marion traverse une épreuve et Hubert l’aide à passer ce cap.
"

Ces thèmes sont certes présents, mais ne font pas l’essentiel du film qui ne peut pas être comparé à Full Monty ou à About Time (et puis dans ce dernier il y avait Spiegel im spiegel de Arvo Part, même s’il est de plus en plus souvent mis à toutes les sauces !). L’essentiel du film ce sont ces situations, tendres et comiques à la fois, qui font rire beaucoup, souvent et parfois un peu réfléchir. Ainsi cet homme, veuf, qui est-il ? Ou plutôt qui était-il ? Comment le sortir de la grisaille ? Une veste jaune nous donnera à découvrir une facette de ce qu’il était auparavant ? De même, des conversations avec la boulangère ou une infirmière...

Le casting est assez juste et chacun des protagonistes aident à faire fonctionner l’humour et la comédie tout en nous offrant l’occasion de réfléchir sur la solitude, la solidarité et les limites de la vie en commun (thème aussi abordé, mais autrement par Thomas Vinterberg dans Kollektivet (The Commune). On oubliera probablement le film assez vite, mais on le reverra volontiers lors d’une probable sortie en télévision en prime time ! Mais pendant 1h37, on aura pris beaucoup de plaisir a voir ce film. Justement, à propos de sa durée, notre bémol irait là. Le film aurait gagné à être plus concis et tenir en 1h25. Certains gags sont inutiles et tirent en longueur. Mais que cela n’empêche pas d’aller dans les salles pour vous dérider en ces temps assez sombres !


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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