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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

Daniel Lambo
Ademloos (Breathless)
Sortie le 5 septembre 2018
Article mis en ligne le 24 août 2018
dernière modification le 12 septembre 2018

par Charles De Clercq
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Un film coup de poing, une vérité qui dérange et que l’on tait ! A voir absolument.

Synopsis : Après la mort de son père et de nombreuses autres personnes dans son village en Flandre, le réalisateur Daniel Lambo entame une quête passionnante pour découvrir la vérité sur la dangereuse industrie de l’amiante. Ses recherches l’emmènent dans la plus grande décharge à ciel ouvert d’amiante en Inde et révèlent une industrie sans compassion, qui met en danger, aujourd’hui encore et sur toute la planète, les vies des travailleurs et des consommateurs.

Synopsis long : Kapelle-op-den-Bos, entre Bruxelles et Anvers, au bord du canal de Willebroek, est un village rural calme et sans histoires. C’est là que naît le cinéaste Daniël Lambo. La vie y est prospère, surtout grâce à une usine, qui assure de l’emploi aux habitants. Le père de Daniël y est ouvrier et syndicaliste.

Daniël, lui, y travaille pendant les vacances. L’entreprise est alors la plus grande multinationale productrice d’amiante au monde et fait la fierté de l’entrepreneuriat belge. Son nom : Eternit.

Quand Daniël cherche à savoir pourquoi tant de personnes de son village meurent aujourd’hui de l’amiante, il se heurte à une omerta. Mais il y a des exceptions, comme Eric Jonckheere qui a perdu son père, sa mère et ses deux frères, emportés par le mésothéliome. Sa mère, Françoise, avait entamé un procès contre Eternit, Eric a repris le flambeau. La famille a gagné l’affaire en 2017. En tant que président d’Abeva, l’association belge des victimes de l’amiante, Eric se bat aussi pour une interdiction mondiale de la production d’amiante. L’amiante n’appartient pas au passé, la visite à Kapelle de l’avocat et activiste indien Tublu Krishnendu Mukherjee en atteste. Tublu mène l’enquête sur le fléau causé par Eternit en Inde et cherche des appuis dans son procès contre la multinationale de l’amiante. Daniël, à son tour, se rend dans le village de Kymore, dans la province indienne de Madhya Pradesh, où est installée une usine d’amiante-ciment ayant appartenu à l’entreprise belge Eternit.


Qu’en penser ?

Le cinéaste Daniël Lambo concerné au plus près par l’amiante : des proches et amis en sont morts ou sont atteints d’asbestose ou de mésothéliome, lui-même est contaminé pour avoir travaillé à l’usine Eternit durant les vacances, sur proposition de son père syndicaliste et connaissant déjà à l’époque les dangers de l’amiante ! Le réalisateur va planter sa caméra dans deux villages : Kymore, en Inde, et Kapelle-op-den-Bos, en Belgique, là où se trouve l’Usine ! Une usine qui fait vivre le village et les oblige à se taire. Soit parce que la firme leur verse 42.000 euros par personne comme dédommagement et abandon de tout recours contre la société, soit encore parce que le silence est là, plus ou moins volontaire parce que l’usine a fait vivre et fait encore vivre de nombreuses personnes. L’emploi c’est justement ce dont il est question à Genève où l’on doit débattre du caractère dangereux de l’amiante et de sa possible interdiction ; dès le début du film, après une introduction en Inde où une femme seule, debout dans la montagne parle du sens de la vie et de la mort, et de l’inutile accumulation des richesses pour l’humain qui nait sans rien et meurt de même. A Genève, des pays s’opposent parce que trop d’emplois sont concernés ; le réalisateur reviendra sur ces images à la fin de son documentaire.

Naïvement, nous pensions que cette affaire d’amiante était clôturée, la responsabilité de la société reconnue (en témoigne un procès que l’on évoque à plusieurs reprises et où les représentants de la dame contaminée dans le village probablement par les vêtements de son mari, et où la société a été reconnue coupable et à verser des indemnités. Et si celles-ci sont moindres que ce que la firme versait d’office, l’important était et est la reconnaissance juridique de la responsabilité) et l’amiante interdit ! En réalité il n’en est rien et la firme a délocalisé l’activité et de l’amiante est encore utilisé dans plusieurs pays, notamment en Inde, mais pas que, sans aucune précaution pour les ouvriers, le personnel, les habitants et l’environnement. Tout au plus, l’ouvrier recevra... un casque pour se protéger la tête !

L’on apprendra même que le médecin de la firme et du personnel d’encadrement sont eux-mêmes morts de maladies ou cancers liés à l’amiante et pourtant le silence demeure ; une chape de plomb (ou d’amiante !).

Ce documentaire est un véritable coup de poing, dans la figure et dans le corps. Ici, toute considération esthétique sur le film, la façon de filmer, l’image, le son est seconde, voire secondaire, car ce qui importe, c’est le message. Et le film arrive à le faire passer. Jusqu’à donner au spectateur un sentiment d’écœurement de voir ainsi bafoués les droits les plus élémentaires à une sécurité de santé et de vie.

Echangeant avec un confrère en sortie de vision presse, nous nous sommes dit que l’on devrait se présenter devant ces délégués qui à Genève viennent défendre la non-dangerosité de l’amiante et leur en souffler quelques poussières dans les narines. Bien sûr on ne peut pas le faire, mais l’on imagine immédiatement les cris d’orfraie et l’accusation d’agression avec un produit dangereux. Nous songeons ici à cette vidéo qui a circulé sur Internet où l’on découvrait l’interview d’un responsable de Monsanto qui garantissait l’innocuité du Roundup ! Arguant que l’on pouvait en boire sans danger. Et lorsque le journaliste, le prenant au mot, lui en propose en verre, il refuse en disant qu’il n’était pas fou !

Diaporama

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Photo du réalisateur sous (c) Griet Hendrickx



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