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Maïwenn
ADN
Date de sortie : 28/10/2020
Article mis en ligne le 17 octobre 2020

par Charles De Clercq

Synopsis : Paris en plein été est une ville déserte. Neige rend visite à Emir, son grand-père d’origine algérienne, qui vit dans une maison de repos. Le vieil homme l’a non seulement élevée mais il l’a aussi protégée contre sa situation familiale compliquée. Au décès d’Emir, les tensions au sein de la famille s’intensifient et Neige tombe en pleine crise identitaire.

Acteurs : Maïwenn, Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth, Dylan Robert

L’ADN fait désormais partie du patrimoine culturel si l’on nous permet de faire ce jeu de mot. Il en est question dans les affaires policières mais aussi dans la quête des origines. Celui-ci permet d’identifier parents ou enfants mais aussi le bassin ethnographique dont nous dépendons, ou plutôt les car nos origines sont multiples. Le dernier film de Maïwenn touche justement aux origines, à la culture et le fait par la médiation de la mort d’un ancêtre. Au service de ce récit, outre la réalisatrice, des acteurs et actrice de talent, dont Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth mais aussi Dylan Robert (20 ans), qui avait obtenu à 18 ans le César du meilleur espoir masculin pour le film Shéhérazade. Il a hélas depuis défrayé l’actualité « dans le cadre de l’enquête sur le braquage d’un restaurant de Marseille le 25 octobre 2018 ». il a été « interpellé fin janvier 2020 à la gare de Marseille-Saint-Charles de Marseille puis placé en détention provisoire à la prison des Baumettes ». On peut le regretter d’autant que son jeu transcende le film ADN. L’on pourrait y voir la chronique d’une vie familiale ordinaire avec ses hauts et ses bas, ses tensions, les drames mais aussi la surcharge affective que nous plaçons sur nos défunts.

C’est d’ailleurs une réalité que nous pouvons rencontrer lorsque nous assistons à certaines célébrations de funérailles. Lorsque nous ne parlons que des qualités d’un défunt, nous le tuons une deuxième fois parce que celui dont on parle ne peut pas se reconnaître en vérité dans le tableau que l’on fait de lui. Pour aussi belle que soit l’image, on est passé à côté... Notre vie ce sont des hauts et des bas, des joies, des difficultés, des rancœurs et il est bien difficile de rendre compte de cela... bien souvent cela vire à régler ses comptes. C’est aussi l’expérience de la difficulté de trouver l’émotion juste. Ainsi des situations dramatiques qui tourneront au rire ou l’inverse. Se souvenir du passé d’un autre, c’est aussi se souvenir du sien. La réalisatrice arrive à transmettre justement cet ADN, celui de ses émotions, de sa culture, de ses racines. Si son film n’est pas un grand film il témoigne d’une vie, d’une mort, de racine en montrant comme lâcher prise (« mon » défunt ne m’appartient pas) mais aussi transmettre un héritage, une vie, ce que peut-être seule la mort, le lâcher prise ultime, permet.