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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Gore Verbinski
A Cure for Wellness (A Cure for Life)
Sortie le 15 février 2016
Article mis en ligne le 12 février 2017
dernière modification le 6 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse. Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients. Alors qu’on lui diagnostique le même mal qui habite l’ensemble des pensionnaires, Lockhart n’a plus d’autres choix que de se soumettre à l’étrange traitement délivré par le centre… la Cure.

Acteurs : Jason Isaacs, Dane DeHaan, Celia Imrie, Lisa Banes, Mia Goth, Carl Lumbly.

Gore Verbinski est un réalisateur dont nous avions apprécié Lone Ranger, contrairement à beaucoup de confrères de la presse. Autant dire que la sortie de son dernier film était attendue avec impatience, d’autant plus que les journalistes avaient pu découvrir les quarante premières minutes du film à la mi-décembre 2016. Et celles-ci étaient à tout le moins prometteuses et fascinantes. A la sortie, l’enthousiasme était loin d’être au rendez-vous. Si les images, le cadre et l’ambiance sont toujours au top niveau, c’est surtout au niveau du scénario que la pilule (ou la cure ?) ne passe pas et que c’est la goutte qui fait déborder le vase. Vous trouverez en fin d’article le lien vers la critique en français d’un blogueur francophone enthousiaste même si, à le lire entre les lignes, il met quelques défauts en exergue. En gros, et plus encore, ceux-là mêmes qui font que certains caleront devant le film. Et tout d’abord il y a une insupportable longueur qui n’apporte rien à l’histoire sinon donner de la place à une multitude de pistes potentielles. Celles-ci sont nombreuses et même si le spectateur aura probablement compris après une heure où le réalisateur veut en venir, il est difficile de pousser plus loin la critique ou la description des fausses pistes au risque de spoiler complètement le film.

Les images sont donc belles, les situations parfois angoissantes, le jeu des acteurs au service de l’intrigue et tout particulièrement le très juvénile Dane DeHaan. L’exploitation des décors et en particulier le château (Hohenzollern en Allemagne, à environ 50 kilomètres au sud de Stuttgart) et les extérieurs est au top niveau. Pour les intérieurs (dont nous n’avons pas de précision sur leur situation réelle : le château, un studio ?) la réitération des scènes et parcours tourne au trop-plein.
Habituellement, l’on ne se plaint pas des fausses pistes, surtout dans un film policier, elles sont ici mal exploitées, parfois seulement suggérées, laissées au gré de l’imagination du spectateur qui oscillera entre un thriller financier et un film fantastique.
Hélas, la piste choisie, surprenante et qui fait penser à certains scénarios de la Hammer, est intéressante sur le plan de la mise en scène, mais très décevante en termes de cohérence. Même dans le fantastique ou la science-fiction il faut garder un principe de vraisemblance ! Les supposés peuvent être farfelus, boiteux, et on les accepte, mais il faut faire tenir l’édifice. Or, ici, celui-ci ne tient pas. Aucune explication sur le pourquoi et le comment, et s’il y a bien une solution finale, c’est en brûlant ce que l’on a adoré sans clore les fausses pistes ouvertes et donner aucune explication sur le fonctionnement de la cure, ni sur ceux qui ont sont les sujets ou objets.

Enfin, là où nous citons régulièrement Frédéric Mignard que nous apprécions, il est difficile de le suivre lorsqu’il écrit : « Le réalisateur ose l’audace en alignant les séquences malaisées (…), et ne se montre nullement pudique quant à la nudité ».

Nullement pudique ? Là on demande à voir… enfin, façon de parler. Certes l’on voit des corps nus dans des cuves, des corps de vieillards, hommes et femmes. Et les corps sont adipeux souvent, comme ceux des femmes dans la séquence inaugurale de Nocturnal Animals ! Mais « nullement pudique » ? Sérieusement ? Mais alors, pourquoi mettre un sous-vêtement aux hommes et laisser les femmes nues ? S’il y a là un problème de pudeur typiquement américain ( ?) qui laisse ici perplexe le critique, il l’est encore plus pour ce qui a trait à l’utilisation de ces corps dans le scénario. C’est que, à ce stade du film, il n’est pas très clair de connaître leur statut : probablement vivant (un peu) puisque l’on sait le sort réservé aux morts. Mais donc, ces corps-là ont encore une utilité probable, mais l’on se demande alors quelle est la raison de mettre un slip aux hommes (pour ceux de « l’hôtel » qui « exploitent » les corps) et pas pour les femmes. Et si l’on se dit, qu’à ce stade l’on s’en fout complètement, que l’on cherche la petite bête, que l’on ne saisit pas l’ambiance du film, on peut répondre d’accord. Oui, OK, donc, mais qu’est-ce à dire alors du regard du réalisateur : (quand bien même il s’agirait de mannequins synthétiques ?) on peut montrer des amas de chair en protégeant l’intime d’un homme, mais en exposant totalement celui de la femme ? Là, désolé, mais cela ne passe pas et curieusement, sur ce thème, ces images-là sont largement plus impudiques que celles du documentaire Rocco de Dane DeHaan consacré à l’acteur homonyme !

Hélas, tout le meilleur du film se trouve dans les quarante premières minutes du film que nous avions découvertes en décembre. Ensuite tout part dans du grand n’importe quoi et c’est forcément décevant et très très long, beaucoup trop long. Le film aurait gagné à se condenser en 1h30 ou 1h45.

Bande-annonce :



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