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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 La part sauvage
Réalisateur(s) : Guérin van de Vorst
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 27 avril 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 14 mars 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • premier long-métrage du réalisateur Guérin Van de Vorst après plusieurs courts-métrages et documentaires.

Résumé : Emprisonné 3 ans à la suite d’un braquage Ben sort de prison où il s’est converti à l’Islam. Tout ce qu’il souhaite est renouer avec son fils Samir. Mais Samir ne l’attend plus depuis longtemps, et Nadia, son ex-femme, ne lui fait pas confiance. Mustapha, son nouveau « maître à penser », l’incite à croire qu’il ne trouvera jamais sa place dans cette société́, et exacerbe son sentiment d’injustice.
Ben tente de suivre les règles de vie que lui impose Mustapha, quand il rencontre Lucie, qui ne l’aide pas du tout à les respecter...
De travail de réinsertion en petites récidives, Ben va mener un combat pour résister à la haine, pour recréer du lien avec son fils, et retrouver sa dignité́ d’homme libre.

La critique

Bien ancré dans notre société actuelle, « La Part Sauvage » est le portrait d’un père qui tente de se racheter, et se reconstruire, après un séjour de trois ans en prison. Premier film du réalisateur belge Guérin van de Vorst, ce film offre une palette des épreuves à surmonter pour arriver à se réinsérer, tout en abordant la question de la radicalisation religieuse, ici en lien direct avec celle de la recherche de soi.

De petits boulots en mensonges, le parcours de Ben est alors semé d’embûches, lui qui essaie aussi de renouer avec son fils, malgré la distance établie entre eux, ainsi que la relation houleuse avec son ex-femme. Mais il est avant tout question d’un homme fragile qui se cherche une seconde chance. Malheureusement, cette dernière se fait attendre.

Vincent Rottiers interprète ce jeune père, filmé dans ses faits et gestes comme s’il était quelque part toujours en prison, étant donné l’aspect difficilement d’atteignable de ses nouveaux objectifs de vie. Des idées de mise en scène rendent d’ailleurs très bien cet aspect, que ça soit en filmant une grille d’école, une porte d’appartement inaccessible, ou encore les abords du canal bruxellois. Les seconds-rôles tiennent aussi une part importante dans le récit, tant ces personnages éclaircissent (à leurs façons) les choix de Ben, que ça soit celui campé par Sébastien Houbani (un ami d’enfance), ou encore celui de Salomé Richard (la voisine de pallier).

Aussi, c’est l’occasion de découvrir Bruxelles comme on l’a rarement vu, filmé notamment aux alentours du canal qui le traverse et le partage, et qui témoigne directement de la situation de son personnage principal.

Guérin van de Vorst nous confronte à la dure réalité de ces hommes qui doivent se réinventer pour s’en sortir, mais pour lesquels la société actuelle n’a pas mis assez de choses en place pour les en aider. Face à la mise à l’épreuve du psychologique et du social, le réalisateur questionne notre part influençable face à cette situation, à ce moment-là, d’autant plus avec l’effet actuel de la radicalisation islamique, dans laquelle notre personnage se trouve (au moins) une appartenance...

« La Part Sauvage » manque toutefois d’empreintes pour marquer son temps, lui qui est d’ailleurs bien trop monotone pour se faire entendre. Mais par son honnêteté et son réalisme (ici et là, quand même, quelques scènes invraisemblables), on est touché par le combat de cet homme pour ses libertés, et sa soif de rédemption.

13/20



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