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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Wind River
Réalisateur : Taylor Sheridan
Article mis en ligne le 25 octobre 2017
dernière modification le 1er novembre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 20 septembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • dernier volet de la trilogie centrée sur la « frontière américaine moderne » amorcée en 2015 par « Sicario », suivi en 2016 par « Comancheria » ;
  • le scénariste et réalisateur a envoyé le scénario du film aux tribus Arapahoe et Shoshone de la réserve de Wind River avant le début du tournage, pour lequel il en a obtenu leur soutien :
  • Prix de la mise en scène de la sélection Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes.

Résumé : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

La critique

« Wind River » signe la fin de la trilogie entièrement scénarisée par Taylor Sheridan, après « Sicario » de Dennis Villeneuve, et « Comancheria » de David Mackenzie, et mettant en lumière les empreintes humaines laissées sur les grands espaces sauvages des frontières du Nouvel Ouest Américain.

C’est la première fois que le scénariste en question réalise d’ailleurs un film, ce qui lui tenait ici particulièrement à cœur, étant donné les sujets abordés. En effet, ayant obtenu le soutien du peuple duquel il raconte « l’histoire », Sherydan souhaitait en être entièrement à l’œuvre, afin de totalement cibler ce qu’il visait.

D’emblée, « Wind River » nous immerge dans les décors et la nature enneigée du Wyoming, où l’être humain trouve ses limites face à l’immensité glaciale luxuriante que présente ces terres reculées. De celles-ci, il ne semble alors rester que les fantômes des erreurs passées. Tout ce blanc fascine, et hypnose d’un bout à l’autre du film.

L’enquête policière est, quant à elle, haletante, et réserve son lot de tension forte. Pourtant, cette histoire de meurtre est plutôt classique sur papier, et n’est pas du genre à livrer son lot de grand spectacle, avec ses retournements de situation.
Non, ici, le film est plutôt construit autour d’une intrigue lente et étouffante, où chaque piste resserre de manière irréversible son avancement vers la vérité, menaçante, qui plus est, pour le duo qui s’en occupe, étant donné que les autorités ne semblent pas vouloir se bousculer pour leur venir en aide, malgré les dangers et prédateurs qui rôdent dans le coin... Au contraire, Sherydan cherche à nous faire passer ici des messages emplis de vérités concernant l’histoire d’un peuple, isolé, que le monde ignore encore.

Jérémie Renner obtient ici son meilleur rôle, soit celui d’un pisteur déchiré par le meurtre toujours inexpliqué de sa fille, tandis qu’Elizabeth Olsen y incarne un agent du FBI impliqué, mais quelque peu maladroit, surtout vis-à-vis du public auquel elle s’adresse. Ensemble, leurs personnages fouleront un parterre d’émotions, allant de la résignation à la peur. Mais c’est bien ici la pudeur et la soif de compréhension qui ressortent avant tout de ces deux êtres que le destin a rassemblé pour une triste, et bonne cause, tant le dénouement de leur travail permettra de tourner une page, peut-être indélébile, mais ayant trouvé justice, et pas seulement dans le sens juridique.

Pour une première réalisation, « Wind River » est un honnête thriller hivernal ficelé, avançant pas à pas, jusqu’à toucher par ses révélations, tout en étant un digne porte-parole du peuple amérindien. Un film âpre, parfois violent, mais nécessaire, d’une beauté visuelle renforcée.
15/20

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Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure



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